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Homosexualité : revendication du lobby gay / L'Eglise : L'Eglise en France

Mgr Ginoux : le mariage n’est pas la reconnaissance de pratiques sexuelles

Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, s'exprime sur la famille :

G"Depuis quelques mois, la France, en
pleine crise économique et en crise de sens, est agitée par la volonté
de ses gouvernants de répondre aux engagements pris durant la campagne
électorale. L’un de ces
engagements était de réviser le Code civil pour ouvrir le mariage aux
personnes du même sexe. Cette décision, motivée par ce qui serait une «
discrimination » pour les personnes homosexuelles voulant s’unir devant
la loi, n’est pas seulement l’adaptation de la loi à certaines
situations, elle est volontairement un bouleversement des fondements de
la société
. De plus, ce projet de loi prévoit la possibilité d’adopter
pour les couples de même sexe. Or, que devient, dans ce cas, la parenté,
la filiation ? Comment refuser à un enfant d’être élevé par un père et
une mère ? Ce sera aussi de la « discrimination » vis-à-vis de cet
enfant !
C’est pour cette raison que nous sommes tous concernés et que
nous devons demander une réflexion de tous les citoyens.

Le mariage fondateur
Si
l’on accepte que la nature crée les êtres sexués, qu’il faut un être
masculin et un être féminin pour transmettre la vie et que l’enfant est
le produit de l’union physique d’un homme et d’une femme, la notion du
mariage se comprend comme la reconnaissance devant la société de leur
union
. Le mariage est la garantie de la vie commune des époux, de leur
statut de parents et de la filiation de leurs enfants. Cette institution
immémoriale n’a jamais varié parce qu’elle permet d’assurer les bases
de la société et, en particulier, celle de la filiation
. Elle donne un
statut, une reconnaissance à l’enfant. Devant la loi civile, elle est
aussi significative de l’engagement que prennent l’un envers l’autre les
époux, dans le respect de chacun et la reconnaissance de la filiation.
Le mariage constitue la base de la société et la protection juridique
des enfants. Beaucoup au XXè siècle ont dénigré le mariage pour vivre «
l’amour libre ». C’était en même temps un refus d’embourgeoisement, de
conformisme social et une affirmation du primat de l’affectif. Le
mariage était cependant lié à l’union du masculin et du féminin.

Le mariage entre personnes homosexuelles
Madame
la ministre de la Justice a déclaré que ce type d’union était une «
exigence d’égalité ». Or, l’égalité n’est en rien la similitude :
l’égalité est toujours à rechercher mais selon la nature propre de
chacun, homme ou femme
. Le mariage, tel que la loi civile le reconnaît,
est-il adaptable à tous les cas ? Deux personnes qui s’aiment ne sont
pas pour autant appelées au mariage car celui-ci n’est pas la
reconnaissance officielle des sentiments ni des pratiques sexuelles
. Il
s’agit là de choix individuels que la société n’a pas à légaliser.
D’ailleurs, d’autres choix se pratiquent mais faudrait-il aussi leur
accorder le droit au mariage ? Des mesures politiques de reconnaissance
d’unions de fait peuvent se comprendre mais le mariage n’est pas qu’un
contrat.

L’adoption
L’union
de deux personnes de même sexe ne peut seule rendre réelle la
procréation, il faut un tiers. Même si dans un couple homosexuel l’un
des deux est naturellement père ou mère, l’autre n’a pas de statut par
rapport à l’enfant. Le mariage n’en fera pas pour autant un autre père
ou une autre mère. Si un célibataire, homme ou femme, peut adopter un
enfant, son partenaire sexuel n’est pas non plus un autre père ou une
autre mère. L’adoption – avec raison – reprend les critères homme –
femme. Mais la volonté de justifier l’adoption par deux personnes de
même sexe comme adoptants – conjoints est aussi liée à toute la pratique
des techniques de procréation et de la gestation pour autrui (mères –
porteuses). Il reste que tout enfant a un père et une mère biologiques
et qu’il a le droit de les connaître et de vivre avec eux. L’adoption
existe pour donner des parents à un orphelin ou à un enfant abandonné et
non pas pour satisfaire les désirs individuels. C’est le bien de
l’enfant qui est premier.
L’actualité fait de cette question de société une urgence.

Pourquoi l’Eglise catholique s’en préoccupe-t-elle ?
Assurément
pas pour s’assurer les faveurs des medias, ni pour attirer des fidèles !
Elle reçoit, au contraire, attaques et invectives. Il s’agit du devenir
de notre société et des impasses qu’elle risque de prendre. De toute
cette réflexion je n’ai pas eu besoin de m’appuyer sur l’enseignement de
l’Eglise mais sur les réalités de l’humanité. C’est au nom de ce
principe qu’avec de nombreux humanistes nous demandons un large débat et
je vous invite à faire entendre votre voix comme citoyens d’un pays
libre."

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