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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Mgr David : le nouvel archevêque de Monaco appelle à la fidélité

Mgr David : le nouvel archevêque de Monaco appelle à la fidélité

Il a été nommé par le Pape François le 21 janvier 2020. Ordonné le 8 mars, il a été confiné une semaine après, comme tous les monégasques. Sorti du confinement, le 4 mai, sa mission ne fait que commencer. Dans le 2è état le plus petit du monde, après le Vatican, sur le Rocher, le 13è archevêque de la Principauté nous reçoit pour nous parler de lui, de sa vocation et de sa nouvelle mission. Un entretien réalisé par Antoine Bordier :

Bonjour Mgr David, comment allez-vous ? Comment s’est passé votre confinement ?

J’étais ici, à l’archevêché. Ce moment était inédit pour moi. A peine consacré, j’ai vécu cette épreuve comme un temps de retraite. Tous les jours, je célébrais la Messe et j’étais connecté avec le peuple de Dieu. Il y avait des temps de prières à la cathédrale. Je gardais contact, avec les précautions requises. Je vais, maintenant, aller sur le terrain. J’aime bien cette phrase de la Bible : « « Seigneur, sois le rocher qui m’accueille, toujours accessible ». Je veux être accessible à tous.

Lors de votre ordination, vous avez choisi cette devise épiscopale : « Il est fidèle celui qui vous appelle ». Est- ce qu’elle vous définit ? Et, pouvez-vous vous présenter ?

Oui, cette devise me définit et annonce, déjà, la mission que je veux vivre. J’ai moi-même expérimenté la fidélité de Dieu. Et, dès ma jeunesse, dans ma famille, en milieu scolaire et universitaire, j’ai essayé d’être fidèle à mes engagements. Je suis originaire du Maine-et-Loire. Je suis né le 21 septembre 1963 à Beaupréau. Je suis l’aîné d’une fratrie de trois garçons. J’ai vécu toute mon enfance à Roussay, dans une famille de culture catholique. Mes parents sont restés fidèles à la pratique religieuse. Mon père était enseignant dans une école catholique. Ma famille m’a permis d’enraciner ma foi et de la pratiquer. Au lycée, vers l’âge de 15 ans, j’ai découvert les groupes de prières du Renouveau. Après mon bac, en 1980, j’ai vécu ma première session de l’Emmanuel à Paray-le-Monial. Elle a été un moment-clé pour la suite.

Lors de cette session vous faites une rencontre personnelle avec le Christ, vous avez alors 17 ans. Pendant votre adolescence, vous n’avez jamais remis en doute votre foi et votre pratique religieuse ?

Non, par la miséricorde de Dieu. De fait, j’ai toujours eu des relais d’engagement. J’animais des célébrations de profession de foi. Dans notre famille, aussi, on chantait dans la chorale de la paroisse. Le fait d’être actif, d’être animateur dans l’Eglise a nourri ma foi, mon engagement. Mais, j’étais comme tous les autres adolescents, insouciants, et épris de liberté. Il est vrai que si l’on m’avait dit : « fais gaffe, tu es animateur de confirmation, un jour tu seras archevêque », je serais, peut-être parti en courant (rires). Aujourd’hui, je reste persuadé que les jeunes sont les premiers évangélisateurs des jeunes. En 1980, à Paray-le-Monial, j’ai fait une rencontre personnelle, bouleversante, avec le Christ, qui a été pour moi comme une nouvelle conversion.

Après cette rencontre, vous ne rentrez pas au séminaire, et, vous commencez des études universitaires à Angers. C’est le 15 août 1983 que l’appel à suivre totalement le Christ vous rattrape. Que s’est-il passé ?

Oui, en 1980, je n’avais pas reçu d’appel spécifique. J’ai rencontré le Christ, et, j’ai expérimenté Sa présence. Puis, j’ai continué à vivre comme un étudiant. Je me suis engagé davantage, et, je suis entré dans la Communauté de l’Emmanuel. J’ai fait une licence de Philologie anglaise à l’Université catholique d’Angers. Ma certitude, c’était de dire : que tout ce que j’avais reçu au niveau de la foi, c’est le Christ qui me l’avait donné. A Lourdes, enfin, le 15 août 1983, je reçois l’appel. Le pape Jean-Paul II devait y venir en 1981, mais il y a eu l’attentat dont il a réchappé. Il est venu deux ans plus tard. Dans l’Emmanuel, j’avais découvert la beauté de toutes les vocations. Et, tout me faisait envie ! Le 15 août 1983, j’ai choisi de devenir prêtre en toute liberté. Notre fondateur, Pierre Goursat, était-là. Je lui ai posé la question de ma vocation. Il m’a répondu : « ce n’est pas compliqué du tout. Le Seigneur va te le montrer. Ce sera très simple. » Lors de la veillée avec le pape dans la Basilique Saint-Pie X, les choses sont devenues lumineuses et simples.

Vous avez commencé votre formation en 1985, et, vous avez été ordonné prêtre le 29 juin 1991, à la cathédrale de Nantes, comme membre de l’Emmanuel. Que retenez-vous de vos 29 ans passés entre Nantes, Paris, et Rome ?

Pendant 4 ans, j’ai été vicaire dans une paroisse de Nantes. Puis, j’ai été rattaché à l’Emmanuel dans le service de la liturgie à Paris, de 1995 à 2001. Dans cette période, j’ai intégré la Maison Saint- Martin, pour la formation des séminaristes de l’Emmanuel à Paris. Je suis retourné à Nantes et j’ai été curé d’une paroisse jusqu’en 2009. Puis, j’ai été Responsable des prêtres et séminaristes de l’Emmanuel, entre 2009 et 2016. Après, j’ai été le Recteur de la Trinité-des-Monts à Rome. Je suis rentré à Nantes en septembre 2019 pour intégrer l’équipe des formateurs du Séminaire Saint-Jean. Ce que je retiens de tout ce parcours, c’est d’abord ma relation avec la famille, avec ma famille et toutes les familles que j’ai rencontrées. Ensemble, nous avons tissé des liens d’amour de l’Eglise. Je dois mes années de sacerdoce à Dieu mais, aussi, aux familles. Toutes les vocations se tiennent les unes et les autres. En voyant la générosité des familles, leur ouverture, leur amour du Christ et de l’Eglise, cela m’a stimulé à la fois pour répondre, mais, également, pour vivre mon sacerdoce.

Parlons maintenant de votre nouvelle mission : celle du nouvel archevêque de Monaco. Comment avez-vous vécu cette annonce de décembre 2019 ?

Après avoir pris connaissance de la décision du Pape François, j’ai vu toute ma vie défiler. Je ne m’y attendais pas. Cette « épreuve » inattendue m’a permis de me remettre devant le Seigneur. J’ai réalisé que j’avais déjà dit oui. Ma vie, elle était, déjà, donnée. Me sont revenus en mémoire, les oui que j’avais donnés, mais ceux, aussi, dont j’avais été le témoin. J’ai pensé à mes prédécesseurs. J’ai pensé aux oui des jeunes couples que j’avais mariés. Une de mes fortes convictions : on ne dit jamais oui tout seul. Bien entendu, dans le silence de votre cœur et de votre conscience, c’est vous et vous seul qui dites oui. Mais dans le mystère de la communion des saints, et, dans l’expérience de communion dans l’Eglise, on s’entraide les uns et les autres à dire oui. Et, combien j’ai été édifié par les couples qui ne donnent pas moins leur vie que nous.

page2image1750976 page2image1742240Le 8 mars, à la cathédrale de Monaco, vous recevez la consécration épiscopale des mains de votre prédécesseur, Mgr Bernard Barsi. Une semaine après vous êtes confiné. Quelle est, aujourd’hui, votre feuille de route ?

Oui, j’ai été ordonné in extremis, quelques jours avant le confinement généralisé. J’ai vécu cette consécration dans la paix. J’ai vécu un moment unique pour moi-même et pour l’Eglise. Cette ordination a été particulière, parce que l’Eglise étant religion d’Etat, elle a, aussi, été un moment national. Ma première prière a été : « Seigneur donne-moi Tes yeux pour les regarder, Ton cœur pour les aimer ». A Monaco, il y a un peuple chrétien, une histoire, un diocèse. Il y a des enfants à qui Dieu veut révéler Son amour. Je veux accueillir, aimer et respecter ce pays, tout en gardant mon cœur libre pour annoncer et être accessible au plus grand nombre, du plus petit jusqu’au plus grand. Après le début du déconfinement, j’ai commencé à rencontrer les prêtres et les différentes réalités du diocèse. Nous avons célébré la Messe chrismale, et, j’ai pu baptiser et confirmer des adultes lors de la Vigile de Pentecôte. L’évangélisation de la jeunesse et de la famille resteront l’une de mes préoccupations. C’est vital pour toute l’Eglise ! Mais, il y a d’autres défis, comme celui de l’accompagnement des pauvretés, en tout genre, même à Monaco. Dans ce petit territoire de 2 km2, où vivent 170 nationalités, ma mission est d’annoncer le Christ à tous !

Propos recueillis par Antoine BORDIER

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