C'est la décision du nouveau curé de cette paroisse, l'abbé François de Mesmay.
Et c'est le tollé, la frénésie : la Halde saisie (elle s'avoue incompétente, la religion étant de l'ordre du privé), le comité de la Jupe sorti du néant s'insurge… On nage en plein relativisme, ça en est caricatural.
L'article du
sud-Ouest reproduit par le FC est un tissu de propagande, ne citant les ecclésiastiques que dans le cadre d'une dénigrement total de cette décision.
Mais que dit l'Église sur cette question sensible et récurrente?
"Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet" (Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements in Redemptionis Sacramentum – 2004).
Eh oui… Maintenant, précisons que cette phrase est précédée d'une autre très importante :
" On ne doit pas oublier que, du nombre de ces enfants, qui servent à l’autel, a surgi, au long des siècles, une multitude de ministres sacrés".
Voilà qui donne pleinement raison à l'Abbé de Mesmay et explique sa décision, sûrement motivée dans la discipline et l'obéissance à son évêque, monseigneur Marc Aillet.
Ces deux petites citations suffisent à démonter les "argumentaires" des détracteurs de l'abbé de Mesmay.
Sur cette question, on lira avec intérêt
Redemptionis Sacramentum (et les textes mis en note) et aussi
cette réponse de 2003 (antérieure donc à l'instruction pré-citée) adressée par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements à un prêtre s'interrogeant sur cette pratique. Enfin,
cette analyse intéressante et tout à fait personnelle apporte des éléments à une réflexion
qui doit en premier lieu s'appuyer sur les textes de l'Église, à savoir l'instruction Redemptionis Sacramentum qui, une nouvelle fois, rappelle et confirme toute l'autorité en matière liturgique qui revient à l'évêque diocésain.
Jean
Dans ma paroisse, il existe deux fonctions :servants d’autel pour les garçons et servantes d’assemblée pour les filles.
Je trouve que la complémentarité entre filles et garçons est un plus, et certaines paroisses gagneraient à être plus diplomates pour éviter une décision qui peut être perçue comme une vexation…
M
Je me réjouis que le sujet soit abordé.
Je suis une jeune femme, j’ai toujours été catholique et depuis deux ans environ, je réintègre ma foi avec plus de profondeur que la simple pratique “culturelle” et familiale. Et je deviens plutôt “tradi”.
J’ai servi la messe, enfant, entre 10 et 13 ans environ. Je le faisais parce qu’il n’y avait pas (ou peu) de servants d’autel dans ma paroisse. D’autres enfants ont commencé, et eu début de l’adolescence, j’ai eu une impression désagréable de n’être pas à ma place. Je suis retournée dans l’assemblée, sans pouvoir expliquer à mes parents et proches la raison pour laquelle j’arrêtais ce service.
A présent je le sais : je devenais une femme, et je savais déjà profondément, intimement, que le service de l’autel n’est pas la place d’une femme. Je ne sais pourquoi, mais c’est ainsi.
Je comprends et j’accepte que de petites filles servent la messe. Mais quel sens cela a-t-il lorsque le service ne peut s’inscrire dans la durée (du fait de réalités physiques et anthropologiques profondes),et être accompli avec fidélité ?
Je suis heureuse que dans ma paroisse, mes frères aient pris la relève. Une autre jeune fille s’apprête à cesser le service de l’autel ; elle a seize ans. Elle aimait beaucoup le faire, je crois qu’elle comprend bien ce qu’il se passe… mais lorsque je la vois avec le prêtre, à la messe, je suis mal à l’aise.
Fillettes, jeunes filles, laissez vos frères servir la messe ! Votre place est ailleurs, et pour la trouver, c’est Marie qu’il faut imiter.
pique-à-sots
Décidemment Monseigneur Aillet à Bayonne gène beaucoup de monde ou de mondes divers !
le titre du Sud – Ouest (quotidien devenu une feuille de choux) est à la fois nul et ignoble ; il s’agit d’une information qui ne peut avoir quelque interêt que pour les fidèles de l’Eglise catholique !
on ne voit pas ( là je dis n’importe quoi,on voit même très ,très bien)autre chose que le désir de mèdire de quelques mécréants qui mesurent à leur avantage la patience infinie des fidèles du Christ !
bien entendu ,jamais ce genre d’individus n’oseraient un jeu de mots envers les autres religions en particulier l’Islam !
quelle tristesse de constater semblable mentalité …plaignons-les ils sont très petits !!!
Jean P.O.
Pour une fois que la Halde reste à sa place…
L. Cheron
L’information que vous donnez soulève deux questions : son sujet, et la façon, le ton par lequel on le traite.
A propos du service de l’autel, l’enseignement normatif que vous citez est traditionnel, modéré et prudent : en résumé, c’est à l’évêque d’aviser, sur le principe d’une admission exceptionnelle et explicitement motivée. Mais plus généralement, les missions des femmes dans l’Eglise font un sujet délicat, en ce que la partition sexuée que celle-ci a instituée est contrariée par l’évolution sociologique contemporaine qui tend de manière « providentielle » (au sens tocquevillien du terme) à ne pas distinguer les sexes. C’est une évolution récente, puisqu’en France par exemple, les femmes ont été privée du droit de vote jusqu’en 1944 (1943, dans le projet constitutionnel du maréchal Pétain qui le leur octroyait), sans qu’auparavant cette discrimination choquât grand monde. Et cette longue inégalité même, longtemps admise, paradoxalement ne facilite pas la dialectique catholique à ce sujet, puisque l’exclusivité masculine de certains ministères, très longtemps aussi incontestée, n’a pas encouragé qu’on en développât fort l’argumentation. On sait au contraire, dans le domaine du dogme, combien les hérésies ont contribué au développement de celui-ci en provoquant la réponse du magistère conciliaire ou pontifical. Il convient donc de se montrer pédagogue.
C’est la raison pour laquelle on peut se demander si le ton plutôt polémique, au vocabulaire ironique ( « tollé », « frénésie », « caricatural », « sorti du néant »…) est bien opportun. La situation actuelle de l’Eglise dans la société, son positionnement délicat et inconfortable sur la question, exposé ci-dessus, autorisent-t-ils le procédé du rappel au règlement pur et simple ? Nous ne sommes plus au temps de la bulle Unigenitus, et encore, même alors la correction disciplinaire ne réglait pas les choses si facilement…
[Entièrement d’accord avec votre analyse en particulier sur le fait que les hérésies aient contraint l’Église à rechercher la Vérité et donc à affiner le dogme. En revanche, sur le choix de mes termes, ils sont choisis volontairement pour désigner la mauvaise foi et l’agressivité qui sont les seuls moteurs des revendicateurs cités. On ne peut pas dire que ce soit mû par la “bonne volonté” : le comité de la jupe est le cheval de Troie de l’idéologie du genre dans l’Église et le journaliste fonde son article sur un apriori, ce qui est contraire à la déontologie. Alors, oui, c’est du grand n’importe quoi, frénétique comme peuvent l’être les attaques organisées contre la Sainte Eglise. Lahire]
Sixtine
Oui, chère M. je vous comprends tout à fait.
Et comme Jean, j’ai beaucoup de chance, dans ma paroisse, seuls les garçons servent la messe. Les filles font la quête, distribuent le bulletin paroissial ou des feuilles de chants.
Et cela est démontré, quand les filles servent la Messe, les garçons, souvent s’éloignent du service de l’autel. Comme cela a été souligné, les filles n’y ont pas leur place…
Ah j’allais oublier : dans notre paroisse, pourtant pas très grande, les garçons qui servent la Messe étaient 18 oui, dix-huit ! dimanche dernier. C’est comme cela chaque dimanche, entre 15 et 20 garçons, entre 8 et 20 ans. C’est superbe. Et cela donne beaucoup d’allure aux Messes. J’ajoute que les garçons aiment vraiment ce service, qui les fait prier et entrer plus profondément dans le sacrifice de la messe.
AncillaDomini
J’ai hâte qu’il y ait assez d’animateurs et de lecteurs masculins dans l’ensemble paroissial (plutôt “traditionnel”) pour pouvoir reprendre ma place dans la nef…
J’aime beaucoup animer, je le fais avec d’autant plus de plaisir qu’on a besoin de moi, mais ce n’est pas ma place.
Labbé
C’est comme pour le reste… si il n’y avait pas eu d’abus auparavant on n’aurait pas à corriger les erreurs passées.
M
Si vous le permettez, je complèterai mon commentaire en précisant que, bien sûr, l’obéissance à l’Église me pousse à reconnaître comme légitime le service de l’autel par les filles (et femmes).
Cependant, je voudrais insister sur la vocation première et intime d’une jeune fille, qui est le soutien discret, la force silencieuse – et pas le devant de la scène. Les apôtres ont reçu la grâce d’accompagner le sacrifice ; Marie et les femmes de Jérusalem on reçu celle d’accompagner Jésus dans sa Passion, d’essuyer les larmes et le sang de son visage, et d’annoncer les premières sa Résurrection (et ce, non sur la place publique, mais aux apôtres qui eux, ensuite, l’ont répété aux foules).
Dans l’ambiance égalitariste actuelle, cette éducation à la féminité est difficile et parfois douloureuse (la discrétion est comprise comme un effacement, un étouffement, alors que c’est “juste” une grâce différente).
En somme, je dirais que le service de l’autel pour les jeunes filles doit être abordé avec la plus grande délicatesse et ne pas entraver cette éducation à la féminité, tout comme il ne doit pas brouiller les repères d’éventuels servants d’autels appelés par ce service à une vocation sacerdotale.
antoine
Relisez l’excellent opuscule de M l’Abbé Sinoir sur le sujet.
Vous y trouverez un argumentaire appuyé expliquant pourquoi l’enceinte sacrée ( qui représente le parvis du temple de Jerusalem) est réservée aux hommes.
De tous les arguments il en est un qui me parait toutefois dominer tous les autres: le mauvais goût !! Je ne suis pas fanatique des poitrines naissantes sous les aubes…. c’est tristoune. J’aime trop les femmes pour trouver cela beau.
Ablatif absolu
Merci, chère M , M comme Marie : il n’y a rien à ajouter ,c’est dans cette direction qu’il faut regarder! Et Marie est la plus belle des créatures , ne l’oublions pas. Soyons fidèles au programme que nous a donné Jean Paul II : “sentinelles de l’invisible”, quelle meilleure “feuille de route”?
Boris
En réalité, pour que les filles soient autorisées à servir l’autel, il faut réunir 3 conditions : que le Saint-Siège l’autorise et il le fait en déléguant l’autorité aux Evêques, ce qui est la 2nde condition, la 3e étant la liberté des curés des paroisses.
Notons au passage que si l’Evêque n’autorise pas cela, le curé peut penser ce qu’il veut, il n’a pas le droit de le faire.
Par contre à l’inverse, si l’Evêque autorise les filles au services de l’Autel, le curé n’a aucune obligation de l’appliquer. Il reste le dernier juge.
nicole
Je n’ai pas compris tout de suite, le titre. J’ai pensé “davantage de filles à l’autel” ??
Il faudrait tourner autrement : “Filles à l’autel, à bayonne : c’est fini”.
Bonnou
je propose d’écrire notre soutien à ce prêtre qui ne pratique pas la langue de buis [email protected]
Olivier M
Bravo à M pour son témoignage, sans doute la meilleure approche de ce sujet.
Le service de la messe est bien évidemment lié au service de Dieu par l’horizon du sacrement d’ordination, même si ce chemin n’est pas obligatoire; mais c’est en tout cas sa logique.
L’abbé de Mesmay a eu une action courageuse et ô combien nécessaire. Pas étonnant venant d’un prêtre de cette excellente famille…
L. Cheron
J’ai écrit sans « s » « des femmes ont été privées » ; elles étaient surtout privées d’un pluriel auquel leur nombre parmi les humains leur donnait droit. Que cela au moins leur soit reconnu. Mais passons, surtout si personne (sauf Lahire) ne l’a lu.
Eh bien moi je lis ces autres commentaires, et j’y entends d’abord des arguments de l’ordre du sentiment surtout, pour ne pas dire du sensitif et de l’intuitif : « je savais profondément, intimement que le service de l’autel n’est pas la place d’une femme. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi […] je suis mal à l’aise ». L’esthétique n’est pas négligée, au nom du « mauvais goût » (de gustibus etc… ?). On avance ensuite comme un rôle social de l’Eglise, à qui écherrait en quelque sorte la mission de prêcher à contre-temps de « l’ambiance égalitariste actuelle », et de promouvoir à cette occasion une « éducation à la féminité ». D’esprit pratique, certains justifient l’exclusion des jeunes filles, quand leur puberté est devenue trop manifeste pour ne pas « brouiller » de signaux parasites les ministères et vocations masculins qui s’exercent ou éclosent dans le choeur de l’église. Enfin, c’est la tradition historique, judaïque ou scripturaire qui est invoquée. Les sacerdoces bibliques ont toujours été masculins, de même que dans l’enceinte du Temple des interdits s’appliquaient aux femmes ou aux gentils, cependant que les récits évangéliques nous montrent le Christ et les disciples respectueux de ces prescriptions.
C’est de ce côté qu’il faut sans doute creuser, dans l’ordre du mystère de l’incarnation. Le Verbe, et par lui, avec lui le Dieu trinitaire, ont montré comme un attentif respect de la condition matérielle de cette humanité redimable, en s’installant dans les plus humbles conditions de la création (la chair, le pain, le vin…). Le Fils, qui sut à propos manifester un anticonformisme cinglant, a voulu prêcher en la nature d’un rabbi Ieschoua, dans un manteau frangé, et instituer un ordre sacerdotal masculin conforme à la tradition de l’ancienne alliance. Et si, comme il n’y a de messe qu’avec du pain de froment et du vin de raisin, la moindre des politesses invitait le peuple de Dieu à partager envers les distinctions de sa temporalité le même souci charitable que l’Eternel a manifesté, et continue de manifester avec nous dans l’économie sacramentelle et liturgique ?
Anne
j’ai aussi mis du temps à bien interprété le titre du sujet traité : “plus” est ambigü . A titrer autrement ?
pmc
La plaignante auprès de la “halde” a -t-elle un garçon ?
Dans l’affirmative, j’aimerais connaître sa réaction en cas de refus d’admission de ce dernier parmi les majorettes…
[email protected]
Commentaire agréable de Robert Ménard à ce sujet sur RTL en ce moment