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Cathophobie / L'Eglise : L'Eglise en France

Mgr Centène soutient les catholiques indignés face aux spectacles christianophobes

Dans un entretien (pdf, 3 pages), Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, revient sur les spectacles christianophobes et le soutien qu'il a apporté aux manifestations de Civitas. En voici quelques extraits :

"En réponse à une lettre du président de l’Institut Civitas, adressée aux évêques de France, j’ai dit mon soutien et mes encouragements à ceux qui savent réagir « avec charité et fermeté » sans user « de violence aussi bien verbale que physique ». […] Ma position me paraît s’inscrire dans la droite ligne du communiqué de Mgr Podvin, porte-parole des évêques de France qui écrivait le 19 septembre dernier : « Ce n’est pas parce que le christianisme fut sociologiquement majoritaire qu’il doit être le fusible d’hystéries culturelles. De nombreux citoyens non chrétiens partagent notre colère. Si vous êtes de cet avis, ne demeurez pas impassibles ». Plusieurs évêques ont répondu à la lettre de Civitas. Pour l’un : « Oui, je vous encourage et j’encourage les chrétiens à manifester leurs réactions devant les spectacles provocants et insultants à l’égard de notre foi. » Pour un autre : « Tout comme vous, je ne peux que réprouver ces spectacles blasphématoires, Mgr Podvin a été chargé par notre Conférence de dire, en notre nom, notre réprobation tant sur leur contenu que sur leur financement. Nous ne pouvons qu’encourager les chrétiens à faire part de leurs sentiments. » Pour un autre encore : « Je crois qu’il est important de ne pas laisser l’inacceptable se banaliser. » Etc. […]

En apportant votre soutien à l’Institut Civitas, à l’origine des manifestations, ne craignez-vous pas d’amalgames avec des courants que l’on qualifie d’extrémistes ou de fondamentalistes ?

Pas plus que je n’ai craint d’autres types d’amalgames lorsque je me suis indigné du sort réservé aux Roms pendant l’été 2010. Si on s’interdit de penser parce que d’autres pensent un jour la même chose, que reste-t-il de la liberté de penser ? Ce qui compte, c’est ce qui est dit et pas qui le dit, c’est la véracité du propos plus que la qualité de celui qui le tient. Traiter de fondamentalistes ou d’extrémistes tous ceux qui sont blessés par ces créations artistiques et qui le disent relève d’un raccourci journalistique plus que de la vérité. Les réactions qu’elles ont suscitées, même si on a le droit de les trouver inappropriées, ne méritent pas d’être traitées d’une manière aussi simpliste sauf si l’on cherche à discréditer son interlocuteur avant même de l’avoir entendu. C’est alors une sorte de violence supplémentaire, une mise en demeure de se taire, un chantage à la réputation, un totalitarisme rampant et très sophistiqué dans lequel on est sommé d’être le geôlier de sa propre conscience, le censeur de sa propre raison. […]

C’est la question de la place du sacré dans nos sociétés et de son rôle dans l’humanisation. Depuis la nuit des temps, c’est le sens du sacré et de la transcendance qui a permis à l’humanité de s’élever au-dessus des instincts de l’animalité. Il n’y a pas de civilisation qui ne l’ait eu pour compagnon de route et c’est lui qui a permis l’émergence de la culture par laquelle « l’homme devient plus homme » selon la belle expression de Jean-Paul II. C’est encore le rôle régulateur du sens du sacré qui a permis à la force du droit de prévaloir sur le droit de la force et, partant, de vaincre la barbarie. Lorsque l’Evangile évoque un juge inique, il le décrit comme quelqu’un « qui ne respecte pas Dieu et se moque des hommes ». Le second terme découle du premier. La négation du sacré met en péril l’homme lui-même et le sens de sa vie, si bien que l’on a pu dire « après la mort de Dieu, la mort de l’homme ». De ce point de vue-là, le vieillard incontinent de Castellucci illustre bien cette déchéance de l’humanité, fille du nihilisme, et Pascal ne l’aurait pas désavouée comme illustration de la « misère de l’homme sans Dieu ». « Tu n’es pas mon berger ». […]

Le respect du sacré marque donc la limite de la liberté de l’artiste ?

Non, le respect du sacré fonde la liberté de l’artiste comme il fonde toute liberté. En effet, c’est en respectant le sacré que la liberté de l’artiste participe de la sacralité et devient souveraine. S’il n’y a pas de sacré, la liberté de l’artiste elle-même perd sa sacralité. Elle cesse d’être intangible, elle devient elle-même objet de contestation et elle s’autodétruit. Il faut alors mettre un cordon de CRS autour d’un théâtre et des policiers en civil dans la salle pour qu’une pièce puisse être jouée parce que le droit de la force a prévalu sur la force du droit. Quand le droit de la force prévaut sur la force du droit, les premières victimes sont les faibles et les petits. Liberté se conjugue avec responsabilité et les artistes ne sont pas dispensés de réfléchir aux conséquences à long terme de leurs créations.

Mais alors, comment réagir si la limite est franchie ?

Face à ses persécuteurs, le Christ a ordonné à Pierre de remettre son épée au fourreau et il a renoncé à faire appel aux « légions d’anges » qui auraient pu le défendre. Mais il n’a pas caché son indignation en évoquant ceux qui scandalisent les tout-petits. Comme Lui, nous devons être capables de nous indigner lorsque sont attaquées arbitrairement des valeurs dont la remise en cause risque de peser lourd sur l’avenir de l’humanité dans ce qu’elle a de plus vulnérable. […]"

Civitas organise une manifestation à Villeneuve d'Ascq le 29 novembre, lors de la représentation de Golgota Picnic, puis à Paris du 8 au 17 décembre.

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