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Premier tour : l’analyse de Philippe Maxence

Malgré la déception de catholiques devant l’échec apparent de leur engagement derrière les points non-négociables, Philippe Maxence invite à discerner trois bonnes nouvelles :

  • L’auteur de la note doctrinale sur l’engagement des catholiques en politique est devenu le Pape qui ne cesse de rappeler les points non négociables : "Cette constance dans le discours est un point important et déterminant. Il nous offre une boussole évidente".
  • "Des évêques français ont parlé dans le cadre des élections. Ils sont trop peu nombreux. Ils ne sont pas majoritaires. Ils ne sont pas (assez) entendus. Nous sommes d’accord. Mais ils ont parlé en répercutant, au regard de la situation française, le message incessant du pape. C’est un point historique".
  • "Les catholiques ont débattu de cette question, de l’interprétation des modalités d’application de ces critères non négociables préconisés par le pape. Certes, ces catholiques n’en tiraient pas les mêmes conclusions. Certes, le front n’est pas uni et nous sommes allés aux élections en ordre dispersé et nous nous apprêtons à le faire également pour le second tour. Mais cette discussion montre que cette question taraude la conscience catholique".

Et de poursuivre pour indiquer la route qu’à ses yeux, les catholiques doivent prendre :

[I ]l est urgent et il est possible que les catholiques ne se déterminent plus dans leurs choix politiques par rapport à des critères mondains (= les critères du monde, par exemple droite contre gauche ou gauche contre droite), mais par rapport à des critères catholiques […]

Oui, encore une fois, des non catholiques peuvent se retrouver dans ces principes, en tout et en partie. Mais, les catholiques ont le devoir de constituer le noyau dur de la défense de ces trois points qui doivent, par ailleurs, s’épanouir […] dans la mise en avant d’autres styles de vie conformes à une culture de vie et opposés à l’ « anti-culture de mort » […]

La culture de vie ne consiste pas seulement à s’opposer à l’avortement, à l’euthanasie et à la destruction de la famille traditionnelle. Ce type d’action, absolument nécessaire, consiste à s’opposer à l’"anti-culture de mort". Faire émerger une culture de vie, c’est créer le terreau qui, à travers l’adoption de styles de vie, pour reprendre l’expression de Jean-Paul II, permet de vivre au quotidien selon la même logique qui nous pousse à défendre la vie à naître, à ne pas supprimer la personne malade en phase terminale et à ne pas subvertir la famille traditionnelle. 

Lahire

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10 commentaires

  1. J’adoooore les critères mondains….
    Mais c’est vrai que Royal veut faire péter la fiscalité de l’assurance-vie , donc c’est le point non-négociable d’un vote mondain….le reste c’est pour se lamenter en société…
    “il n’est plus d’ordre à défendre , il faut en reconstruire un”

  2. remarquable !
    A partir de ce constat on peut bâtir sur du solide.
    Les évêques mous suivront

  3. Tout à fait d’accord sur le “style de vie” et j’apprécie la sensibilité de Ph. Maxence sur ces thêmes.
    Mais au-delà, je suis affligé par ce commentaire comme je le suis – encore plus – par le commentaire de “Liberté politique”.
    Nous subissons – depuis longtemps déjà – le discours de laïcs s’attribuant un magistère autorisé et donnant dans un moralisme rigoureux.
    Or, effectivement comme vous le faites très justement remarquer dans un autre post sur “Liberté politique” seulement 15 % des catholiques ont voté pour un candiat pro-vie. Ou dit autrement, les catholiques ont voté dans leur majorité pour un candidat dont le programme et les discours étaient contraires aux principes catholiques. Or, cette 3ème “surprise” et ce constat ne surprennent pas les dits commentateurs.
    Deux explications (peut être pas contradictoires) :
    – absence de conscience du vote catholique (le problème ne taraude manifestement pas cet électorat) ou illusion sur la place des catholique dans le monde d’aujourd’hui d’une part ;
    – naïveté ou double langage d’autre part : moralisme rigoureux s’engageant sur le chemin politique avec application pratique totalement opposée aux grands principes appelés (pour quelles raisons ?) à la rescousse.

  4. @antoine
    Cette contradiction tient sans doute au fait que les catholiques qui veulent voter en tant que catholiques ne prennent en compte que les points non négociables. Or en France, comme dans l’Europe très largement laîcisée et donc étatisée, la morale est définie par l’état, puisque le droit positif nie la loi naturelle, et la tient comme nulle.
    Si en efffet, il n’existe d’autre morale que celle votée au nom de la majorité, les catholiques, lorsqu’ils exigent le respect de la loi naturelle, se trouvent en contradiction totale avec la société politique.
    Quand de plus cette loi positive, qui a favorisé la culture de mort, est entrée dans les moeurs, les catholiques, et les hommes politiques qui tentent de rappeler l’existence de la loi naturelle, sont en opposition avec le sentiment commun. D’où la tentation de ne plus tout défendre frontalement. Ainsi aucun candidat ne disait vouloir abroger la loi Veil : l’avortement est devenu un sujet tabou.
    Mais les catholiques pourraient entamer ce consensus général, s’ils s’attaquaient aux autres conséquences du droit positif, en matière sociale et économique, par la revendication de l’héritage de la Doctrine Sociale de l’Eglise et des penseurs français particulièrement, mais aussi allemands et anglosaxons qui ont fondé cette branche de la morale politique.
    Car, s’il est facile pour le droit positif de de tout permettre à l’individu,puisque cela correspond à la nature pécheresse de chacun, l’exigence de morale naturelle et de principes moraux collectifs demeurent.
    La gauche et c’est logique, s’en est emparé, mais son refus de tout principe intangible a affibli son prestige : de plus les mauvais résultats du socialisme et de l’étatisme, font que ce ne sont plus des idéaux aussi incontestables qu’il y a encore 30 ans.
    Les catholiques possèdent donc un levier politique formidable et ne l’utilisent pas : ainsi, ils ne sont jamais beaucoup battus pour le chèque scolaire, se contentant d’une ”liberté de l’enseignement” qui n’est qu’une subvention, ni pour la transparence et le contrôle des citoyens sur le fonctionnement des administrations, des partis politiques, et des associations, ni sur le développement des économies et de la gouvernance dans les PVD, ni sur la liberté de consentement de l’impôt : aux USA, la loi autorise le versement d’une partie très forte de l’impôt auxx associations et fondations, qui gèrent sans subventions publiques aucunes, universités, musées, instituts de recherche et de pensée libres (think tank), écoles, bref des réalisations concrètes qui donnent à l’Eglise un visage social, une visibilité qui illustrent ce qu’est la charité chrétienne, et n’enferment pas les catholiques dans l’église, la paroisse, la sacristie et parfois encore, l’aumonerie scolaire, où les parquent dans un ghetto opresseurla loi de 1905, dont c’était le but affiché.
    En acceptant le cade étroit que leur assignent un état laïciste, et de droit positif, les catholiques français sont réduits à se battre sur la morale privée, ou tout au moins celle qui engage l’individu au premier chef uniquement, la plus délicate, et celle qui permet le plus la caricature : si nous avions les moyens que donnent la fiscalité des dons aux catholiques américains, nous pourrions créer plus facilement qq centaines de maisons d’accueil des mères et de la vie à naïtre. Et la lutte contre l’avortement ne serait plus uniquement la réclamation -incontournable- du rétablissemnt d’un interdit, mais apporterait la preuve que la vie est don et promesse réalisée. Ce ne serait plus seulement un acte de politique électoraliste ou institutionnelle, mais aussi un acte social de la société civile catholique.
    Militer ne serait plus ”faire de la politique au moment des élections”, mais agir quotidiennement selon la DSE : certes il existe des oeuvres catholiques, comme le Secours Catholique, la Conférence de St Vincent de Paul. Elles ont d’ailleurs une image positive qui va bien au delà des catholiques, preuve d ela nécessité ”d’être au monde” comme catholiques, pou évangéliser notre société par l’exemple de la charité et de la gratuité.
    Mais l’essentiel de l’aide sociale appartient à l’état, qui confisque nos impôts au profit d’une conception redistributive et socialisante, en opposition totale avec l’enseignement des papes, y compris de Jean-Paul II, très entendu sur la condamnation de l’avortement, mais moins sur celle de la perte des libertés sociales et economiques, de la confusion de l’argent et de la politique, etc…
    L’échec des candidats nationaux à rassembler le vote catholique tient à cette cécité collective sur la DSE, qui favorise toutes les manipulations instrumentalisations et dévoiements du vote catholique : nous venons de le vivre en direct, de la part de qq officines connues ou plus confidentielles.

  5. Tout en étant par principe hostile à l’IVG, si le vote catholique se réduit au refus de l’avortement, il risque fort de ne pas représenter grand-chose électoralement et politiquement.

  6. Bonjour,
    Au 2e tour, nous ne pouvons plus voter en fonction de crtères éthiques, les deux candidats étant aussi mauvais sur ces questions.
    Il reste dnc à faire un choix politique.
    En ce qui me concerne, je n’ai jamais voté pour la droite libérale ; j’ai toujours eu la chance d’avoir au second tour un candidat du camp national, si non je votais à gauche pour le candidat qui me praissait le moins dangereux.
    Cette fois-ci j’hésite.
    Je n’ai aucune confiance en Nicolas S. Pourtant voir les soutiens de Ségolène, c’est encore pire…. Les acteurs, les chanteurs, les masses immigrées, les journalistes et les racailles se réjouiraient trop ; c’est insupportable à imaginer et à voir.
    Avec Nicolas, c’est la première fois depuis 1965 qu’un candidat se réclamant de la droite (c’est une siple posture, je sais, mais c’est une image médiatique intéressante) a une chancede l’emporter (DeGaulle et Pompidou étaient gaullistes, VGE novelle société et Chirac de centre guche depuis 1988). Or, si Nicolas est élu, il n’y aura pas d’état de grâce ; il sera condamné à faire ce qu’il a dit….
    Sinon notre camp sera de retour trè vite : surtout s’il réussit sa révolution culturelle : mise à l’écart de JMLP, réussite dune vraie Union patriotique, avec Marine comme porte-parole (elle a été très bonne face aux médias) présentant une partition écrite par Gollnisch, P2V et Mégret (on peut rêver….)

  7. Arrêtons avec les “y’a qu’à” et “faut qu’on” :
    seul 15 % des catholiques pratiquants ont fait le choix des candidats pro-vie …
    Le réalisme manque souvent beaucoup à nos penseurs et politologues du web catho…
    Le catholicisme en tant que force de contre-prouvoir est morte ! Il restera, et de plus en plus, enfermé dans la sphère privée…

  8. Dans le commentaire de “Liberté politique”, une grosse contradiction : les électeurs catholiques auraient déserté JMLP parce que ses positions sur l’avortement, l’euthanasie, ne seraient plus aussi nettes. Or pour qui l’ont-ils déserté ? pour P2V ? Pas le moins du monde : pour Sarko ! Moralité : il est évident que les catholiques frontistes sont comme tous les autres : ils ne votent que très marginalement sur des critères catholiques. Et, comme les autres, ils ont déserté Le Pen parce qu’il se sont laissés prendre au boniment politique de Sarko, et pas le moins du monde par déception pour les positions morales de Le Pen.

  9. @oxbridge
    Pour autant qu’elles soient exactes, si 8 %seulement des électeurs catholiques ont voté JM LP, le FN a un électorat beaucoup moins catholique que le MPF ou l’UMP.
    C’est donc l’aspect gênant de l’action de Liberté politique: au lieu de ”catholiciser” cet électorat catholique, L. Pol. le dilue et ne lui permet pas de faire bloc, en appelant au vote utile, quasiment dès le premier tour, au cours de la semaine précédant le 1 er tour.
    Qaunt aux ”positions morales insuffisantes de le Pen”, Lib. Pol. les a fabriquées afin de l’opposer à ”P de V le catholique ”, alors que ni l’un ni l’autre n’ont annoncé leur volonté d’abolir la loi Veil, mais d’en atténuer les conséquences et l’application, selon des modalités différents..
    Puis ce travail de sape achevé, ils sont passé au vote ”utile” pour Sarko : nous y sommes.
    J. Madiran pose bien le problème. aujourd’hui (voir post de ce jour sur le SB).
    Déjà divisé par la division Le Pen -Villiers, l’électorat catholique convaincu a été ainsi divisé à nouveau par cette ligne de fracture habituelle du vote utile, mais cette fois proposée au nom du Pape et de la morale catholique. Cela a marché chez beaucoup, on le verra encore le jour du deuxième tour.

  10. Effectivement, la campagne moraliste menée sur les points “non négociables” – mais aussi sur la DSE – autour de cette élection a été très frappante (publication de guide-pensum avec appareils critiques, magistère de laïcs, vulgarisation des positions dans un hebdomadaire ayant audience certaine dans le paysage catholique en recomposition, débats et analyses subtils sur le vote en conscience-abstentions, relais sur le net…).
    Le tout pour aboutir aux résultats exposés.
    Et un commentaire de l’organe ayant fourni les munitions intellectuelles de ce combat moraliste totalement hos sujet. Or, – à mon sens – :
    – il est impossible de ne pas constater la disproportion entre l’effort déployé auprès des catholiques pratiquants et le résultat du sondage publié…
    – … sauf à manifester une instrumentalisation de la morale qui ne me semble pas à exclure (souligner le caractère “troublant” des positions de JMLP – et dans ce cas, faudrait-il sans doute aussi ajouter PhdeV – en passant sous silence le caractère manifestement contraire des positions de NS qui recueille pourtant 45 % des suffrages).

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