Entre 2.000 et 5.000 policiers ont défilé hier dans plusieurs villes de France, appelant la population à les soutenir face à la baisse des effectifs et à la «politique du chiffre».
"Notre hiérarchie nous soumet à une pression constante pour obtenir des résultats qui n'ont rien à voir avec notre mission de maintien de l'ordre public" [déclare] Axel, policier depuis dix ans. "Nous sommes notés en fonction du nombre de timbres-amendes qui entrent dans les caisses et du nombre d'affaires résolues, explique une jeune femme. Mais une élucidation d'affaire peut prendre plusieurs formes : si je constate un défaut d'assurance, c'est une élucidation. Si j'arrête un dealer, c'est une élucidation également. Lorsque la brigade reçoit le message d'augmenter ses statistiques d'élucidation, il est plus rentable de se poser au coin d'une rue un peu roulante et de faire du contrôle routier que de traquer des délinquants. La hiérarchie préfère les bons chiffres."
Souvent le choix de ne pas intervenir est lié au rendement attendu. Une logique qui a créé des zones de non-droit, reconnaissent du bout des lèvres les policiers. "Des quartiers sont devenus imperméables aux forces de police. Si nous intervenons, cela dégénère, et nous devons mobiliser d'autres collègues. Et pour finalement quel résultat ? Les interventions ont un coût", expliquent plusieurs membres d'une même brigade.
Gardiens, gardiennes, jeunes bleus ou vieux routiers du macadam francilien, la plupart soulignent le sentiment d'être dirigés à vue, en fonction de considérations politiques et médiatiques immédiates, loin du rôle du policier dans la société. "Une semaine nous devons axer notre action sur les sans-papiers, la semaine suivante sur les délits routiers, la troisième sur les bandes… cela n'a pas de sens.


PK
J’avoue que ce genre de plaintes de la part de la police me laisse perplexe…
Je ne voie pas bien comment on peut OBLIGER un flic à faire du chiffre… postez-vous dans la rue et ne voyez rien. C’est facile.
Quand l’État en aura marre de payer des agents qui ne rapportent rien, il réétudiera les missions en fonction non de critère de rentabilité mais d’adéquation avec la fonction.
[la réponse est donnée par un agent: “Nous sommes notés en fonction du nombre de timbres-amendes”. Je suppose que l’avancement dépend des résultats obtenus. FC]
Marie laure
Je ne suis pas étonnée .j’ai vu des policiers bien cachés sur une route de campagne traquant des gens à 18H alors qu’il faisait nuit et qu’il pleuvait .Je peux vous dire que les voitures ne roulaient pas en grande vitesse à cause du temps.Que faisaient ils là alors que les délits se passent bien souvent en ville et dans certains quartiers auxquels je pense il ne faut pas toucher………
NotSoCommonTurtle
“Entre 2.000 et 5.000 policiers ont défilé”
Pourtant pour une fois il devrait y avoir le même nombre de manifestants indiqués par les manifestants et par la police. Non ?
Plus sérieusement certains policiers prennent conscience que les gens commencent à ne plus les considérer comme des gardiens de l’ordre mais plus comme des casse-pieds prêts à vous contrôler à 37 km/h dans une zone limitée à 30 km/h. C’est bien triste.
PK
@ FC,
C’est bien ce que je dis : quand on fait le choix de s’aplatir pour une simple carotte, il ne faut pas s’étonner que qu’on presse l’agent ensuite.
Si l’avancement est plus important que l’honneur, alors qu’ils ne se plaignent pas.
S’ils pensent que ce n’est pas leur travail – ce que je crois – à eux de bloquer le système par une grève de zèle.
Il reste aussi le choix de changer de travail.
Papon
Il y a longtemps l’un de mes cousins, alors prefet de police de Paris, avait l’habitude de questionner les fonctionnaires qu’on proposait à l’avancement ” êtes-vous au service de la loi, du citoyen ou bien de votre hiérarchie ?”
C.B.
Il n’y a pas que la police qui fonctionne à l’amélioration exclusive des pourcentages; c’est aussi le cas à l’Education nationale (les pourcentages de réussite aux “évaluations” doivent remonter).
trahoir
Yves Bertrand révèle dans un de ses nombreux ouvrages (3 en un an ?) qu’en 1981 après la victoire socialiste le ministère de l’Intérieur était en “co-gestion” hiérarchie – syndicat.
A cette époque de nombreux cadres soi disant anti fachistes ont été placés puis maintenu par Chirac.
Ce sont eux qui ont manipulés, muselés et salit l’extrême droite !
Ceux qui manisfestent, issus de FO, sont leur dignes descendants, tout en affrontant une insécurité croissante et sans fin.