Marine Le Pen veut dérembourser l'avortement

Lu sur Rue89 :

"je n'ai jamais voulu remettre en cause la possibilité qui est offerte aux femmes d'avorter, même si je considère, que ce n'est pas un acte anodin, et que je pense que les services publics feraient bien d'arrêter de présenter ça comme des actes anodins, parce que beaucoup de femmes s'aperçoivent après qu'il n'y a rien d'anodin dans ce geste-là et beaucoup en souffrent.

MCe que je dis, c'est qu'il y a un tiers des Français qui ne se soignent plus correctement, il y a des dizaines de médicaments qui sont déremboursés, il y a des personnes âgées qui sont contraintes à limiter leurs soins parce qu'elles n'y arrivent plus sur le plan financier. Ils ont, par exemple, dérembourser, dernièrement, les radiographies abdominales, vous voyez. Et je dis s'il y a un choix à faire, s'il y a vraiment des économies à faire, l'avortement est quelque chose qu'on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d'éviter d'avoir une grossesse non désirée. Si j'ai un choix à faire, je vais l'assumer. C'est-à-dire que je préférerais faire le choix d'aider les plus pauvres d'entre nous, les personnes âgées à pouvoir se soigner, et je leur rembourserais plutôt les médicaments à eux, plutôt que de rembourser un acte, dont je considère qu'on peut après tout y échapper, sauf évidemment en cas de viol par exemple.

Rue89 : Mais pourquoi avoir retiré cela du programme ? Nous n'avons pas compris.

Parce que c'est une mesure qui va être une mesure de pragmatisme. Une mesure financière. Ce n'est pas une mesure idéologique. C'est une mesure financière. Donc si je vois qu'il est possible de redresser la situation économique de manière à pouvoir rembourser à nouveau ceux qui ont besoin de soins, on reviendra pas sur le remboursement. Si je vois qu'il y a des choix budgétaires à faire, je ferais ce choix budgétaire, je préfère le dire, je suis vraiment dans le cadre de la transparence. Je suis dans la franchise la plus totale.

Rue89 : Et pour le Planning familial ?

Le Planning familial est devenu une espèce de centre, souvent, d'incitation à l'avortement. On ne donne même plus le choix aux femmes de ne pas avorter. Il y a des femmes qui se sont beaucoup battues pour le droit d'avorter et aujourd'hui elles n'ont presque plus le choix de ne pas le faire, d'abord parce qu'il y a toute une politique familiale qui n'est pas mise en œuvre. Vous savez, il y a beaucoup de femmes qui avortent de leur troisième ou quatrième enfant […] parce qu'elles n'ont pas les moyens financiers. C'est pas uniquement l'image d'Epinal de la jeune fille qui a ses premiers rapports sexuels, qui ne savait pas, qui tombe enceinte. […] Et puis il faut que les centres d'information informent […] or elles présentent ça comme un acte anodin, comme une opération comme une autre.

Rue89 : Qu'est-ce qu'on en fait ?

Je pense qu'il y a d'autres moyens d'informer sur ces sujets. On va peut-être leur donner des instructions aussi : est-ce que vous pouvez donner un vrai choix aux femmes ? Leur dire que si elles veulent garder l'enfant, on va les aider sur le plan financier, on va leur donner l'accès à un logement […] et puis on va leur proposer l'adoption prénatale […] : sachez que si vous décidez de garder votre enfant, il y a un couple qui va l'adopter. Il ne terminera pas dans un foyer ou dans un orphelinat, à être traîné comme beaucoup hélas le sont, de foyer en foyer ou de famille d'accueil en famille d'accueil – qui souvent d'ailleurs n'ont même pas le droit de l'adopter, là aussi va falloir revoir les choses parce qu'il y a beaucoup d'injustices dans ce domaine."