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Histoire du christianisme

Patrie et Paternité

Extraits de la conférence de M. Alain Toulza, Auteur de La Grande Guerre des Hommes de Dieu, le 18 novembre, aux cadres et chefs de chapitre du pèlerinage N-D de Chrétienté :

G"S’adressant à la foule des jeunes lors d’un précédent pèlerinage de chrétienté, Mgr Aillet, évêque de Bayonne, leur rappelait, à propos de l’engagement politique des catholiques :

« (…) Il doit être resitué par rapport à la primauté de Dieu dans la vie de l’homme (…) Nous appartenons davantage à Dieu qu’à César. Le pouvoir de César trouve sa source dans le pouvoir de Dieu et doit s’en inspirer. »

Nous sommes loin, ici, du discours couleur muraille qui nous invite à nous fondre dans la masse pour nous confondre avec elle, prétendant la travailler discrètement au corps et l’orienter selon nos convictions intimes sans avoir à exposer celles-ci aux sarcasmes ou à l’exclusion. Si le sel de notre foi perd de sa saveur, nous serons alors livrés peu à peu à des influences délétères et nous entrerons insidieusement dans ce cheminement désastreux que Charles Péguy a décrit en ces quelques mots prophétiques : « Tout commence en mystique et finit par la politique, tout commence par la mystique et finit par de la politique ». Certes, il ne s’agit pas d’exiger de ceux qui rejoignent notre combat qu’ils épousent les postulats de notre foi, mais qu’est-ce qui nous interdit, quand nous sommes invités à justifier (dans les medias par exemple) nos revendications, d’affirmer que pour nous les lois naturelles reconnues par les personnes droites découlent d’une Cause première qui est Dieu ?

La sécularisation des impératifs de notre combat, sous le prétexte d’entrisme et d’efficacité, nous conduit à une perte progressive de nos repères et à une attitude passive de neutralité (la ‘laïcité’ des lâches) face à des idéologies qui, elles, ne cachent pas leur volonté d’hégémonie athéiste. Et nous en oublions que la neutralité c’est la neutralisation de la vérité. De la totale Vérité. Prenons-y garde : à écarter publiquement de nos discours Celui qui précisément est La vérité, nous en viendrions, volens nolens, à renouveler le reniement public de l’apôtre Pierre : « Je ne connais pas cet homme ! » et à nous exposer à en verser, un jour, des larmes amères.

Or, le temps nous est compté, ce que déjà, dans la Lettre du 20 juin 1909 à nos amis, à nos abonnés, Péguy pressentait, un siècle plus tôt, nous invitant à relever le défi de la subversion de notre pays :

 « De plus en plus, d’année en année, et pour de longues années peut-être, le grand public s’abandonne et on l’abandonne, le public est abandonné à toutes les bassesses. Nous sommes des vaincus. Le monde est contre nous. Tout ce que nous avons défendu recule de jour en jour devant une barbarie, devant une inculture croissantes, devant l’envahissement de la corruption politique et sociale. Nul ne nie plus ce désordre, ce désarroi des esprits et des cœurs, la détresse qui vient, le désastre menaçant. Une débâcle. C’est peut-être cette situation de désarroi et de détresse qui nous crée, plus impérieusement que jamais, le devoir de ne pas capituler ». Et, dans Introduction au Congo léopoldien (26 nov.1905) : « Nous devons nous élever de toutes nos forces et inlassablement contre les envahissements de toutes les barbaries. »

Cent ans plus tard, force nous est d’admettre que cette vision pessimiste s’est en grande partie réalisée. Et nous ne pouvons qu’approuver le sublime appel à la résistance qui la conclut. Mais nous croyons très fort qu’aujourd’hui, en France particulièrement, c’est l’heure de la chrétienté, l’heure du réveil de la chrétienté, et donc l’heure de notre Espérance. De multiples petites flammes s’allument un peu partout autour de nous, ô certes fragiles et vacillantes encore, mais qui se communiquent peu à peu, l’une à l’autre, leur chaleur et ne demandent qu’à être alimentées par chacun de nous. Elles nous font, à nous, adultes qui partageons ce désir de ‘Tout instaurer dans le Christ’ (Omnia in Christo instaurare) cher au Pape St Pie X, un devoir de formation de cette jeunesse."

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