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France : Société / Pays : Afghanistan / Religions : L'Islam

Peut-on comprendre la situation de la guerre en Afghanistan sans parler de l’opium?

Pour nous aider à répondre, les Manants du roi nous gratifient de trois articles intéressants et écrits par des hommes de terrain :

Un article de mai 2007 de René Cagnat qui peut faire aujourd'hui état de sa clairvoyance : "Oui, on peut gagner la guerre contre les Taleban… mais qui le souhaite vraiment ?" Et le peut-on :

" De toute façon, comment un soldat casqué, engoncé dans un gilet pare-balle, surchargé d’un invraisemblable bric-à-brac et qui emporte boisson et nourriture, peut-il rivaliser en montagne avec un guerrier équipé d’une seule kalachnikov, de quelques chargeurs, qui connaît le terrain et vit sur le pays? Le contrôle du ciel dont disposent encore les Occidentaux n’est pas suffisant pour compenser ce désavantage terrestre".

Cet entretien de Rory Stewart, officier écossais dans les traces de Lawrence d'Arabie, tend à démontrer que faire moins en Afghanistan, c'est faire mieux. En effet, "on ne peut pas vaincre les talibans". Il conviendrait donc de faire moins d'actions militaires et de les aider selon leur culture "dans une société qui repose sur la confiance et la loyauté". Les chances de réussite s'amoindrissent…

Enfin, Pierre-Arnaud Chouvy lève tout le paradoxe du rôle de l'opium dans le pays, étrangement épargné depuis 2001 par l'OTAN alors que l'Afghanistan fournit plus de 90% de l'opium mondial et désormais sous forme d'héroïne :

"il y a peu de doute que les talibans et même Al-Qaida bénéficient au moins un minimum des revenus de l’économie de l’opium dans un pays dans lequel les relations entre économie de guerre et économie de la drogue ont existé de façon durable et dans lequel une grande partie de la population participe à cette économie et en bénéficie (…)
 si l’économie de l’opium permet certes d’alimenter la corruption et de procurer des ressources à des acteurs opposés à la construction étatique actuelle, elle paraît avant tout alimenter la corruption de l’Etat central et des autorités provinciales".

La boucle semblerait bouclée quand on se souvient que René Cagnat soulignait dans le premier article que les bénéficiaires de ce trafic étaient aux quatre coins du monde :

" A Istanboul, Londres, Rome ou Paris, sur la Côte d’azur ou la Costa brava, des institutions influentes, financières ou commerciales,  ont pris l’habitude de fonctionner avec un argent douteux et n’entendent pas voir disparaître ce revenu".

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