Moindre mal, moindre pire : Rémi Fontaine répond à Bernard Antony

C'est dans Présent d'aujourd'hui :

"(…) En distinguant ainsi entre moindre mal (Marine) et moindre pire (Sarkozy), il s’agit pourtant de récuser surtout une dialectique empoisonnée qu’on nous ressert à chaque élection, qui fait que des catholiques (…) préfèrent voter dès le premier tour pour ceux qui ont voté ostensiblement pour l’avortement (Giscard, Chirac, Sarkozy) plutôt qu’un(e) Le Pen par exemple, afin soi-disant d’éviter habilement le pire (Mitterrand, Royal, Hollande). Empêcher aujourd’hui « un 21 avril 2002 à l’envers » (Hollande-Marine au second tour au lieu de Chirac-Le Pen) supposé en l’occurrence donner la victoire au pire : Hollande ! Ces cathos pensent certes pouvoir sauver de la sorte leur confort (leurs biens) et différer la persécution et les lois contre-nature (de « deux ans », selon le dernier Daoudal-Hebdo !) mais en affaiblissant volontairement l’alternative et les chances d’un vrai moindre mal (arrêtant et inversant la progression perverse de ces lois). C’est comme si on optait pour l’euthanasie passive plutôt que l’euthanasie active en rejetant d’emblée la solution morale des soins palliatifs !

Sans trop spéculer sur des pronostics électoraux (…), il dépend de nous, si possible, d’alléger la douleur de la France en favorisant le meilleur candidat possible pour le bien commun national, selon ce principe politique de moindre mal et de tolérance civile (…). Mais il ne nous est pas autorisé de favoriser (dès le premier tour !) un candidat et un programme engagés dans l’aggravation des transgressions de la loi naturelle, au motif qu’ils le seraient un peu moins que d’autres (plus « à gauche ») dont on craint le succès. Entre un moralisme politique outrancièrement abstentionniste (…) et un machiavélisme sans scrupules (…) tout aussi condamnables, c’est ainsi, nous semble-t-il, qu’on peut faire chrétiennement un usage à la fois habile et honnête du vote républicain autant qu’on puisse en juger en cette matière prudentielle. N’est-ce pas aussi, d’ailleurs, la limite du fameux « compromis nationaliste » ?

Sans cette distinction entre moindre mal et moindre pire, fondée politiquement (par analogie) sur un principe de philosophie morale (…) qui n’est assurément pas le fruit d’un « débat pilpoul », on voit mal comment on pourrait donner tort à ces très pragmatiques sarko-cathos, comme l’a fait jusqu’à présent notre ami président de l’Institut du Pays libre qui n’entend pas cependant « chipoter » sur ces débats, tout en donnant sa notation aiguë sur les candidats. Le désarroi de son communiqué plutôt normand (…) ne justifie pas cette caricature trop facile d’une position raisonnable, plus tranchée en l’occurrence que la sienne.

Parmi les membres de « la famille » (…) qui rejettent (…) cette interprétation relative à Marine Le Pen (comme représentante légitime d’un moindre mal positif), j’observe simplement que la plupart évitent évidemment de donner des consignes de vote, mais anticipent en quelque sorte sur le second tour (ou le confondent indistinctement avec le premier) (…)"

Intégralité de l'article ci-dessous.


Pour appuyer cette « opinion », je me suis simplement servi – on peut en discuter – d’un critère de morale politique – à la suite entre autres du P. Jean-Miguel Garrigues dans La politique du meilleur possible (Mame, 1995) – afin d’éclairer un débat sur le comportement des catholiques en matière de vote politique à la lumière notamment des principes « non négociables » (Présent des 4 et 11 avril). Sans en discuter le fond, un communiqué de Bernard Antony vient comparer cela ironiquement à du « néo-talmudisme catholique » !

En distinguant ainsi entre moindre mal (Marine) et moindre pire (Sarkozy), il s’agit pourtant de récuser surtout une dialectique empoisonnée qu’on nous ressert à chaque élection, qui fait que des catholiques (jusque chez les « tradis ») préfèrent voter dès le premier tour pour ceux qui ont voté ostensiblement pour l’avortement (Giscard, Chirac, Sarkozy) plutôt qu’un(e) Le Pen par exemple, afin soi-disant d’éviter habilement le pire (Mitterrand, Royal, Hollande). Empêcher aujourd’hui « un 21 avril 2002 à l’envers » (Hollande-Marine au second tour au lieu de Chirac-Le Pen) supposé en l’occurrence donner la victoire au pire : Hollande ! Ces cathos pensent certes pouvoir sauver de la sorte leur confort (leurs biens) et différer la persécution et les lois contre-nature (de « deux ans », selon le dernier Daoudal-Hebdo !) mais en affaiblissant volontairement l’alternative et les chances d’un vrai moindre mal (arrêtant et inversant la progression perverse de ces lois). C’est comme si on optait pour l’euthanasie passive plutôt que l’euthanasie active en rejetant d’emblée la solution morale des soins palliatifs !

Sans trop spéculer sur des pronostics électoraux (dictés surtout par la manipulation des sondages servant une fausse bipolarisation), il dépend de nous, si possible, d’alléger la douleur de la France en favorisant le meilleur candidat possible pour le bien commun national, selon ce principe politique de moindre mal et de tolérance civile (capable néanmoins de contrer globalement la progression du mal sur quelques points essentiels). Mais il ne nous est pas autorisé de favoriser (dès le premier tour !) un candidat et un programme engagés dans l’aggravation des transgressions de la loi naturelle, au motif qu’ils le seraient un peu moins que d’autres (plus « à gauche ») dont on craint le succès. Entre un moralisme politique outrancièrement abstentionniste (« Ils ont les mains propres mais ils n’ont pas de mains ») et un machiavélisme sans scrupules (« La fin justifie les moyens ») tout aussi condamnables, c’est ainsi, nous semble-t-il, qu’on peut faire chrétiennement un usage à la fois habile et honnête du vote républicain autant qu’on puisse en juger en cette matière prudentielle. N’est-ce pas aussi, d’ailleurs, la limite du fameux « compromis nationaliste » ?

Sans cette distinction entre moindre mal et moindre pire, fondée politiquement (par analogie) sur un principe de philosophie morale (« l’acte à double effet » : cf. Présent du 4 avril) qui n’est assurément pas le fruit d’un « débat pilpoul », on voit mal comment on pourrait donner tort à ces très pragmatiques sarko-cathos, comme l’a fait jusqu’à présent notre ami président de l’Institut du Pays libre qui n’entend pas cependant « chipoter » sur ces débats, tout en donnant sa notation aiguë sur les candidats. Le désarroi de son communiqué plutôt

9 réflexions au sujet de « Moindre mal, moindre pire : Rémi Fontaine répond à Bernard Antony »

  1. Antoine Vaudey

    Cela fait des décennies que nous nous faisons gruger par les Giscard, Chirac et autres Sarko, pour ne pas avoir à voter pour leurs faux ennemis.
    Les marchés et les technocrates Européens nous dictent une loi impitoyable devant laquelle nos dirigeants et leurs pseudo-opposants rampent où s’apprêtent à le faire.
    Que nous votions Sarko ou Hollande, nous serons essorés de la même manière, nous qui n’avons ni les moyens ni l’envie de nous réfugier en Suisse.
    L’islam est à nos portes, et par le biais du droit du sol, la tendance n’est pas prêt de s’inverser.
    Et nous, nous sommes là comme les Byzantins sur leurs remparts à discuter du moindre pire et du moindre mal.
    Alors plutôt que de nous interroger sans fin sur cette fausse question, votons pour celle qui n’est ni un moindre pire, ni un moindre mal, mais simplement la plus proche de nous, que nous le voulions ou non.

  2. Olivier M

    Voter Sarko pour ne pas faire élire Hollande est une absurdité pour un catholqiue.
    D’abord un catholique ne peut et ne doit jamais voter pour un promotteur de l’avortement, ce qu’est plus que jamais Sarkozy.
    Ensuite les catholiques feraient bien de se souvenir que Sarkozy est l’unique homme d’Etat, à ma connaissance, à avoir accepté en toute connaissance de cause…un pédophile avoué à son gouvernement! Qui veut voter pour ça? Qui ose?!!!
    Enfin Sarkozy ou Hollande, il n’y a pas de choix car c’est la même clique pourrie jusqu’à la moelle, de la République des malettes à l’homopholie (les lois “anti-homophobes” ont toutes été promulguées par le RPR et l’UMP), copains et coquins mondialistes ayant vendu la France à l’étranger sans vergogne.
    Un catholique qui vote Sarkozy n’est pas un catholique, c’est un menteur.

  3. clovis

    Ces débats sans fins sont exténuants et stériles. Nous sommes au premier tour. Un catho éliminera d’entrée Hollande et ses suivants d’extrême gauche: tous aggraveraient la situation en ce qui concerne les PNN. Il en reste quatre ou cinq que B. Antony a analysés aussi objectivement que possible. Marine Le Pen sort avec 20/40 et une bonne – quoique faible – marque pour les PNN, devant NDA qui est à 14/20. C’est elle qui est le plus proche de nous comme le dit si bien Antoine Vaudey ci-dessus. Votons pour elle.
    On peut se faire plaisir en discutant éternellement des moindre ceci ou cela, mais ça sert à quoi en pratique pour Dimanche prochain.
    D’après un institut de sondage anglo saxon le premier tour donnerait: Hollande 27%, Marine 22% (source Radio Courtoisie). Je pense que ce pronostic est plus réaliste que ceux qu’on présente en France. Dans ce cas c’est un immense espoir qui s’élèvera chez les Français et chez les cathos français car MLP, elle, proclame les racines chrétiennes de la France, et elle est la seule à vouloir arrêter la dérive sur l’avortement, elle s’oppose au mariage homosexuel, elle envisage le chèque éducation, et elle soutient la famille. Si nous ne la soutenons pas nous sommes des hypocrites ou des Ponce Pilate.

  4. dragases

    Si nous avons le choix entre Hollande et Sarkosy,il faudra hélas voter pour le moins pire…Et c’est Sarkosy…sinon nous aurons les manipulations génétiques,l’élargissement de l’IVG,l’Euthanasie,le droit de vote pour les immigrés…La politique du pire est anti-catho!

  5. clovis

    A dragases: nous n’en sommes pas là. Dimanche c’est le premier tour, pas le second qu’on veut nous imposer! Le choix n’est pas entre ces deux là mais, pour un catho, il y a MLP Dimanche à choisir pour qu’elle soit présente au deuxième.

  6. Calimero

    On s’y perd, hier sur RCF débat avec les patrons de Emmaüs, Secours catholique , La Cimade.
    Uniquement des arguments concernant leurs spécifités propres. A tel point qu’un auditeur leur a rappelé si l’euthanasie et l’avortement étaient des questions négligeables.Le représentant d’Emmaüs a répondu que c’était bien de garantir la naissance de l’enfant, à condition de lui assurer par la suite ainsi qu’à sa mère les conditions de vie décente ( j’écris de mémoire ce que j’ai compris).
    L’animatrice a du être choquée car elle a demandé si c’était un blanc seing pour l’avortement?
    Bien sûr que non…
    En réalité l’avortement est un sujet trop explosif pour les catholiques qui ont des engagements sociaux ( Associatifs ou politiques).

  7. yb

    Baser un discernement uniquement sur un froid calcul des consequences et donc refuser de qualifier la moralité d’un acte s’appelle le “proportionnalisme”. Il est condamné dans l’encyclique Veritatis splendor au paragraphe 79. Ce
    Je soutiens Remi Fontaine, et citerai pour cela Paul VI qui dans Humanae Vitae, au 14 enseigne:
    ” En vérité, s’il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d’éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien (cf.. Rm 3, 8), c’est-à-dire de prendre comme objet d’un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec I’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux ”
    Le vote de moindre mal parait necessaire au deuxième tour, mais un vote respectueux des points non-négociable — peut-être blanc — au premier tour me semble requis.
    J’encourage vivement à la lecture du chapitre II, section IV de Veritatis Splendor.

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