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Pays : International / Religions : L'Islam

Pas de « démocratie musulmane » sans liberté religieuse

Extrait d'une tribune de Stéphane de Sallier Dupin, conseiller régional de Bretagne, dans Valeurs actuelles :

"La démocratie musulmane, comme il y a une démocratie chrétienne, est une idée popularisée par Alexandre Adler dans son ouvrage Rendez-vous avec l’Islam publié en 2005. À l’époque, M. Adler baptisait du nom de “démocratie musulmane” l’AKP au pouvoir en Turquie, en espérant que ce mouvement soit un exemple pour l’ensemble du monde musulman. Y sommes-nous ? […]

Quels sont les critères à partir desquels il nous sera possible de juger l’évolution des pays d’islam vers une éventuelle “démocratie musulmane” ? Certes, les critères sociétaux serviront d’outils de mesure : l’égalité entre les hommes et les femmes, la question de la polygamie… Ils seront effectivement des marqueurs du chemin vers une “démocratie musulmane” ou vers un nouvel “islam politique”. […] Mais il est un critère que nos élites se refusent à observer, comme s’il était un critère du passé, alors qu’il conditionne tout le reste. C’est la question de la liberté religieuse. En quoi consiste-t-elle ? c’est la liberté de pratiquer bien sûr, de construire des lieux de culte, de changer de religion, d’en adopter une ou de la rejeter, tout ce qui nous paraît naturel dans nos démocraties occidentales mais qui l’est manifestement moins dans les pays d’islam. Peut-il en effet y avoir une démocratie sans liberté religieuse ? […] « Ce droit de l’homme, qui est en réalité le premier des droits, parce que, historiquement, il a été affirmé en premier et que, d’autre part, il a comme objet la dimension constitutive de l’homme, c’est-à-dire sa relation avec son Créateur, n’est-il pas trop souvent mis en discussion ou violé ? », rappelait le pape Benoît XVI lors de son discours au corps diplomatique, le lundi 10 janvier 2011.

Pourquoi nos dirigeants occidentaux et notamment français ne sont-ils pas clairs sur ce thème dans leurs propos ? Pourquoi ne disent-ils pas clairement que la liberté religieuse est pour nous un véritable marqueur de l’accès à la démocratie ? Pourquoi se refusent-ils à parler de réciprocité entre les pays où la liberté religieuse est garantie et ceux où elle ne l’est pas ? Pourquoi ne disent-ils pas, au regard de la situation turque, qu’il ne suffit pas d’avoir une Constitution laïque pour que la liberté religieuse soit garantie ? Pourquoi ne disent-ils pas que la destruction d’un lieu de culte contre l’avis de ses usagers, comme en Égypte, n’est pas tolérable ? Pourquoi n’affirment-ils pas qu’interdire les fonctions administratives ou électives sous prétexte de religion différente n’est pas digne d’une démocratie ? Pourquoi n’affirment-ils pas que diffuser la Bible dans le Maghreb ne saurait être ni un crime ni un délit ? […]"

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