Bannière Salon Beige

Partager cet article

L'Eglise : L'Eglise en France / Pro-vie

Monseigneur d’Ornellas : ” l’embryon humain n’est pas une chose. Il appartient à l’ordre de la personne”.

Monseigneur Pierre d'Ornellas est archevêque de Rennes et aussi coordinateur du groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique. Il répondait aux questions du JDD sur le projet de loi qui sera débattu au début de l'année prochaine :

Dor "Je salue des améliorations, mais ce projet semble encore trop à la remorque d’intérêts de certains chercheurs. Le gouvernement propose de considérer le sang de cordon ombilical et le sang placentaire comme une ressource thérapeutique. Il veut en favoriser le recueil et la conservation pour servir aux soins de façon solidaire tout en gardant la possibilité de soigner l’enfant de ce cordon ou un membre de sa famille quand la nécessité est avérée. Par ailleurs, le gouvernement prend en considération l’intérêt de l’enfant en envisageant la levée de l’anonymat dans le cadre de la procréation médicalement assistée avec don de gamètes, en lui permettant l’accès à l’identité du donneur. Mais cette levée de l’anonymat engendre des questions insolubles, contraires à l’intérêt de l’enfant qui, pourtant, est primordial. Est-il juste de continuer à recourir au don de gamètes, c’est-à-dire de le faire naître en divisant sa filiation? L’enfant était le grand absent des deux précédentes lois de bioéthique. Les possibilités de la science ont primé jusqu’à présent" (…)

Avoir créé un être humain en dehors du corps de la femme fut un événement sismique. A-t-on suffisamment réfléchi à ce que cela signifiait, au pouvoir que l’homme se donnait en fabriquant un être humain dans une éprouvette? Aujourd’hui, ce pouvoir est un lieu de fantasmes. On va choisir les caractères génétiques de son enfant : les yeux bleus ou les cheveux bruns. Le risque de dérive eugéniste et de marchandisation est considérable. Il y a des pays où l’on vend des gamètes! (…)

Cette congélation est un manque de respect pour l’être humain. Il y a une contradiction fondamentale dont on ne peut se satisfaire : les PMA sont faites pour donner la vie, or elles aboutissent souvent à la destruction de la vie des embryons. L’Allemagne et l’Italie interdisent la congélation d’embryons, pourquoi pas la France? (…)

La mission de la loi civile est d’organiser la protection des plus vulnérables. Qu’on le veuille ou non, l’embryon humain n’est pas une chose. Il appartient à l’ordre de la personne. Mépriser le plus petit, c’est ouvrir la porte à l’inquiétude. Les législateurs serontils conscients que se joue un enjeu d’humanité avec cette loi? S’ils cèdent sur cet aspect, la loi sera-telle capable de protéger l’humanité de la société? (…)

Les diagnostics chez une femme enceinte engendrent de l’anxiété. Pourquoi faut-il qu’il soit obligatoire de tous les proposer? Attendre un enfant, c’est une bonne nouvelle pour la société et non une source de problèmes potentiels". 

Partager cet article

4 commentaires

  1. Je signale cette conférence sur la bioéthique de Mgr d’Ornellas pour le synode des Yvelines organisé par Mgr Aumonier :
    http://www.synode.catholique78.fr/participation/lequipe-synodale/videos-du-synode

  2. “l’embryon humain n’est pas une chose. Il appartient à l’ordre de la personne”
    [Relisez Saint Thomas d’Aquin sur l’intervention divine dans la conception, sur le moment où l’âme est réellement présente, etc. et revenez déposer un commentaire qui sera je pense un peu moins péremptoire.
    Lahire]

  3. Oui, Monseigneur. Mais ne dites pas, au début du 2°§ : “Avoir créé un être….”.
    La rigueur de la pensée est ici de mise, il me semble.
    L’observation fine permet de dire que ni les parents ni les manipulateurs ne créent, à proprement parler, ils ne font que réaliser la jonction matérielle de deux gamètes. Il serait bon que ce fut dit et d’insister pour souligner que c’est Dieu qui crée un nouvel humain et qu’Il est le seul à pouvoir le faire, même dans des conditions de laboratoire.
    Il ne se déjuge pas de ses dons… “Maxime liberalis !”
    Il faut donner aux Péchanski des chances pour qu’ils en prennent conscience…

  4. “Qu’on le veuille ou non, l’embryon humain n’est pas une chose. Il appartient à l’ordre de la personne”.
    La phrase est ambigüe : l’embryon est bien un être humain à part entière et peut donc être dit une “personne” au sens strict même s’il n’a pas toutes les facultés et organes en acte d’une personne (ici la question de l’animation médiate ou immédiate n’est pas essentiel).
    Que veut donc dire “appartient à l’ordre de la personne” ? Le risque d’une telle formule est de rejoindre la juris prudence européenne : l’embryon n’est ni une chose ni une personne, mais on lui doit un respect particulier… Monseigneur d’Ornellas a parfois des expressions qui manquent de précision dans ces domaines délicats.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services
[name="url"]
[name="url"]