Rappels sur les prérogatives propres aux évêques et aux conférences épiscopales

L'agence Fides de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, retransmet un article qui précise clairement plusieurs points capitaux qui ont pu troubler nombre de catholiques, surtout dans les affaires récentes qui ont secoué l'Eglise.
Ces mises au point méritent toute l'attention des pasteurs et des fidèles :
  • Autorité et hiérarchie dans l'Église :
"Dire à l’autorité tout ce que nous pensons, et faire tout ce que veut
l’autorité. C’est là le secret de l’unité catholique des Evêques avec
le Pape, à laquelle aucune des formes où s’exprime la collégialité ne
peut déroger. Et moins encore celle de la Conférence Épiscopale.
La
parole vient du verbe « conferre » qui veut dire « apporter ensemble ».
Cela suppose donc un organisme fait d’une tête et de membres où chacun
a sa part à remplir, dans la pleine conscience de la responsabilité
différente de chacun : la responsabilité personnelle des Évêques est
particulière
, et ne peut pas même être comparée à la responsabilité
personnelle du Pape, qui est universelle".

  • L'autorité universelle du Pape :
"Certains voudraient en revanche que le Pape ne fasse rien sans avoir
réuni auparavant tel ou tel organisme.
Mais, lui aussi est un Évêque,
avec un pouvoir ordinaire, avec cette différence que, parmi les membres
du corps, il a une fonction « capitale », parce qu’elle correspond à la
tête, et ne peut donc s’intéresser seulement de soi mais de tout le
corps, afin que la communion soit organique. La « communio » de
l’Eglise n’est pas vague ou spirituelle, mais hiérarchique et
catholique
".

  • La place des conférences épiscopales :
"Si le Concile a déclaré que le Pape et l’Evêque étaient le principe
visible et le fondement respectivement de l’unité universelle et de
l’unité particulière, cela veut dire que les Conférences Episcopales
vivent uniquement de cet apport, et ne peuvent se substituer en aucune
manière à la Primauté de l’Evêque de Rome, ni à l’autorité de chaque
Evêque, étant donné que eux seuls sont d’institution divine,
c’est-à-dire, voulus par Jésus-Christ.

Les institutions
super-épiscopales, comme le Patriarcat et les Sièges Métropolitains, et
les Conférences Épiscopales elles-mêmes, sont de droit ecclésiastique
positif et, en conséquence, ne sont jamais supérieures à l’autorité
épiscopale ordinaire
; très utiles pour exercer la dimension collégiale
du gouvernement épiscopal, même si elles sont limitées par plusieurs
fonctions, elles restent auxiliaires, et en respect subordonné à la
fonction épiscopale dans l’Eglise, parce que le Collège Épiscopal est
indivisible
(Jean Paul II, « Pastores gregis », 63). Le Motu Proprio «
Apostolos suos » rappelle aussi qu’elles n’ont pas de prérogatives
doctrinales, mais servent à coordonner le travail apostolique dans une
région
".

  • Les fidèles dans les cas affichés de dissension:
"Les fidèles se scandalisent quand ils constatent la dissension des
Conférences Episcopales et de certains de leurs membres, avec le Siège
apostolique
– presque un phénomène de néo-gallicanisme – parce que
l’obéissance au Pasteur Suprême visible est le propre de la foi
catholique authentique
".

Primauté de l'évêque de Rome; autorité et responsabilité personnelle des évêques descendants des apôtres; indivisibilité du collège des évêques autour du Saint-Siège; fonction locale de coordination sans prérogative doctrinale des conférences épiscopales ; obéissance première à Rome pour tous (même pour les laïcs) : ces rappels sont les bienvenus dans les circonstances actuelles.

Lahire

Une réflexion au sujet de « Rappels sur les prérogatives propres aux évêques et aux conférences épiscopales »

  1. L. Chéron

    … un peu lassé d’entendre sempiternellement repris depuis quelques temps le terme de “gallicanisme”, comme s’il s’agissait d’une doctrine identifiée et répertoriée dans l’Eglise.
    Alors rappelons encore qu’on commet trop souvent un contre-sens en usant du terme “gallican”, surtout à propos de l’Ancien régime. Au XVIIe-XVIIIe siècle, il ne s’agit pas d’une catégorie partisane, mais d’une institution objective. Jusqu’à la Révolution, l’église gallicane, c’est tout simplement l’église de France, c’est-à-dire pour faire simple, celle régie selon les dispositions du concordat de Bologne. Quant au “gallicanisme”, c’est une expression qui n’apparaît pas avant le XIXe siècle, soit après la disparition de l’église gallicane. Le concept que recouvre ce mot joue certes un rôle avant 1789. On peut y rattacher, pour le moins, le souci ombrageux manifesté l’épiscopat et plus encore certains légistes, parlementaires, ou même le roi, de protéger l’autonomie interne de l’église gallicane, ou les prérogatives de la couronne sur cette église, contre les prétentions du siège romain. Cela a pu conduire à des querelles ecclésiologiques, par exemple autour de la Déclaration des quatre articles sous Louis XIV. Rappelons quand même que ni le Très Chrétien, ni Bossuet ne furent en cette affaire taxés d’hérésie ni excommuniés.

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