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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Paix liturgique ou herméneutique de rupture?

Paix liturgique ou herméneutique de rupture?

François-Joseph Boffard a écrit un texte intéressant sur la paix liturgique :

Dans mon enfance des années 70, je me souviens du combat auquel se prêtaient les adultes autour de moi sur les questions liturgiques. Des prêtres et des laïcs s’opposaient sur des questions qui me semblaient alors un peu déconcertantes. Fallait-il faire face au prêtre à la messe ? Pouvait-on se mettre à genoux à la consécration ? Était-il permis de communier dans la main ? Trop jeune, je ne comprenais pas vraiment les enjeux de ces polémiques. Mes parents nous ont éduqués dans l’amour de l’Église et donc du rite romain, et nous allions à la messe en forme extraordinaire aussi facilement qu’en forme ordinaire. J’ai découvert plus tard que mes parents préféraient la première, que mon père appelait « la messe de toujours ». Mais je crois que mes parents ne voulaient pas abîmer dans notre cœur d’enfant l’amour de l’Église qui passe un peu, et c’est toute la difficulté, par la médiation des clercs. Seul le sens du sacré primait, mes parents ne voulaient pas donner prise à des querelles orchestrées par le « diviseur ». […]

Il serait bon que certains évêques aient un peu plus d’humilité devant ces aberrations liturgiques que nous avons dû supporter. J’ai l’impression que le Souverain Pontife lui-même oublie un peu vite et que l’on révise l’histoire des blessures liturgiques des dernières décennies. […]

Oui je le crois vraiment saint Jean-Paul II, puis Benoit XVI en 2007, ouvrirent la voie à la paix liturgique et à l’enrichissement de la forme ordinaire par la forme extraordinaire. De très nombreux prêtres ont perdu la foi dans leur sacerdoce à cause de l’idéologie moderniste qui a conduit à intellectualiser notre vie chrétienne en lui retirant sa part de mystère et de sacré. Après les applications folles du Concile Vatican II, heureusement que certains pouvaient continuer à vivre leur foi dans la tradition grâce à des mouvements comme le MJCF. Et quand j’entends certains évêques, anciens du MJCF, assumer le dernier Motu proprio du Pape François sans broncher, j’ai envie de leur rappeler dans quel bain a été plongée leur vie sacerdotale. Manifestement ils se sont fait opérer de la conscience comme d’autres se font opérer de l’appendicite.

C’est cette même amnésie qui préside à l’écriture, à la publication et à l’application dans certains diocèses du Motu proprio « Traditionis cutodes ».  Amnésie au sens de l’absence de mémoire et de l’absence de filiation dans la transmission. L’Église a toujours conçu sa doctrine dans l’équilibre d’un « Nova et vetera » (Nouveau et ancien). Dans l’histoire, l’erreur fut souvent de privilégier l’un au détriment de l’autre. Et les progrès réalisés par les divers conciles furent toujours dans l’enrichissement et la clarification du chemin qui mène à Dieu et qui nous permet de mieux parler de Lui. Il semble désormais que le Pape François soit déterminé à devenir l’apôtre de la rupture, une sorte de nova sans vetera, une approche résolument moderne et œcuménique de la communion. Et, comme tous les progressismes, celui-ci conduit à une communication dont la forme tyrannique peine à concilier l’appel à l’ouverture et l’exigence d’obéissance. Cela peut paraitre un peu excessif de parler de tyrannie, pourtant je pense que nous assistons depuis plusieurs années à un durcissement de la parole pontificale. François n’hésite pas à mordre les fidèles qui affichent leur conformité au magistère antique en les présentant comme des pharisiens rétrogrades, et à se faire complice des chemins de l’innovation qui épousent les formes de la vulgarité du monde.

Vous l’aurez compris, je suis un peu déconcerté par le texte du Pape François et par ses prises de parole récentes qui semblent faire droit à une herméneutique de la rupture. […]

S’il est évidemment légitime de demander aux « Tradis » de reconnaitre sans réserve le Concile Vatican II, ce qui vient d’être fait par l’ensemble des Supérieurs de communauté traditionnelle, il eût été très souhaitable que l’on exige dans le même temps des évêques du monde entier qu’ils veillent à la fidélité de ce qui est demandé par le Concile : le chant grégorien est le chant propre de l’Église ; L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins ; la concélébration fait l’objet d’une exception le jeudi saint, elle est élargie à quelques situations exceptionnelles dont la liste est prévue par le Concile, etc. Ah ! si seulement le Concile était strictement appliqué !

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19 commentaires

  1. Le Concile est le Cheval de Troie de la Révolution dans l’Église, c’est-à-dire de l’éradication de la Tradition et de la dénaturation du message évangélique.
    De plus, les contradictions rencontrées dans ses textes interdit qu’il soit “strictement appliqué”…

  2. L’auteur écrit : « par ses prises de parole récentes ». Dès le début de ce pontificat, puis dès son premier trimestre, j’ai ressenti un malaise. Il n’a fait que se confirmer en moi. Je pense que cet homme sera considéré demain comme un antipape s’il ne se convertit pas d’ici la fin de sa vie terrestre. Nous avons besoin de patience, de la vertu de patience. Plus ce ‘pape’ sculpte sa réalité idéologique, plus il sera clair, pour le pape à venir, de savoir ce qu’il faut faire pour couper court aux mauvaises décisions et ébrancher l’arbre de ses réalités mortifères et favoriser les pousses vivifiantes. Pour moi, la communion dans la bouche comme seule réalité possible de communion serait une ferme incitation au retour à la saine distinction entre laïcs et clercs aux mains consacrées. Cela agirait comme un bras de levier vers le retour du sacré dans le sécularisme ambiant et cela éviterait toute tentation au partisan du slogan ‘Nous sommes l’Eglise’.

    • Cher Monsieur, ce n’est pas parce que le pape ne vous plaît pas qu’il est antipape. En disant qu’il est antipape, ou même en supposant qu’il puisse l’être, vous contredisez le jugement que l’Eglise a posé en le reconnaissant définitivement comme pape. Vous vous excluez donc de la communion ecclésiale si vous persister à tenir une telle position.

  3. L’auteur devrait préciser de quel MJCF il s’agit dans cet article. Une rechercher sur le web donne en premier :
    Mouvement des jeunes communistes de France
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_jeunes_communistes_de_France

    Je suppose qu’en fait il faisait allusion à ce MJCF là :
    Mouvement de la jeunesse catholique de France
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_de_la_jeunesse_catholique_de_France

    Peut être ne suis-je pas le seul lecteur du salon beige à découvrir ce MJCF là.
    Il vaut mieux toujours se méfier de l’idée que “tout le monde le sait”, et se méfier des accronymes.

    N.B. : le site du Mouvement de la jeunesse catholique de France n’est pas accessible. c’est dommage.
    Par contre celui du Mouvement des jeunes communistes de France est en fonction, mais indépendament des idées de tel ou tel mouvement, je recommande de ne pas le prendre pour modèle. Il est à la mode actuelle des sites web qui bougent avec des images surgissantes. C’est moderne, mais moins lisible qu’un site classique comme celui du salon beige.

  4. En fait le Mouvement de la jeunesse catholique de France semble absent du web.
    Ce mouvement existe-t-il encore ?

  5. Malheureusement, il ne faut mettre aucun espoir dans le prochain Pape, parce que François est en trin de “mettre sur orbite” le Cardinal Parolin, qui professe les même idées que lui..
    Il faudrait prendre la liste des évêques de France et leur accorder “5 mitres” s’ils sont favorables à la messe tridentine, ‘une mitre” s’ils y sont opposés, et “trois mitres”, s’ils sont neutres.
    Exemple : – Paris – Mgr Aupetit – une mitre
    Et reporter ces infos sur une Carte de France des diocèses..
    NM

    • Je suis étonné de ne pas avoir songé aux ‘papabile’. Je pense que les cardinaux électeurs seront échaudés d’avoir élu François. Ce non vicaire du Christ, comme il se proclame, aura mis la zizanie, le foutoir et surtout révéler les fumées de Satan qui rodent sur Rome-Vatican en particulier. Le prochain pape, successeur de Benoît XVI si l’Eglise décide un jour que François fut un antipape, devra remonter la pente des mauvais plis pris et de l’exposition de la saine doctrine dans un contexte de persécutions.

      • Je ne voudrai pas vous decourager, mais le collège des electeurs a profondément été renouvellé par le Pape François.
        Le seul retour de balancier peux venir soit du scandale naissant sur le faux rapport sur les réponses des évêques avant Traditionis Custdes, soit si Pape François va trop loin avec les évêques allemands…

        • Oui vous avez raison, il a placé des pions progressistes, donc nihilistes de la Foi. Mais les gars de la majorité silencieuse lors du dernier conclave vont élever le ton et taper du point si nécessaire. Je suis confiant en la capacité performative d’un ‘petit reste’. Bien sûr ce sera la persécution pour nous si la Foi est réexposée au monde. Commençons à préparer les greniers, les catacombes, notre proximité de monastère ou de prêtres vivants.

  6. Bergoglio a avoué : « Je vais de l’avant, pas parce que je veux faire une révolution. »
    Source : https://www.laciviltacattolica.fr/la-liberte-nous-fait-peur-conversation-du-pape-francois-avec-les-jesuites-slovaques/
    Au moins maintenant les choses sont claires.

    • Elles sont assez claires depuis le début de son non vicariat du Christ. François est ‘en marche’ et ‘en même temps’ proche de l’abîme. Je ne suis pas certain qu’il sache où il va. Il va vers son juge, c’est certain. Je ne voudrais pas être à sa place.

  7. Ce que l’auteur ne semble pas avoir compris, c’est que derrière la question de la liturgie, il y a la question de la doctrine. Par son Motu Proprio, le pape François veut faire accepter le concile Vatican II aux fidèles qui assistent à la messe tridentine. Or, le concile, dans son ensemble et dans l’esprit, a été une véritable Révolution dans l’Eglise. Le cardinal Suenens a déclaré: “Vatican II, c’est 1789 dans l’Eglise”, c’est dire la violence du concile. C’est une nouvelle doctrine, une nouvelle morale et une nouvelle ecclésiologie qui ont émergé, fondées sur les principes de 1789 (liberté de conscience,…) et sur les principes du modernisme lourdement condamnés par les papes d’avant-concile. Les pans de la doctrine et de la morale catholiques qui s’écroulent aujourd’hui dans l’Eglise ainsi que la nouvelle conception de l’Eglise (la fameuse synodalité) trouvent leur origine dans Vatican II (L’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, la synodalité, la question des divorcés remariés,… et j’en passe…).

    • C’est justement votre attitude que le pape veut condamner. Oui, Vatican II est magistériel, et oui, il doit être accepté par toute l’Eglise. L’acte de foi nous demande aussi de croire ce que l’Eglise nous enseigne.
      Vatican II n’a nié aucun point de doctrine (si vous avez des doutes à ce sujet, je vous conseille la chaîne Archidiacre, son blog, les articles du Père Basile Valuet, le livre de Mgr Rifan : le Magistère Vivant de l’Eglise, disponible gratuitement sur le site clerus, etc…).
      Vous ne pouvez pas penser que l’Eglise ait changé après Vatican II. Cela irait à l’encontre de l’indéfectibilité. Le pape et les évêques du monde entier, qui ont tous accepté Vatican II, ne peuvent pas aller à l’encontre des dogmes. Je rappelle que le Christ a dit à ses Apôtres : “Et moi, je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles”. Il faut avoir foi en l’Eglise, foi au Pape et foi aux évêques.

      • Fidelis se trompe car les choses sont plus fines qu’il ne les lit. Benoît XVI n’interpréterait pas les données que vous avez comme vous le fait. Prenons Nostra aetate, Abraham et l’islam : C’est évident que la formulation ne correspond pas à la réalité de ce promeut le paganisme musulman. Par ailleurs, l’Abraham des juifs et chrétiens n’a rien à voir avec le personnage promu dans les corans. Fidelis, le fidéisme a été condamné par Vatican I. Vous allez tomber des nues quand le prochain pape, s’il y a, va gouverner.

  8. De la langue de buis ! L’évêque de Rome lui même est en train de couper les ponts, inutile de tourner autour. Et l’épiscopat suit sans état d’âme.
    Il se passe la même chose qu’avec macron et sa clique de fonctionnaires, médecins et autres bien soumis.

    • Le Vatican est entouré de solides murs et même d’un passe sanitaire. Ce Pape-antipape a réussi : il a coupé les ponts. Il vogue de plus en plus seul vers le précipice. La vieillesse est un naufrage et ce François ‘non vicaire du Christ’ est vieux depuis des décennies d’idéologies déposées en lui-même. L’enjeu de notre vie devient évident : être sauvé sans Jean-Marc Sauvé et ses commanditaires socialo-matérialistes. Trouver de bon et saints prêtres vivants, debout. C’est Mgr. PONTHIER qui a orienté vers ce Sauvé. Rappelez-vous des déclarations de Mgr. PONTHIER et vous comprendrez la déplaisante farce en cours.

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