On lisait mercredi matin à 08h48 : "Mali : Les chefs d'Aqmi instaurent la charia à Tombouctou".
"A Tombouctou, les hommes d'Iyad Ag Ghaly font désormais la loi : ils récupèrent des biens volés et invitent les propriétaires à venir les récupérer, selon un témoin. Ils ont également arrêté et traîné en ville des jeunes ligotés qui s'apprêtaient à incendier un bâtiment public. Ils ont menacé la prochaine fois de couper des mains. Profitant du putsch à Bamako contre le pouvoir d'Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg, des militants islamistes, sans oublier des supplétifs du régime libyen rentrés au pays lourdement armés après la chute de Kadhafi en août 2011, sont passés à la vitesse supérieure.
En trois jours, les trois capitales du nord, Kidal, Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest) sont tombées sans presque aucune résistance d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée".
A partir de midi, le même journal titrait : "Mali : "Le drapeau d’Aqmi flotte sur Tombouctou" et on peut lire plus bas :
"Jusqu’à présent les conflits entre les Touaregs et le pouvoir malien étaient réglés par le dictateur libyen Kadhafi. Sa fin a précipité l'implosion du Mali et l’installation durable des islamistes dans le paysage sahélien".
Mercredi soir, le monde s'inquiète pour l'aspect culturel de Tomboctou ("Tombouctou, patrimoine mondial aux mains des islamistes ?"), nul n'ignore désormais le coup que l'islam peut porter à la culture et au patrimoine historique (le point sur les manuscrits de Tombouctou) :
"Tombouctou, aux portes du désert, est une cité historique sur le plan culturel, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité. Ses mosquées, son architecture et surtout ses manuscrits anciens témoignant de l'âge d'or de l'université de Sankoré préoccupent l'Unesco, qui redoute pillages et trafics. Quelque 200 000 manuscrits conservés y constituent la mémoire d'un âge d'or de Tombouctou, situé entre les XVe et XVIe siècles de notre ère.
Sous le règne des empereurs de la dynastie songhaï (entre 1468 et 1591), la cité n'est plus seulement celle du commerce de l'or, du sel et des esclaves. Autour de ladite "université de Sankoré", elle devient celle du savoir, l'un des plus importants foyers de culture islamique. D'érudits voyageurs venus d'Égypte, de tout le Maghreb et d'Andalousie échangent à Tombouctou avec les savants locaux qui, eux-mêmes, voyagent à l'étranger. Cette circulation du savoir est attestée par celle des manuscrits copiés et recopiés, écrits en arabe, langue savante d'une Afrique subsaharienne qui a connu une première phase d'islamisation sous la dynastie marocaine des Almoravides (autour de l'an 1000)".
On lira ensuite avec plaisir cet article de Bernard Lugan : "Du Mali à la Libye, la recomposition de l’Afrique sahélo-saharienne est en cours".
"Voilà le double résultat de l’intervention franco-otanienne en Libye. Le président tchadien Idriss Déby Itno avait vu juste quand il avait mis en garde Paris, affirmant qu’elle allait déstabiliser toute une région aux fragiles équilibres".


senex
Un grand merci à BHL…!!L’islam “de Dunkerque à Tamanrasset” et retour…C’est gagné
lama12
Le mauvais signal aussi, c’est Alain Juppé qui se dépêche de dire qu’il n’est pas question d’intervention militaire de la France:
– soit vis-à-vis des pays avec lesquels la France a des accords de défense.
– soit vis-à-vis des islamistes avec lesquels on prétend lutter !
clovis
BHL, Juppé, j’en passe et des meilleurs, mais pourquoi parlent-ils comme s’ils avaient quelque chose à dire! S’ils veulent absolument parler qu’ils fassent repentance pour toutes les c….qu’ils ont dites jusqu’ici!
YannH
Lequel Idriss Deby est musulman et a déjà fait passer les chrétiens en dhimmitude.