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Valeurs chrétiennes : Education

Pour une séparation de l’école et de l’Etat

Philippe Maxence publie un entretien avec Anne Coffinier, qui a créé l’association créer-son-école. Extraits :

"[L]’expérience montre, en France comme à l’étranger, que l’Etat rencontre de graves difficultés s’il essaie de mener tout seul les réformes nécessaires. La société civile a en réalité un rôle essentiel à jouer dans la refondation de l’école. Comment ? Tout simplement en créant des établissements scolaires indépendants de qualité. Puisqu’il n’est pas de solution de l’intérieur (à cause du gigantisme bureaucratique des structures et du conservatisme aveugle des syndicats), il faut agir à l’extérieur et à côté du grand corps malade de l’Education nationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra susciter une émulation profitable au système éducatif français dans son ensemble. […]

S’il est légitime que l’Etat intervienne financièrement pour permettre un accès effectif de chacun à l’éducation (par exemple sous forme de chèque éducation), il est en revanche illégitime que l’Etat s’ingère dans le contenu de l’enseignement, à partir du moment où ce dernier respecte l’ordre public. […] La philosophie des écoles indépendantes, c’est de croire à la liberté dans le domaine de l’esprit. Et de faire confiance. […] Une école indépendante est une école qui détermine sa pédagogie, son esprit et sa gestion de manière libre et autonome. […]

La séparation de l’école et de l’Etat est une exigence élémentaire de l’Etat de droit car l’école est le lieu par excellence de formation des esprits. Et il est évident qu’un monopole dans le domaine de l’esprit est une hérésie ! La non-ingérence de l’Etat dans l’enseignement est donc plus importante qu’en matière de liberté de presse par exemple. L’Etat peut financer les écoles sur fonds publics si et seulement si il s’oblige à ne pas se mêler pas du contenu et de la pédagogie utilisés. […]

[E]st-ce que recourir à l’école indépendante reflète un choix qui repose sur une conception de la vie ? Oui, même si ce choix devrait aller de soi : il s’agit du choix de vivre libre et responsable de sa vie, de ses actes au lieu de se laisser assister, dicter ses pensées par l’Etat dans un domaine où il ne doit intervenir que pour permettre le respect effectif de la liberté d’enseignement."

Michel Janva

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