Bannière Salon Beige

Partager cet article

France : Politique en France / Homosexualité : revendication du lobby gay

Monseigneur Grua : Le mariage ne vise pas seulement à gérer les diverses situations affectives, il organise la filiation et la famille.

L'évêque de Saint-Flour signe son éditorial d'octobre sur le projet de loi dénaturant le mariage :

Grua"Le 24 octobre prochain un projet de loi « visant à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe » devrait être présenté au conseil des ministres. Tout laisse à penser qu’il devrait rapidement aboutir sans qu’un réel débat puisse être engagé.

L’opinion publique a été soigneusement préparée !!  La quasi-totalité des grands média populaires considèrent qu’il s’agit là d’une mesure de bon sens dans une société qui veut rejeter toute forme de discriminations. S’y opposer ou se risquer à la contester constituerait presque un délit ! La majorité parlementaire parait acquise. La mesure sera adoptée sans qu’un débat citoyen respectueux permette de confronter les points de vue, de poser les vraies questions, d’entendre les arguments des uns et des autres. La question pourtant mérite mieux que des invectives ou des slogans. Elle pourrait être l’occasion d’une réflexion sur le sens de l’homme et de la société qui nous ferait tous grandir en humanité.

La question posée est une question fondamentale. Elle bouleverse les fondements même de notre société. C’est sans doute la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une société met sur le même plan institutionnel la relation du couple homme-femme et la relation homosexuelle. Même les sociétés les plus compréhensives et accueillantes à ces situations ne sont jamais allées jusque- là. Cette permanence dans le temps et l’espace, dans la diversité des cultures, d’une reconnaissance, institutionnellement et juridiquement marquée, de l’originalité du lien hétérosexuel comme constitutif de la société, devrait faire réfléchir. On s’étonne d’ailleurs que ce ne soit pas ceux qui la remettent en cause qui se trouvent en position de devoir fonder leurs propositions. On aimerait les entendre. Le principe de non-discrimination, d’ailleurs mal posé, ne peut pas être l’alpha et l’oméga d’une argumentation en la matière (…)

Notre société est fondée sur l’altérité, c’est-à-dire la reconnaissance de l’autre comme autre. C’est la voie de l’accomplissement personnel. C’est le moteur de l’histoire et du progrès. La distinction des sexes en est fondatrice. En termes bibliques nous disons que c’est dans le vis-à-vis de l’homme et de la femme que nous reconnaissons l’image de Dieu (Gn 1,27). Relativiser ce principe d’altérité, n’est-ce pas, au-delà de la question précise du mariage ébranler l’un des principes fondateurs de nos sociétés avec des conséquences imprévisibles ?

Notre société légifère généreusement pour répondre aux aspirations et revendications de groupes particuliers. Ne flatte-t-elle pas ainsi le communautarisme aux dépens de repères communs qui font une société dans laquelle tous peuvent se reconnaitre et vivre ensemble ?

Nous sommes aujourd’hui à juste titre très sensibles à la valeur « respect » et à tout ce qui, de près ou de loin, pourrait relever de la discrimination. Mais le vrai respect ne consiste pas à fermer les yeux sur les différences mais à les porter comme telles sans tenter de les réduire à l’identique. Il est vrai que nous n’avons pas su, dans le passé, éviter des stigmatisations scandaleuses. Les personnes homosexuelles ont souffert et l’on peut comprendre leurs revendications d’aujourd’hui. Mais est-ce vraiment respecter leur différence, nous n’avons pas à les juger, que les faire entrer dans le cadre institutionnel du mariage qui n’a pas été pensé pour elles ? Parler de mariage pour tous ne me parait pas respecter les personnes homosexuelles. Le vrai respect ne consisterait-il pas à reconnaitre des situations différentes, éventuellement sanctionnées  dans des institutions différentes ?

Le mariage ne vise pas seulement à gérer les diverses situations affectives des adultes qui le contractent. Il organise la filiation et la famille. La prise de conscience a progressé sur ce point puisque, aujourd’hui, le projet veut clairement lier la question du mariage et celle de la filiation. Mais alors il est légitime de s’interroger : le projet proposé offre-t-il les meilleures chances d’épanouissement pour l’enfant ? Le meilleur pour lui n’est-il pas la présence d’un père et d’une mère ? Et si l’on estimait ne pas avoir de certitude sur ce point, ne faudrait-il pas appliquer le principe de précaution ? Disant cela, je ne jette pas le soupçon sur les qualités éducatives des personnes homosexuelles : elles ne doivent être ni meilleures ni pires que celles de tout un chacun. Je veux parler du rôle symbolique du couple homme-femme dans la construction de l’identité de l’enfant. Les psychologues peuvent nous apporter beaucoup dans cette réflexion. Un débat devrait donc mettre en dialogue tous ceux que cette question concerne, c’est-à-dire nous tous, comme cela a pu s’organiser, et ce ne fut pas sans intérêt, pour l’élaboration des lois de bioéthique. Les philosophes, les psychologues, les psychiatres, les associations familiales, les juristes,  les diverses associations de gays ou lesbiennes, les diverses écoles de pensée, les religions et les églises…beaucoup d’autres encore gagneraient à s’écouter et notre société à les entendre. L’Eglise catholique pour sa part y est prête, dans un esprit de dialogue, riche d’une longue expérience, de son expertise en humanité, d’une profonde réflexion anthropologique éclairée par la révélation biblique".

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

Partager cet article

3 commentaires

  1. Je voudrais bien savoir qui a “souffert” dans le passé ? Françoise Sagan ? Jean Cocteau ? Jean Marais ? Nijinsky ? Colette ?Mlle Chanel ? Nombre d’écrivains célèbres ?
    Tous ces gens ont bien vécu et n’ont pas du tout souffert à cause de nous ! Toujours ce culte de la repentance …

  2. A force de vouloir se disculper du péché d’homophobie, faut-il renoncer à défendre la vérité, pour un catholique, du plan de Dieu sur la mariage ? Heureusement que Benoît XVI, par ses textes limpides, reste un guide sûr pour éduquer les enfants à la vérité dans la charité, à l’écart de tant de “confiture spirituelle”.

  3. Le mariage, en tant que contrat et institution, est dans un tel état de délabrement aujourd’hui que, avant de se poser la question du mariage homosexuel, il serait bon de se poser celle du mariage tout-court. Mais pour nos “élites”, c’est sans doute trop tard et, surtout, trop difficile.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services