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France : Politique en France / France : Société

Nous recueillons les fruits d’un enseignement moral sans fondement, sans hiérarchie, sans profondeur

Très belle tribune, profonde et pleine de sens, de Vincent Trémolet de Villers du Figaro. Elle justifie pleinement la mobilisation forte et naturelle qui a lieu contre la présence de Black M à Verdun. A lire en intégralité :

"Il faut n'avoir jamais arpenté le paysage lunaire où reposent les villages martyrs: Beaumont, Fleury, Cumières… pour envisager de commémorer la bataille de Verdun par un concert de rap. Il faut n'avoir jamais lu une page de Barbusse - «chacun sait qu'il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps entier, tout nu, aux fusils braqués d'avance» - pour dire comme Black M, le chanteur invité, «on va s'amuser». Il faut ne rien connaître des paroles de poilus - «c'est vraiment une vision de mort, de destruction acharnée, ce ravin. Des morts partout, dans toutes les positions».  - pour affirmer comme notre secrétaire d'État aux Anciens Combattants que la vague d'indignation qu'a provoquée l'organisation de ce concert est «un premier pas vers le fascisme».

C'est avoir oublié, enfin, que Verdun, c'est 300.000 morts français et allemands dont 100.000 sans sépulture et que seul «le silence des consécrateurs convenait au repos des hommes qui avaient accepté en silence, qui avaient souffert en silence, qui étaient morts en silence» (Montherlant). Plongés dans la nuit de l'inculture, nous devons donc supporter les provocations, les approximations, les manipulations du gouvernement (contre lequel sur ces sujets l'opposition se montre bien timide et laisse le champ libre au Front national). Comme si le souvenir des soldats morts au combat était un moyen de «faire plaisir aux jeunes» et l'Histoire, un outil sondagier circonstanciel. La France a ainsi voté une résolution de l'Unesco déniant tout lien historique entre les juifs et le mur occidental (le mur des Lamentations), voire le temple de Jérusalem!

Nous avons entendu un ancien ministre de l'Économie devenu commissaire européen affirmer qu'il ne croyait pas «aux racines chrétiennes de l'Europe» transformant ainsi une réalité indiscutable en acte de foi. Nous avons supporté les mots sidérants d'un secrétaire d'État chargé de la mémoire de nos soldats traitant de «fascistes» ceux qui par les maigres moyens des réseaux sociaux ont voulu empêcher de voir transformer l'ossuaire de Douaumont en arrière-plan d'un divertissement de masse. Tout cela n'empêche pas l'inculture de se montrer arrogante. Nous recueillons les fruits d'un enseignement moral sans fondement, sans hiérarchie, sans profondeur, où le seul impératif est de traquer le «fascisme» renaissant et le retour d'un «ordre moral nauséabond». Un antiracisme hors-sol qui surveille, punit et ne comprend plus rien.

Selon cette grille, la civilisation était du côté de Black M et la barbarie du côté des lecteurs de Ceux de 14. C'était un Noir contre les Blancs, un jeune contre des vieux, la modernité contre les réacs. Que le chanteur s'en soit pris autrefois aux «youpins», aux «pédés», aux «kouffars» (les mécréants dans la terminologie de Daech) ne comptait pas. Les mêmes qui traquent «les dérapages» et curent comme un coquillage l'esprit d'Éric Zemmour pour y trouver une pensée criminelle ont pris la défense du rappeur, victime selon eux «du politiquement correct» . Il fallait vraiment être un pinailleur pour ne pas accepter l'évidence: Black M à Verdun, c'est bien, puisque Robert Ménard et Marion Maréchal-Le Pen sont contre!

«Tout est culture», proclamait Jack Lang il y a vingt-cinq ans, le tag comme une fresque de Piero della Francesca. «Tout est histoire», proclamons-nous aujourd'hui, et rien ne distingue la «plainte d'un blessé dans la nuit glaciale et pluvieuse» (Genevoix) et les rythmes d'un morceau de rap. Les faits, les hommes, les lieux, les dates sont des outils jetables pour politiciens et communicants. Dans nos temps de «profanation intégrale» (Alain Finkielkraut), il n'y a plus ni silence ni recueillement. Ni dignité, même. Tout se vaut et tout se vautre dans la médiocrité.

«On oubliera, écrit Roland Dorgelès dans Les Croix de bois. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qui l'aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois…»

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8 commentaires

  1. Et s’il allait chanter à Auschwitz ? Mais ce qu’il faut voir derrière l’éructeur, c’est le commanditaire et sa volonté de n….la France, comme il le fait si bien avec ses potes : Belkacem, Taubira, qui lui manque, El Khromi, Valls,….dans la grande tradition culturelle de D’Jack, ou de Gramsci, la subversion par la culture. Derrière ce geste c’est toute une France qu’il haït.
    Nous recueillons les fruits de notre apostasie, de notre abandon du vrai Dieu, plus de piété, plus de respect pour les morts, morts au champ d’honneur, champ d’horreur de la guerre industrielle, victimes d’intérêts dont on ne parle jamais, à qui a profité le massacre ?

  2. N’est pas manichéen qui veut.
    Le locataire de l’Elysée est le digne successeur d’un certain Mitterrand dans l’art de la manipulation.
    Explication : il met en place l’intervention du rappeur. S’arrange pour que cela se sache.
    Sait à l’avance quelles seront les réactions, des “blancs de droite” (un scandale) et des “blancs de gauche + noirs et musulmans” (la haine et le racisme).
    Objectif : entretenir la haine et la division entre français.
    Ou alors c’est un parfait imbécile.
    Vu le pedigree du personnage (notamment lors des MPT) j’avoue préférer la 1ère hypothèse. Alors, c’est un criminel, car il ne tisse ni plus ni moins les germes de la guerre civile.

  3. Plutôt que “les fruits d’un enseignement moral sans fondement,” ne faudrait-il pas plutôt évoquer “les fruits d’un enseignement sans fondement moral,”?
    Ce n’est pas seulement l’enseignement moral, revenu dans les programmes depuis peu après une éclipse de plusieurs années (où il était remplacé par “instruction civique” ou “éducation à la citoyenneté”) qui est la cause de l’inculture généralisée de tant de nos concitoyens, mais aussi l’enseignement de l’histoire, du français, …

  4. D’accord avec C.B. ! Et ce qui me navre, c’est qu’il n’ y a aucune volonté politique pour dire halte-là et vouloir redresser la barre…
    La “droite” couilles-molles (pardon mesdames) est d’avance tétanisée par le moindre froncement de sourcil de la gauche !

  5. “Nous recueillons les fruits d’un enseignement moral sans fondement…”
    Ou plutôt ayant comme fondement de sauver le racisme grâce à SOS racisme, sauver les sidaïques pour qu’ils ne disparaissent pas avec l’encouragement des transgenres car ils ont 49 fois plus de probabilité de vivre avec le VIH que la population en général.
    https://www.euractiv.fr/section/sante-modes-de-vie/news/lonu-bloque-lacces-a-une-conference-sur-le-sida-a-des-ong/
    La mode actuelle est à l’inversion des valeurs et non à leur absence.

  6. La hiérarchie des valeurs est effectivement fondamentale pour le plein exercice de notre liberté.

  7. Belle tribune, merci.
    Quel dommage que la Droite, et, a-delà, tous les représentants de la culture, de l’histoire, de l’éducation, ne manifestent pas leur indignation et n’expriment pas leurs sentiments sur ce que fut Verdun et la Grande Guerre…
    Ce silence, ce terrible silence du champs de bataille après les combats, du chant de la mort après la bataille…

  8. comment ne pas être outrés ou effondrés lorsque on apprend qu’un rappeur a été choisi par le maire de Verdun pour animer la journée de deuil des soldats de la Grande Guerre .Heureusement la réaction a été brutale et suffisamment forte pour annuler ce concert.
    La France est en pleine décadence;l’élection de Hollande comme Président de la République a ouvert les vannes de l’inculture qui s’expose dans tous les réseaux sociaux par la voix des médias qui amplifient ces renoncements à l’histoire de notre pays .Les morts pour la France sont ignorés ,relégués au rayon des “objets ” perdus, insignifiants donc leur commémoration devient l’occasion de “s’amuser “en chantant n’importe quoi ! Triste époque.
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