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France : L'Islam en France

Parole d’imam : Amar Lasfar, imam réjoui et intégré

Parole d’imam : Amar Lasfar, imam réjoui et intégré

Monsieur le recteur de la GML (Grande mosquée de Lille) Amar Lasfar a fait sa rentrée. Dans un « prêche » d’une heure, le 9 septembre 2022. Suffisamment important pour que le compte Twitter de Musulmans de France  relaie l’information et donne accès à l’enregistrement Youtube.

 

Musulmans de France (MF), c’est cette organisation un temps dirigée par M.Lasfar qui en est maintenant vice-président et qui a remplacé l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) en 2017. Cette dernière était une structure liée aux Frères musulmans et inscrite en 2014 sur la liste des groupes terroristes publiée par les Emirats arabes unis. MF dépend de l’Union des organisations islamiques en Europe qui est assistée d’un Conseil européen pour la fatwa et la recherche, présidé par Youssef al-Qaradawi interdit de séjour en France depuis 2012. La notice Wikipedia indique aussi que « À plusieurs reprises, des dirigeants de Musulmans de France ont repris publiquement la devise des Frères musulmans : « Le Coran est notre Constitution ». »

Cette rentrée de M. le Recteur était considérée comme suffisamment importante pour qu’au début de son prêche, il souligne lui-même avoir spécifiquement demandé son enregistrement vidéo.

Lasfar est un bateleur de première (vers 4’, après un exorde entièrement en arabe) : « Il faut que notre voix, la voix des musulmans, notamment la voix officielle à travers les prêcheurs (suit de l’arabe), mais on attend surtout la voix de Amar Lasfar[il parle donc de lui]. Amar, pourquoi il est pas là ? Amar, il a reçu un OQTF ? » [astucieuse allusion à l’OQTF délivrée à l’autre imam Iquioussen]. Pour ceux qui seraient intéressés, M.Lasfar était en vacances au Maroc…

M.Lasfar arbore pendant une heure mine et ton réjouis. Bien sûr, il se plaint des temps islamophobes, il faut bien continuer à gérer le fonds de commerce du victimisé (à 11’) : « Le climat qui règne en ce moment, un climat de peur, quoique la peur est légitime (suit de l’arabe), donc il y a un climat de peur (encore de l’arabe), on veut nous faire regretter ce qu’on n’a pas fait. On n’a rien à se reprocher si ce n’est il y a des choses qui relèvent de la vie de chaque jour. Mais nous sommes bien dans nos baskets, nous sommes chez nous, nous assumons ce que nous faisons. Nous faisons ce que nous disons et nous disons ce que nous faisons. Un cadre de responsabilité et de respect ». Mais, quand même, en gros, ça va plutôt bien. Et il prend visiblement beaucoup de plaisir à parler, joignant le talent du bonimenteur de foire à l’intelligence madrée du paysan.

C’était un prêche. Donc, pour un quidam peu au courant, on pouvait s’attendre à un discours sur Dieu, sur la foi, sur la transcendance, voire l’amour du prochain. Mais ça, c’est la déformation judéo-chrétienne. Bien qu’il indique dans son prêche que l’islam politique n’existe pas, M.Lasfar n’a pas arrêté de faire une sorte de discours sur l’état de l’Union musulmane en France, agrémenté de très longs passages sur le frère Iquioussen. Une sorte d’émission télévisée d’information en continu dans laquelle M.Lasfar jouerait tous les rôles, du présentateur aux commentateurs. Avec brio. Pour ce qui est de la religion, à part quelques péchés énoncés, rien ; nada.

M.Lasfar a aussi annoncé qu’il ne parlerait que Français (« Il y a un certain nombre de principes à rappeler. Et pour les rappeler, je parlerai uniquement français. Ces principes, on les a pas improvisionner [sic] à l’occasion. On se connaît les uns les autres(suit tout un développement en arabe…) ». Et au total, c’est sans doute la moitié de son discours qui a été en arabe. Cela jette comme un doute sur la cohérence de son propos et empêche surtout d’en comprendre une grande partie..

M.Lasfar est réjoui sans doute parce qu’il est fier de ce qu’ont réalisé les musulmans en France :

« Ceux qui sont venus pour repartir un jour, et nous avons entamé tout un processus de sédentarisation des musulmans chez eux dans leur pays. Et on a fait de ce pays notre patrie. Ca déplaise à ceux qui veulent nous ôter, on a fait de ce pays notre patrie. Et nous avons cultivé l’amour de la patrie (suit de l’arabe). Nous avons fait de ce pays notre pays [NDLR : quelle formidable ambiguïté du sens]. Personne nous a contraints. Et je pense que c’est un très bon choix que nous avons fait… Nous sommes confortablement installés. » 

Et M.Lasfar de plonger dans un discours politique au sens propre (19’-20’):

« Je fais de la religion. Mais là, je tiens un discours global, un discours de principe. Vous allez me dire c’est pas du religieux ce que vous me dîtes là. C’est un discours de principes généraux qui cadre la pratique religieuse. On ne peut pas parler de la pratique religieuse sans parler du cadre…  Ce cadre, il est animé par un certain nombre de principes, nous les musulmans de France. Le premier, c’est la pensée. On n’a pas attendu X, Y, Z nous dire : oh, mais il faut une pensée propre aux musulmans de France ».

S’ensuivent des considérations légèrement confuses sur l’égalité des sexes (le Prophète est cité comme modèle…), sur la charia (« un jour, j’ai dit que la charia des musulmans, c’est la loi de la République » [quel modèle encore d’ambiguïté…] ;

« la taqqya (suit de l’arabe), c’est-à-dire l’hypocrisie…  Le deuxième principe, après la pensée, c’est la pratique, et le troisième, c’est le discours…  Nous avons un discours. Ce discours, nous l’avons travaillé. Un discours de rassemblement, de tolérance, de citoyenneté. Nous sommes d’abord des citoyens et des musulmans ensuite. Le respect des lois (suit de l’arabe) et le dialogue avec les autres. On dit : ils se séparent de la société (suit de l’arabe). La France est ma patrie, le français, c’est ma langue –je mets l’arabe de côté- [sic] et les lois du pays sont miennes ».

Puis, les vingt dernières minutes sont consacrées à l’affaire Iquioussen (imam du Nord également), avec là encore beaucoup d’habileté :

« Le gars, nous le connaissons. En tout cas, je le connais très bien. Nous l’avons invité ici à la mosquée à plusieurs reprises. Oui, il a dit des choses qui tombent sous le coup de la loi. Hassan Iquioussen, nous le connaissons très bien. Hassan Iquioussen, nous lui faisons confiance (suit de l’arabe).. Nous lui avons apporté notre soutien et nous continuons à le soutenir ».

Il poursuit en ironisant sur le terme de délinquant appliqué à M.Iquioussen :

« Il est où le jugement ? Hassan a fait l’objet d’une décision administrative. Que nous respectons, que nous n’arrivons pas à comprendre. Nous respectons la volonté du Conseil d’état. Mais le Conseil d’état n’a pas rendu un jugement, il a confirmé une décision administrative…. De là à dire que nous sommes d’accord avec Hassan, c’est insulter notre intelligence. »

Deux aspects ressortent particulièrement de cette intervention. Le premier ? Une remarque intéressante de M.Lasfar sur le nombre de musulmans en France, dès le début de son intervention : “J’ai l’impression que ça fait 20 ans ou 21 ans qu’on vous dit que vous êtes 6 millions [suit beaucoup d’arabe d’où émerge l’expression taux de fécondité, à nouveau suivie d’arabe]. On fait monter toutes les moyennes et la moyenne notamment de la natalité ». Ce nombre nous a remémoré une note de Jacques Julliard prise en 1990 :

« Je déjeune avec Boris Orlov, de l’Académie des sciences de Moscou…et Wolf Dietrich Rost, ingénieur des technique du bois, membre important des DSU… Interrogé sur la France, fille aînée de l’Eglise, je leur révèle qu’elle compte désormais une minorité de quelque 5 millions de musulmans. L’effarement et la consternation se lisent sur leur visage. Mais qu’allez-vous faire ? me demandent-ils ? » (Carnets inédits, 2021, pp 93-94).

C’était donc il y a trente ans ! Le nombre de musulmans n’aurait augmenté que d’un million depuis ?

Nous nous heurtons bien sûr à ce qui est appelé La fabrique des chiffres, pour reprendre une expression consacrée à l’estimation du nombre de musulmans en France et utilisée dans un article paru sur un site du CNRS  en 2019. Problème complexe puisqu’il n’y a pas de recensement en France en fonction de la religion d’une part ; et d’autre part, l’islam étant tout à la fois une religion, un code civil et une culture (un rapport du Sénat parlait des musulmans sociologiques), difficile de faire la part des choses. Ceci étant, cet article rappelait une étude de l’Ined réalisée en 2008-2009 dans laquelle 4,1 millions de personnes en France métropolitaine se déclaraient de religion musulmane ; dont 70% d’origine maghrébine, 10% d’Arique sub-saharienne, 9% d’origine turque et 11% d’autres origines, y compris des convertis. 4,1 millions ! Moins que le chiffre fourni (quelle origine ?) pour 1990 !

Cette étude de l’Ined rappelait aussi qu’en 2017, le Pew Research Center estimait la population musulmane en France en 2016 à 5,7 Millions ; et établissait une projection en 2050 comprise entre 8,6 et 13,5 millions de musulmans en France (en croisant différents facteurs : taux de fécondité, structure de population plus jeune, immigration, taux d’abandon de la religion ou de conversion à l’islam. Rappelons à ce propos ce fait constaté par la démographe Michèle Tribalat :

« En termes de transmission, l’islam est sans conteste la religion la plus dynamique. Cette transmission s’est améliorée au fil du temps, tout particulièrement parmi les enfants d’immigrés. Seuls 43% des enfants ‘immigrés nés dans les années 1958-1964 ayant au moins un parent musulman se déclarent eux-mêmes musulmans […]. Ceux qui sont nés à peu près vingt-cinq ans plus tard sont 87% à avoir conservé la religion de leur(s) parent(s) musulman(s) »).

L’auteur de l’étude de l’Ined terminait par une formulation parfaitement bien-pensante :

« Il est certain que les musulmans sont appelés à devenir une composante importante de la population. Aujourd’hui, la moitié sont nés en France. L’islam est devenu une religion française dont la reconnaissance tarde à venir ».

Large flou aussi dans un article publié par l’observatoire de l’immigration en octobre 2020

« Peut-on évaluer le nombre de musulmans vivant en France ? » : « La France est le pays de l’Union européenne qui compte le plus grand nombre de musulmans. Il y aurait en France entre 6 et 10,5% de musulmans » (soit presque du simple au double).

Essayons alors de refaire une fabrique des chiffres de façon analytique. Nous partons du livre récent de Gilles Kepel  Le prophète et la pandémie (2021) qui d’une certaine façon fournit un cadre mais aussi confirme toute cette incertitude sur les nombres. A la page 205, il indique : « le poids de ces habitants de l’Hexagone de confession presque exclusivement musulmane frôle les 7 millions ». Pour, à la page 221, préciser qu’il y a en France « 6 millions de ressortissants d’origine algérienne à des titres divers ». Bien sûr, on sait que tout ressortissant d’origine algérienne n’est pas musulman. Mais par commodité, nous userons de l’hypothèse de l’équivalence des nombres qui ne doit pas être entièrement fausse, au degré de pratique religieuse près.

Or, à ces 6 millions d’origine algérienne, il faudrait ajouter entre 1 et 2 millions de Turcs d’origine, (50% auraient la double nationalité), « essentiellement musulmans » (en 2020, source Wikipedia, 1,5 millions de Marocains et encore 700 000 Tunisiens (aux deux-tiers, des binationaux).

En arrondissant, parlons de 9 à 9,5 millions de musulmans potentiels (on a appliqué une décote pour les athées ou ceux d’autres religions). Sans compter tous les musulmans d’origine sub-saharienne (maliens, sénégalais…), les moyen-orientaux musulmans et afghans divers. Et on peut penser que la majeure partie des clandestins sont issus de pays musulmans. Le nombre de 10 millions de musulmans actuellement en France serait-il absolument déraisonnable ? N’y aurait-il pas là comme une explication à la mine réjouie de M.Lasfar qui, avant de terminer son prêche par une longue péroraison en arabe, encourage son auditoire :

« Continuez à construire et à fonder des institutions, des mosquées, des écoles…. Financez les institutions musulmanes… Patientez, patience et endurance (suit de l’arabe) ».

Le deuxième aspect qui a paru intéressant est une réflexion sur l’intégration. Une évidence saute aux yeux quand on écoute M.Lasfar : voilà une personne parfaitement intégrée au pays dans lequel il vit. Il parle très habilement, est parfaitement au courant des arcanes politiques, économiques, juridiques. Et quelques éléments de sa biographie confirment  cette impression.

Lasfar est marocain, arrivé à Lille dans les années 80 pour y décrocher une maîtrise d’économie et un DESS de gestion. Il a démontré ses capacité d’entrepreneur et de management dans des activités entièrement focalisées sur les besoins spécifiques de la communauté musulmane (en particulier le pèlerinage à la Mecque) :

« Amar Lasfar aime à dire de lui qu’il est un «homme d’affaires»… Enraciné dans la région lilloise, Amar Lasfar a d’abord à son actif une jolie réussite économique. Il est à la tête d’une florissante agence de voyages, Atlas Tours, devenue l’un des principaux affréteurs pour le grand pèlerinage à La Mecque et un poids lourd des vols vers l’Algérie» Libération en 2015.

Mohamed Louizi, ancien des Frères musulmans et combattant maintenant l’extrémisme musulman, dans un article de 2015 consacré à M.Lasfar (Caverne d’Amar Lasfar https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/311215/caverne-d-amar-lasfar), donne quelques éclairages intéressants et entièrement sourcés sur ce sens des affaires de M.Lasfar ; y compris avec des aspects comptables parfois étonnants ; on pourra se référer à son article dans lequel il constate en conclusion :

« L’on avait l’habitude de poser la question : « D’où vient l’argent des islamistes ? ». Peut-être un jour, l’on oserait poser la question : « Mais où va l’argent des islamistes ? »

Ce sens de l’organisation s’applique aussi à ce que M.Lasfar appelle dans son prêche des « institutions » musulmanes.

D’abord, les mosquées. Toujours M. Louizi :

« Le vendredi 12/12/2014, l’association Ligue Islamique du Nord [présidée par M.Lasfar], qui historiquement gérait la mosquée de Lille-Sud, avait changé de nom. Elle se dénomme, selon ses présents statuts : Grande Mosquée de Lille (G.M.L.) (Art.1). Parmi ses onze buts, j’en cite trois : « Défendre les intérêts de l’islam et des musulmans ; Acquérir ou gérer un ou plusieurs lieux de cultes ; Ouvrir des établissements scolaires, hospitaliers privés … » Mais il faut savoir que la GML ne fait aucune allusion aux lois du 9 décembre 1905 et aux décrets du 16 mars 1906, relatifs à la séparation des Eglises et de l’Etat, en ce qui concerne l’attribution des biens, les édifices des cultes, les associations cultuelles, la police des cultes. Non, la GML est, je cite : « une association régie par la loi du 1er juillet et le décret du 16 août 1901 » (Art. 1). Pis encore, la GML énumère parmi ses ressources financières : « Des subventions éventuelles de l’Etat, du Département et des communes » (Art. 10). »

Et M. Louizi de continuer :

« la mosquée de Lille-Sud n’est ni un lieu de culte ni une maison de Dieu. C’est un QG théologico-politique de l’UOIF, géré par l’UOIF, arbitré par l’UOIF et, en cas de litige conduisant à une dissolution, son actif est toujours la propriété de l’UOIF. Les statuts sont formels. Que reste-t-il pour les fidèles musulmans : prier, payer et, si besoin, pleurer en silence ! »

Pourtant dans son prêche, M.Lasfar fait référence avec complaisance à la loi de 1905 : « C’est la loi de 1905 qui a permis à l’islam de vivre en liberté » ! (vers 19’).

On pourra retenir d’ailleurs que la loi dite sur le « séparatisme » a essayé de mettre fin à cet imbroglio entre usage de la loi de 1901 sur les associations et celui de la loi de 1905 sur les  associations cultuelles.

Ensuite, des structures musulmanes. On a déjà parlé de l’UOIF à la création de laquelle il a participé. L’article de Musulmans de France qui le décrit en 2013 s’intitule :

«Amar Lasfar ou l’irrésistible ascension de « Monsieur le Président ».

Enfin, l’enseignement. M.Lasfar est décrit comme « forgé à l’islam traditionnel ». En 1994, une très sévère crise du foulard islamique au lycée Faidherbe s’achève par l’exclusion des adolescentes concernées. « La laïcité a montré ses limites, s’emporte Lasfar à l’époque. Jusqu’à présent, les musulmans n’avaient jamais ressenti le besoin d’avoir leurs propres écoles. Maintenant, cela s’impose. » Et c’est le début de son travail ayant abouti à l’ouverture du lycée Averroès dont il préside la structure de gestion : En 2003, le recteur de la mosquée de Lille-Sud accueille l’ouverture du lycée Averroès comme une « victoire de la laïcité ». Vraiment habile !

Habile, M.Lasfar est ainsi toujours prompt à invoquer le vocabulaire qui va bien. En 2014, en réaction à la tuerie au Musée juif de Bruxelles et à l’arrestation d’un Roubaisien, le rabbin de Lille avait estimé  que le « problème de l’islam radical germe d’abord dans les cités et certaines mosquées » et s’en est pris directement à l’UOIF : « Dans le Nord, c’est l’UOIF, et donc les extrémistes, qui dirigent la plupart des mosquées. ». Un autre article de Musulmans de France décrit la réaction de M.Lasfar : « Les propos infondés et diffamatoires du rabbin de Lille sont irresponsables et mettent en danger le vivre ensemble et le dialogue religieux mené avec les rabbins de France par l’UOIF. … Le président de l’UOIF accuse le rabbin de « mettre de l’huile sur le feu et de faire des amalgames. C’est grave de la part d’un religieux qui est censé apaiser, notamment dans un moment où l’émotion gagne beaucoup de personnes. Là, on est dans la politique. (…) Je m’interdis de me prononcer sur telle ou telle religion et de fixer les frontières du radicalisme. Ce n’est pas à un rabbin de se mêler des affaires de la communauté. Il a dérapé, il aurait dû réfléchir »… Sur le fond, Amar Lasfar réfute le procès en extrémisme contre l’UOIF. « Toutes les religions ont en leur sein des extrémistes. Nous sommes une institution responsable qui respecte les lois de la République et s’occupe de sa communauté. Quand un conférencier dépasse les bornes, je le rappelle à l’ordre. » Amar Lasfar invite les représentants juifs de Lille à une rencontre « dans les plus brefs délais autour d’un moment de dialogue afin d’affirmer notre volonté d’œuvrer ensemble pour un vrai vivre ensemble ». On croirait entendre du Macron.

C’est la même chose dans le domaine politique. Même si M.Lasfar déclare lors de son prêche : « c’est faux quand on vous dit que les musulmans enseignent l’islam politique », tout démontre le contraire. Le portrait flatteur du 6 avril 2015 dans Libération  s’intitule : « Amar Lasfar, un fin politique ». Il est rappelé par exemple que

« M. Lasfar avait bénéficié, au cours des années 80, de l’appui conséquent de Pierre Mauroy. Le leader socialiste l’avait ainsi propulsé au Corif (comité de réflexion sur l’islam en France), mis en place en 1989 par Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur ».

Et M.Lasfar lui-même rappelle dans son prêche qu’il a fait partie des personnes auditionnées par le Sénat.

Alors, intégré, mais à quoi ? M.Lasfar parlait de cette sédentarisation des musulmans (16’) :

« nous avons évolué parce que nous étions des immigrés entièrement à part et nous sommes devenus des citoyens à part entière. Sortir du cadre de l’étranger, de l’immigré, du prêt-à-partir au statut de citoyen musulman de France et pourquoi pas un jour il y aura quelqu’un qui va venir pour dire l’islam français (suit de l’arabe). Vous croyez que c’est facile cette transformation ? Elle a besoin d’une pensée, elle a besoin d’une pratique, elle a besoin d’un programme, elle a besoin d’institutions, les mosquées dans lesquelles vous êtes là (suit de l’arabe); les mosquées, mais c’est des instruments, c’est des institutions qui permettent à l’islam de France encore une fois ; on était des musulmans en France, de la chair fraîche aux musulmans en France, c’est-à-dire des étrangers qui vivent leur islamité en France, aux musulmans de France. Et pourquoi pas un jour, quelqu’un qui va venir pour dire l’islam français. »

M.Lasfar parle bien de l’intégration d’une communauté avec ses « instruments et ses institutions ». Sans parler de sa langue. L’exact opposé de l’assimilation telle que décrite le 23 décembre 1789 par Stanislas de Clermont-Tonnerre : « il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus ».

Enfin, quel crédit faut-il accorder aux considérations de M.Lasfar ? Par exemple :

« C’est faux quand on vous dit que les musulmans enseignent l’islam politique. C’est faux, c’est pas vrai. C’est une machination. On a inventé ce concept, je l’ai dit au Sénat. En France, je suis libre, je suis digne et je vis dans la démocratie. Pourquoi voulez-vous que je sabote les lois de mon pays ? C’est la loi de 1905 qui a permis à l’islam de vivre en liberté. Donc, je respecte, je m’accroche. Et on a dit un jour que l’islam est une chance pour la laïcité et que la laicité est une chance pour l’islam ».

Parce qu’avant (10’30’’), voilà ce que disait aussi M.Lasfar le madré : « Nous disons les choses parfois en les emballant, c’est normal, parfois en les maquillant [à 10’30’’], c’est normal. Nous sommes dans un monde de communication ». Et plus loin (13’), M.Lasfar continue sur la communication :

« Troisièmement, le double discours (suit de l’arabe). Et parfois ce qu’on appelle la communication par le silence (suit de l’arabe), surtout quand tu as affaire à un imbécile. Il n’y a pas plus intelligent que de répondre à un imbécile par le silence (suit de l’arabe) ».

Nadhir, M. Oubrou, M. Lasfar : trois paroles d’imams ; trois imams parfaitement intégrés ; Certainement pas assimilés (rappelons l’enseignement parfaitement hallal de M.Nadhir concernant le mariage des femmes musulmanes :

« L’homme peut se marier avec une chrétienne ou une juive pieuse. Et la femme, non. Il lui est strictement interdit de se marier avec un autre qu’un musulman. Tout simplement parce que la société islamique est une société patriarcale où la prédominance dans le foyer est donnée à l’homme. Et à partir du moment où on donne la prédominance à un homme, si on donne la prédominance à un non-musulman, ça veut dire que le foyer sera géré par un non-musulman. Et le son de cloche de ce foyer, ce sera la mécréance. D’autant qu’Allah a interdit de donner la prédominance d’un mécréant sur un musulman dans le sens du statut juridique »).

Alors, intégrés au profit de quoi, de qui ? De la France ? De l’islam ?

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5 commentaires

  1. Pas utile faire de longs discours sur ce genre d’individu. L’essentiel pour un petit babtou ,c’est d’intégrer une fois pour toute, que tout musulman (quelque soit son niveau d’education,)de part le poids de sa communauté,ou qu’il réside ne sera JAMAIS de ce pays car son devoir ,c’est de tout faire pour que cette terre devienne DAR AL ISLAM !!

  2. saint Grégoire VII, pape
    (concile de Rome, 1er mars 1074)

    “A tous ceux qui voudront s’ armer pour la défense de la foi
    chrétienne, salut et bénédiction apostolique.
    “Par tous les pèlerins qui reviennent d’ Orient pour s’ agenouiller
    au tombeau des apôtres nous apprenons que la race des infidèles
    a prévalu contre l ’empire chrétien .
    Les Sarrasins ont tout envahi, tout dévasté; ils avancent jusque sous les murs
    de Constantinople.
    ils ont égorgé des milliers de chrétiens comme de vils troupeaux.
    Si nous aimons Dieu, si nous tenons à notre titre de chrétiens, la misérable
    fortune d’un si grand empire , le massacre de nos frères ne sauraient nous laisser insensibles.

    Mais il ne suffit pas d’une stérile douleur; le devoir de charité
    fraternelle, l ‘exemple de notre divin Rédempteur exigent que pour la délivrance
    de nos frères nous donnions au besoin notre vie.
    De même que pour nous tous le Christ a livré son âme, ainsi nous devons pour ses
    fils et nos frères sacrifier la nôtre.
    Sachez donc que confiant dans la miséricorde de Dieu et en la puissance de
    son bras , nous sommes résolu par tous les moyens possibles à procurer
    au plus tôt un secours aux chrétientés d’ Orient.
    Au nom de la foi sainte qui vous a faits dans le Christ les fils adoptifs de
    Dieu, nous vous conjurons et par l’ autorité du bienheureux Pierre
    vous avertissons d’ouvrir vos cœurs à une compassion secourable.
    contemplez le cruel désastre d’un empire chrétien et votre vaillance
    affrontera toutes les fatigues pour sauver vos frères d’ Orient.
    Tout ce que vous inspirera à ce sujet la bonté divine , faites le nous promptement
    savoir.”

  3. Le fachisme musulman avance a visage découvert, au vu et au su de nos hommes et femmes politiques clientelistes qui n’ont aucun sens de l’Etat et se moquent du destin de la France : ils courtisent des électeurs potentiels et se fichent de savoir – car ils le savent très bien – que “par le ventre de leurs femmes”, les musulmans pèsent maintenant lourd dans les scrutins et sont devenus des faiseurs de rois. Ces Politicards véreux rejoindront bientôt dans les poubelles de l’histoire tous ceux qui, dans l’entre deux guerres ont, par clientelisme et par idéologie internationaliste pacifiste, laissé prosperer le nationalisme et la fachisme allemand.

  4. Cette lèpre continue à s’étendre , encore et encore …… France , réveille-toi , au nom du ciel ! ! !

  5. Loué soit Jésus-Christ !
    Cet extrait d’une conférence donnée en 1994 par Amar Lasfar, président de l’UOIF, montre bien la constance de ce suppôt d’Allah, qui n’a rien, malheureusement, d’original : https://www.islam-et-verite.com/tous-les-textes-de-catchse/

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