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Culture de mort : Euthanasie

On nous a trop menti au sujet de Vincent Lambert

Le docteur Xavier Ducrocq est neurologue au CHU de Nancy, dont il préside le comité d'éthique, professeur à l'université de Lorraine et président de l'Espace lorrain d'éthique de la Santé (ELES). Il est l'un des experts qui ont été sollicités pour examiner Vincent Lambert.

Le docteur Bernard Jeanblanc est spécialisé en Réanimation. Il est chef de service d'une Unité pour polyhandicapés et d'une Unité de Vie Spécialisée pour les «pauci-relationnels» à la Maison de santé Béthel à Oberhausbergen près de Strasbourg.

Dans Le Figarovox, ils démontent les mensonges et erreurs sur le cas Lambert. Extraits :

"Vincent était plongé dans une inconscience dont il ne sortirait plus. C'est faux. […]

Les mêmes qui nous ont dit que Vincent n'était plus conscient nous disent aussi, pour contradictoire que cela soit, qu'il a «manifesté son désir de mourir». C'est faux. […]

On nous a dit que Vincent avait exprimé, avant l'accident qui l'a laissé handicapé, «sa volonté d'être euthanasié s'il devait un jour se retrouver dans cet état». C'est faux. Outre qu'il n'existe aucune trace écrite d'un tel choix, alors que Vincent, travaillant en milieu hospitalier, savait la nécessité de l'exprimer de manière incontestable, il n'a fait l'objet d'aucun acharnement thérapeutique. Personne ne s'acharne, contre tout bon sens et toute pitié, à le maintenir en vie. […]

On nous a dit que Vincent «était en fin de vie» et qu'il fallait abréger ses souffrances. C'est faux.

[…] On nous a trop menti au sujet de Vincent. La vérité est que Vincent est handicapé. Lourdement. Très lourdement. La vérité est que ses chances de redevenir un jour «comme nous» sont minces, même si elles existent. La vérité est que Vincent fait peur. Il fait peur parce qu'il nous renvoie à notre propre fragilité, notre propre vulnérabilité, notre propre faiblesse, à notre condition mortelle. Et que cela nous est insupportable. […]"

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