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France : Politique en France / Homosexualité : revendication du lobby gay

Ne pas abroger la loi Taubira ? Une stratégie très risquée pour l’UMP

Extrait d'une tribune de Vincent Trémolet de Villers, rédacteur en chef de FigaroVox :

"En vérité, [les responsables de l'UMP] voudraient tous passer à autre chose. Sept mille mariages gays ont été célébrés en 2013 et la crise économique impose, pensent-ils, d'autres urgences. La difficulté pour la droite est que cette loi est beaucoup plus qu'un simple texte législatif.

L'affaire est d'abord symbolique. Depuis 1984, nous n'avions pas vu de telles foules dans la rue contre un projet de loi. Trois manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes, une pétition avec 700 000 signataires: la lutte contre la loi Taubira a fait naître une génération politique. (…) [Sens commun, Fonder demain, les veilleurs… :] ces novices ont leur combat fondateur, leur «Mai 68 conservateur» (Gaël Brustier). Ils ne pourront pas laisser dire que cette mobilisation était vaine et rétrograde. (…)

L'enjeu, ensuite, est idéologique. Il plonge aux racines de la droite. Ne pas abroger ou revenir sur une loi aussi fortement disputée reviendrait à reconnaître un sens de l'histoire. À considérer que la gauche est «le parti de demain». Qu'il lui appartient de faire évoluer la société, quand la droite s'occuperait de la bonne gestion de l'économie et de la sécurité des personnes. Ne pas défaire ce que la précédente majorité a fait confirmerait, une nouvelle fois, la domination culturelle de la gauche. La légalisation de la PMA pour les couples de femmes, puis de la GPA apparaîtrait donc, à terme, comme des progrès inéluctables. (…)

Le score que l'on prête déjà à Marine Le Pen obligerait, dit-on, le candidat de la droite à se recentrer et à devenir un candidat de rassemblement et d'apaisement pour l'emporter largement au deuxième tour de l'élection présidentielle face à la candidate du Front national. Cela reviendrait à sacrifier une partie de l'électorat traditionnel de l'UMP, à la jeter dans les bras de Marine Le Pen (ou des abstentionnistes), pour gagner des suffrages au centre et à gauche. Refaire en grand ce qu'avait été l'ouverture (…) au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. La difficulté est que l'ancien chef de l'État a trouvé, depuis deux ans, ses meilleurs soutiens dans cette droite des valeurs. Peut-il prendre le risque de la décevoir?

Choix symbolique, doctrinal, stratégique: la manifestation du 5 octobre pour la famille et contre la GPA concernera donc moins François Hollande et le gouvernement que la droite et Nicolas Sarkozy."

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