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France : Société / Valeurs chrétiennes : Famille

Mariage et vie professionnelle

Lu dans La Nef :

"On n’a pas assez pris conscience de la révolution que constitue l’entreprise dans les mœurs. Il y a un siècle encore, la majorité de la population travaillait chez soi ; le domicile était le lieu de production, qu’il s’agisse d’artisanat ou d’agriculture. Les foyers étaient les centres de vie, et les couples étaient peu séparés par l’activité professionnelle. De plus, dans nombre de grands centres industriels, par paternalisme, le patronat incluait les familles dans les entreprises et fournissait logements, écoles, etc. Le travail maintenait l’unité familiale.

Depuis les Trente Glorieuses, il en va tout autrement. Les entreprises sont devenues le mode dominant de production, et le travail au domicile a presque disparu. En conséquence, leur métier oblige les époux, ou au moins l’un d’entre eux, à quitter leur domicile tout le long de la journée et à ne plus laisser à leur famille que les soirées et les temps de repos. Le point focal de la vie des personnes a suivi le lieu du travail et s’est déplacé du foyer à l’entreprise. C’est à ce point qu’intervient la culture d’entreprise. Toute organisation possède une culture, qui lui permet de durer et d’agir. Ce phénomène est normal et, en soi, ne pose pas de problème. Les entreprises, en ce qu’elles sont organisées autour d’un métier, ont légitimement la culture de leur activité, avec quelques particularismes qui les distinguent de leurs concurrents. Or, des dirigeants d’entreprise ont compris qu’en agissant sur le sentiment d’appartenance, ils pouvaient obtenir davantage de leurs salariés. Toute une panoplie d’outils ont ainsi été développés pour renforcer et piloter la culture des organisations : séminaires, conventions, petits-déjeuners d’affaires, soirées clients, coaching, team building, mutations et expatriations dans le cadre de la gestion des carrières, etc. Ces pratiques favorisent l’identification du salarié à son organisation, et de manière corollaire le détachent de ses autres liens humains.

Pour être explicite, quand on passe des semaines entières à l’hôtel avec ses collègues, quand on occupe ses soirées à des réunions professionnelles, quand on en vient à accepter le célibat géographique parce que la logique de carrière au sein d’une entreprise impose d’être muté tous les deux ou trois ans, il est bien clair que l’organisation est devenue le lieu premier de socialisation de la personne, et que sa famille n’est plus que secondaire. […]

Le temps personnel accordé à l’entreprise est assez favorable à la fornication, mais ce n’est pas tout. En effet, même si l’on est fidèle à son conjoint, la priorité donnée au travail dénie à la famille son rôle de cellule de base de la société. Les pratiques qui renforcent la culture d’entreprise sapent en même temps les mariages dans une de leurs fonctions premières, qui est de fonder la vie sociale. La chasteté renvoie ainsi au débat récurrent sur l’« équilibre entre la vie et le travail ». Il s’agit d’une saine réaction contre une implication abusive des personnes dans leur entreprise, car rien n’a le droit de séparer ce que Dieu a uni, si bien que le lien matrimonial doit l’emporter sur les obligations professionnelles. La chasteté se joue là aussi, et elle s’oppose à la disponibilité habituellement exigée des salariés dans les grandes entreprises et certaines administrations.

Le mieux serait d’atteindre un état de vie supérieur, plus unifié, où la vie et le travail ne s’opposent plus, et où il est possible d’intégrer sa profession dans sa vie familiale. Le développement du télétravail, rendu possible par les moyens modernes de communication, ouvre des perspectives heureuses dans ce sens. Quoi qu’il en soit, le mariage étant un sacrement, les chrétiens doivent inventer des solutions neuves pour pouvoir continuer à l’honorer dans le cadre de l’organisation actuelle des affaires."

Vous savez le rôle que le Salon Beige joue chaque jour dans la lutte contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme; vous connaissez notre pugnacité à combattre chaque jour contre l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, la PMA, la GPA et toutes les dérives libertaires.

Le Salon Beige ne remplace pas votre rôle dans ces combats, il les facilite, les accompagne et les stimule<;

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On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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7 commentaires

  1. Très bon article, mais ne rien exagérer dans le rôle des entreprises (elles ont toujours existé et sont un auxiliaire pour la vie du couple), toutefois il est vrai que l’excès de travail, les soucis du travail peuvent conduire à des séparations destructrices de l’ordre social voulu par Dieu.

  2. Tout à fait bien vu

  3. Encore une voie qui nous est ouverte.Dommage que le seul syndicat chrétien ait tant perdu de sa spécificité!
    Mais pour répondre à Onésime, certes les entreprises ne sont pas nouvelles et elles sont utiles. Mais ceux qui est plus nouveau et fallacieux, est que l’on y a glissé du vocabulaire de la raison à celui de l’affectif. A partir de là, et ce n’a pas été introduit par hasard, tout est brouillé, tout s’entre-mêle ! Et sans beaucoup de vigilence on sacrifie vite la vie de famille à la carrière professionnelle, ce qui n’évite d’être “jeté” dés que l’on coûte trop cher. C’est sans doute pour cela que la génération de nos enfants qui en souffert tant, cherche à gérer autrement sa vie .

  4. On ne parle pas beaucoup également des couples qui travaillent dans la même entreprise, et des conséquences aussi bien personnelles que professionnelles que cela peut entraîner, dans leur vie commune.
    Que faire si l’un des deux est muté à l’étranger ?
    Que faire si le couple se sépare, alors que les deux travaillent dans le même établissement ?
    Que faire si l’un des deux part en pré-retraite (donc relativement jeune), et se retrouve à la maison, alors que l’autre doit continuer sa carrière ?

  5. Peut-on aller jusqu’à affirmer que la volonté technocratique d’appuyer sur une généralisation du salariat au détriment de l’honoraire des professions “à leur compte” (libérales, artisanales, familiales…), considérées comme “anormales et déviantes”, conduit à une insidieuse forme larvée et totalitaire d’esclavage ?
    Je suis près de le penser…

  6. D’accord…
    Sauf que personne n’est OBLIGÉ de jouer le jeu.
    Quand on veut faire passer sa famille avant le boulot, c’est possible… il suffit de ne pas vouloir être carriériste.
    Cela ne sous-tend pas pour autant avoir un mauvais boulot ou mal le faire…

  7. Analyse trés intéressante, et à ce sujet j’invite les femmes à lire les lettres de Dom Gérard ‘Lettres aux Mamans de l’An qui vient’ et ‘Mères de familles, ayez confiance’. Quel plus beau travail que celui de mère de famille NOMBREUSE OU PAS.
    Bien souvent, la question habituelle sonne à nos oreilles: Vous travaillez?
    Et si vous avez le bonheur de répondre que vous vous occupez de votre famille, dans la pure tradition chrétienne, cela parait à beaucoup insuffisant.
    C’est certain, il ne faut pas avoir peur d’une certaine solitude et ne pas se fondre dans le moule de la femme actuelle, pétrie de féminisme imbécile.
    L’abandon du foyer par la femme est une des causes de la déliquescence de nos sociétés.

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