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France : Politique en France

Migrants : la charité chrétienne est bien plus subtile que “l’humanitarisme”

Extrait d'une réflexion d'Henri Hude :

"La religion chrétienne est quelque chose de sérieux, de raisonnable et de juste. Le primat de la charité (= de l’amour surnaturel), dans l’enseignement classique de la théologie catholique, ne cause aucun dommage à la justice et ne remplace en aucune façon la prudence (l’excellence de la raison pratique) par un sentimentalisme irrationnel. En termes précis, la charité chrétienne n’est pas une vertu spéciale, mais "la forme de toutes les vertus." On peut décider telle fois qu’il est prudent de punir, et telle fois de se montrer clément ; ou qu’il faut ici dépenser, ou au contraire ménager la dépense. Et c’est avec la même charité qu’on devra accomplir des actes matériellement différents, voire opposés. Ainsi, quoi qu’on fasse, y compris une guerre juste, il s’agit pour un vrai chrétien de tout faire avec amour surnaturel et bien sûr sans commettre aucune injustice.

C’est pour cela que la charité chrétienne ne prescrit aucune politique particulière, bien qu’elle prescrive de faire, dans cet esprit d’amour universel et surnaturel, la meilleure politique possible.
Parfois, la prudence peut déterminer qu’il est juste de faire la guerre et en ce cas, la charité chrétienne va consister à faire par charité ou avec charité une guerre juste. Mais faire la guerre reste d’abord, et même alors, un acte de justice et de prudence, ordonné au rétablissement de la paix et à la sauvegarde du bien commun. De même, il est possible d’ouvrir les frontières par charité et de les fermer par charité. S’il y a vingt places sur un canot de sauvetage, ce n’est pas de la charité mais du suicide que de vouloir y faire monter cinquante personnes. Et ce n’est pas non plus la charité de la part du naufragé, que de vouloir y monter de force, s’il est surnuméraire. C’est à la prudence de juger et à la charité de donner forme d’amour à ces divers actes de la prudence.
C’est pourquoi une charité authentique doit avoir un contenu, une matière d’actes prudents et justes, formant une politique digne de ce nom. La charité sans matière ne serait qu’une forme vide, dont on déduirait arbitrairement n’importe quelle imprudence ou injustice. L’humanitarisme comporte assez souvent un tel défaut.

Est-il besoin de rappeler que les choix politiques du Saint-Père ne sont ni l’enseignement infaillible, ni même le Magistère ordinaire, et n’imposent aux chrétiens aucune adhésion de foi ? Toutefois, ces jugements prudentiels qui sont les siens se fondent sur des principes concernant les mœurs, qui eux relèvent du jugement de foi. En outre, restant sauve la liberté de dissentiment respectueux, il est juste et il est prudent de prêter une déférente attention au pape aussi dans ces matières plus contingentes, étant donnés la qualité de l’information dont dispose un pape, la hauteur de vues et le recul donnés par une tradition bimillénaire, et la dignité morale du siège apostolique.

En ce qui concerne la position du Saint Père sur cette question, Henri Hude la résume ainsi :

"1° il faut bloquer l’Etat islamiste ;
2° être activement charitable avec ses victimes ;
3° dans l’exercice de cette charité, garder la circonspection et la prévoyance requises en temps de guerre."

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