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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Miséricorde et conversion : vérité et subjectivisme

Chiesa cite quelques autres extraits du livre du cardinal Sarah, Dieu ou rien (424 pages) :

Désormais, il n'est pas faux de considérer qu'il existe une forme de refus des dogmes de l'Église, ou une distance croissante entre les hommes, les fidèles et les dogmes. Sur la question du mariage, il existe un fossé entre un certain monde et l'Église. La question devient fort simple : le monde doit-il changer d'attitude ou l'Église sa fidélité à Dieu ? Car si les fidèles aiment encore l'Église et le pape, mais qu'ils n'appliquent pas sa doctrine, en ne changeant rien dans leurs vies, même après être venus écouter le successeur de Pierre à Rome, comment envisager l'avenir ?

Beaucoup de fidèles se réjouissent d'entendre parler de la miséricorde divine et ils espèrent que la radicalité de l'Évangile pourrait s'assouplir même en faveur de ceux qui ont fait le choix de vivre en rupture avec l'amour crucifié de Jésus. Ils estiment qu'à cause de l'infinie bonté du Seigneur tout est possible, même en décidant de ne rien changer de leur vie. Pour beaucoup, il est normal que Dieu déverse sur eux sa miséricorde alors qu'ils demeurent dans le péché. Ils n'imaginent pas que la lumière et les ténèbres ne peuvent coexister, malgré les multiples rappels de saint Paul : "Que dire alors ? Qu'il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie ? Certes non !" […]

Cette confusion demande des réponses rapides. L'Église ne peut plus avancer comme si la réalité n'existait pas : elle ne peut plus se contenter d'enthousiasmes éphémères, qui durent l'espace de grandes rencontres ou d'assemblées liturgiques, si belles et riches soient-elles. Nous ne pourrons pas longtemps faire l'économie d'une réflexion pratique sur le subjectivisme en tant que racine de la majeure partie des erreurs actuelles. À quoi sert-il de savoir que le compte twitter du pape est suivi par des centaines de milliers de personnes si les hommes ne changent pas concrètement leur vie ? À quoi sert-il d'aligner les chiffres mirifiques des foules qui se pressent devant les papes si nous ne sommes pas certains que les conversions sont réelles et profondes ? […]

Face à la vague de subjectivisme qui semble emporter le monde, les hommes d'Église doivent prendre garde de nier la réalité en s'enivrant d'apparences et de gloire trompeuses. […] Pour engager un changement radical de la vie concrète, l'enseignement de Jésus et de l'Église doit atteindre le cœur de l'homme. Il y a deux millénaires, les apôtres ont suivi le Christ. Ils ont tout quitté et leur existence n'a plus jamais été la même. Aujourd'hui encore, le chemin des apôtres est un modèle.

L'Église doit retrouver une vision. Si son enseignement n'est pas compris, elle ne doit pas craindre de remettre cent fois son ouvrage sur le métier. Il ne s'agit pas d'amollir les exigences de l'Évangile ou de changer la doctrine de Jésus et des apôtres pour s'adapter aux modes évanescentes, mais de nous remettre radicalement en cause sur la manière dont nous-mêmes vivons l'Évangile de Jésus et présentons le dogme."

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