Bannière Salon Beige

Partager cet article

France : Politique en France / France : Société

Politiques, rendez-nous nos héros!

Lu ici cet article très édifiant sur l'évolution de notre société. Il est écrit par un officier français :

"Le 18 août 2008, 14 heures, vallée
d'Uzbin, Afghanistan. Le caporal-chef brancardier-secouriste de la
section Carmin 2 prise en embuscade s'écroule, mortellement touché. Il
est allé chercher, par trois fois, sous le feu, le genou fracassé par
une balle, des camarades blessés.
Un peu plus tôt, l'opérateur-radio de
cette section, un tout jeune soldat, est tué lui aussi en protégeant de
son corps son chef de section
afin que celui-ci puisse exercer son
commandement.

Le récit de ces actes héroïques est
presque absent de la scène médiatique française dans les jours qui
suivent l'embuscade d'Uzbin.
A l'heure où ces mots sont écrits, quarante
soldats sont morts pour la France en Afghanistan. Les titres des
journaux qui rendent compte de ces événements sont les mêmes que s'il
s'agissait de faits-divers ou d'accidents du travail : « Attaque en
Afghanistan : un deuxième soldat décédé », (Le Parisien 11/1/2010)
; « Un militaire français tué en Afghanistan », (Le Figaro 14/3/2009)
; « Dix soldats français ont été tués en Afghanistan » (Le Monde
19/8/2008). Le soldat tué au combat est dépeint comme une victime
passive qui subit un sort contraire, un peu comme lors d'une catastrophe
aérienne. Et le pouvoir politique a renforcé cette idée en 2008 lorsque
le ministre de la défense a accompagné en Afghanistan les familles des
soldats tués lors de l'embuscade d'Uzbin.
Il n'est donc pas surprenant
que certaines de ces mêmes familles portent plainte quelques mois plus
tard pour mise en danger de la vie d'autrui. Dans le cadre d'un
processus de victimisation, il est naturel de chercher les coupables qui
ont créé les victimes. Pourtant, il semble beaucoup plus juste et
profitable pour la société française de remettre à l'honneur la figure
du héros militaire qui a disparu au profit de celle de la victime
" (suite).

(Merci à RB)

Partager cet article

6 commentaires

  1. Je regarde les photos d’Indo et d’Algérie de feu papa qui nous ont fait rêver la plus grande France à 12 ans…
    Ces jeunes gens sont nos camamrades et il nous arrive de les pleurer, comme pleure la poésie, dans nos coeurs et nos âmes de Français qui ne reculent devant rien, même ici.
    La France ne devrait pas se passer de vous, petits frères.

  2. Pas d’accord.
    Toute l’histoire de l’Europe et de la France au XXe siècle atteste que c’est précisément le fol héroïsme à la Bayard qui nous a mis (et continue de nous mettre) k.o.
    Il serait salutaire que nos milieux fassent un examen critique de leurs modèles éthiques.
    Nous aimons trop les défaites, les morts, les condamnés. Exemples? La charge imbécile des Cyrards en casoar et gants blancs, Dien-Bien-Phu, Zeralda, etc.
    Apprenons, à l’inverse exact de ce que préconise ce brave officier, à préférer la ruse au panache.

  3. On peut voir l’écart de traitement avec la presse britannique qui elle honore ses soldats

  4. Remarquable.
    Quelle différence effectivement avec les anglos saxons.
    Comment expliquer à des hommes qu’ils doivent être prêts à donner leur vie, et surtout leur faire accepter au combat, sous le feu de l’ennemi, si le seul “statut” possible est victime au mieux, salaud au pire, en cas de “bavure”.

  5. Ci-dessous la lettre d’un officier français au sujet de l’Afghanistan. S e passant de commentaires, elle réunira peut-être des opinions qui paraissent s’opposer !
    —————————-
    11 avril 2010
    Lettre du Fils de Jean de COINTET, capitaine commandant une compagnie du 2ème REP en Afghanistan, à loccasion du légionnaire tué cette semaine.
    Supplique à un ami journaliste
    Cher ami,
    La nouvelle tombe dans les media aussi vite qu’Hutnik est lui-même tombé. C’est le droit à l’information. La France doit savoir que meurent ses enfants, même s’ils le sont d’adoption, comme lui, Slovaque.
    Tu le sais, je ne suis pas journaliste mais soldat. Je ne suis pas un professionnel de la communication comme toi. J’ai peu appris à relayer des informations d’une telle portée. C’est pourquoi il faut que tu m’aides. Il faut que tu m’aides, car j’ai le sentiment que dans la précipitation du spectaculaire, on le tue une deuxième fois. J’ai l’impression qu’on bafoue son patient travail avec son bataillon depuis trois mois – et pour lequel il est mort.
    J’ai besoin que tu m’aides à faire sentir ce qui se passe réellement ici, à faire comprendre ce qui justifie que je laisse ma femme et mes enfants le long temps de cette mission. Que tu m’aides à proclamer que malgré sa mort ce n’est pas un échec. Que tu m’aides… plutôt que tu l’aides…
    Hier après-midi, Hutnik a bravement accompli son devoir, sa mission jusqu’au bout, en bon légionnaire. Ce matin, le poste annonce : « un soldat français du 2ème Régiment étranger de parachutistes est tombé dans la vallée de Tagab en Kapisa, région où les Taliban sont toujours plus virulents ». Voilà. Ces derniers ont gagné. A la face du monde ils sont les puissants, incontrôlables et vainqueurs.
    Mais en fait, s’est-on interrogé sur ce qu’il se passe réellement dans la basse vallée de Tagab ? Ce sud Tagab où aucun occidental ne pouvait passer sans de sérieux accrochages. Ce sud Tagab où deux de tes confrères ont été, il y a cent jours, enlevés. Ce sud Tagab que notre armement permettrait de mettre à feu et à sang.
    Au contraire, Hutnik et ses camarades ont réussi l’incroyable pari de s’implanter dans la zone, d’y rester, sans heurts, d’y acquérir, progressivement, la confiance de la population, de confier, petit à petit, sa sécurité à l’armée Afghane plutôt que française. A quel prix ? Celui d’une stricte discipline au feu, d’une retenue des coups portés. Celui d’un certain dédain du danger, de ne pas répondre systématiquement et de manière aveugle. Accuser le choc, ne frapper que lorsqu’on est certain, cogner peu, mais taper à coup sûr, fort et ciblé, seulement alors qu’on l’a décidé. Etre sûr pour garder la main, préférer le feu rare mais précis, neutraliser seul celui qui nous tire dessus, en être persuadé et l’accepter.
    Ce travail de mesure, de patience d’un Hutnik rongeant son frein à force d’encaisser paie. Les femmes et les enfants, les hommes eux-mêmes, constatent que les seuls coups assenés ne tombent que contre les vrais adversaires. Ils voient nos troupes sans volonté de détruire, maîtresses de leur force.
    Alors qu’elle trouvait hier des combattants, Tagab l’insoumise cherche à présent son développement. Le travail du soldat est loin d’être terminé : il faut remonter plus au Nord vers ses camarades de l’autre groupement français, poursuivre son patient travail de pacification.
    Derniers tirs sporadiques, Hutnik tombe. Hutnik tombe sous les tirs des derniers groupes insurgés présents. Hutnik tombe car les Taliban sont justement de moins en moins virulents.
    Aussi, aide-moi à honorer la mémoire de cet ardent légionnaire. Qu’on ne gâche pas sa dernière tâche, qu’on ne gâche pas sa mort. Qu’on n’offre pas une victoire de communication à l’adversaire fébrile. Au contraire, avec tes confrères, appuyez le dernier combat d’Hutnik. Aidez cette population qui désormais, d’elle-même, dénonce l’insurgé. Je vous en conjure, parlez des projets d’essor qui peuvent et doivent être proposés au sud Tagab, évoquez la culture du safran qui pourrait remplacer celle du pavot, venez compléter l’œuvre de pacification par celle du développement…
    … et laissez à Hutnik les fruits de son travail.
    Augustin
    à Tora, le 09 avril 2010
    —————————–
    Le Capitaine de Cointet est un parent du Commandant de Cointet, adjoint de Marchand lors de la conquête du Tchad.
    Mais peut-être ces références sont-elles “incorrectes” à l’heure actuelle !

  6. Les morts d’aujourd’hui préparent-ils les victoires de demain? Cette lettre du capitaine de Cointet en Afghanistan nous rappelle la guerre d’Algérie et son abominable épilogue. Il y est question de la confiance de la population, de confier sa sécurité à des combattants autochtones, de poursuivre un patient travail de pacification, de proposer des projets de développement qui compléteraient l’œuvre de pacification… Il ne manque qu’un général, un général français, portant la double étoile sur l’épaulette d’or, et qui, au cours d’une tournée des popotes viendrait dire à nos soldats : “je vous ai compris”. Non, pas ça, assez!

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services