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France : Société

“Mai 68 ou le vide en héritage”

C’est le titre de cet article de Cyril de Pins, professeur agrégé de philosophie de 32 ans, qui a le courage d’être à contre-courant :

"La crise de l’identité française n’est pas difficile à expliquer.
Depuis Mai 1968 et conformément au crédo de ses acteurs, la France est
considérée comme le pays des droits de l’homme et n’est que cela
.
Oubliées les mémoires provinciales qui permettent de comprendre que
la France s’est constituée au gré d’une histoire diverse et complexe,
une histoire dont la République n’est que le dernier chapitre ; oubliés
les siècles sans démocratie où l’Europe admirait pourtant nos écrivains
et nos savants et nos soldats ; oubliées ses racines chrétiennes,
latines, grecques, germaines ; oubliés ses patois ;
oubliée la langue
scolaire qui, pourtant, souda la nation d’abord son élite, puis,
l’école se développant (et la guerre mélangeant les gens de toutes les
provinces), toutes les autres couches de la société(…)

Les acteurs de Mai détestent la France, ils n’en aiment que les
quelques symboles utilisables :
la Révolution française, la Résistance
(et encore) et une partie de son patrimoine artistique et culinaire.
Ceux-là (et certains de leurs disciples dociles des générations
suivantes) invoquent dès qu’ils peuvent les autres périodes de notre
histoire comme des repoussoirs dont les gens ne savent plus rien
désormais de toute manière : l’Ancien Régime (dont on confond tous les
rois et toutes époques), le Moyen Âge (dont on ignore tout et qu’on
caricature sous les traits de l’Enfer de Dante, auteur aujourd’hui
ignoré universellement),
l’Empire (Napoléon est de plus en plus décrit
comme un Hitler – selon une lecture anglo-saxonne), le Second Empire
(dont on ne retient rien alors qu’il permit de moderniser le pays et de
développer un grand nombre de nos régions, dont le Sud-Ouest), Vichy
(la référence et le résumé de la France selon BHL, dans L’idéologie française qui fut la Bible de nombreux acteurs de Mai) (…)

Les acteurs de Mai ont oublié une chose importante : tout héritage
s’accompagne de dettes
; les premiers, ils ont joui de l’héritage en
ignorant les dettes, à commencer par celle qu’on contracte en recevant
tout héritage : celui de le transmettre à la génération suivante.
Cette
dette est une dette laissée non seulement par ceux qui nous ont
précédés, mais aussi et surtout qui nous lie à ceux qui viennent et à
qui nous devons confier mémoire et savoir car ils sont l’avenir.
Que transmettront ceux de ma génération et ceux de la génération
suivante ? On ne fait pas une nation et une histoire avec de la bonne
conscience et quelques symboles réconfortants
".

Lahire

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10 commentaires

  1. Les acteurs de Mai 1968-j’étais moi un spectateur de mai 1968-étaient déjà le produit d’un système, celui de l’Anti-France, lequel a été mis en place bien antérieurement.
    Le système de valeurs traditionnelles s’était effondré depuis longtemps (on ne parlera jamais assez des conséquences psychologiques de la défaite de 1940 sur le “mental des Français) et la fin de la guerre d’Algérie en fut le témoignage: l’honneur, la fidélité, l’héroïsme etc…tout cela était insulté, vilipendé, méprisé etc..par une conjonction de tenants de deux idéologies, l’idéologie mondialiste (communiste,social-démocrate) et l’idéologie conservatrice-libérale(gaulliste).
    Si le marxisme avait fait autant d’adeptes, c’est que l’Education d’Etat (appelée abusivement éducation nationale), les médias, la culture, tout avait été laissé entre les mains dits adeptes.On ne dira jamais assez l’action négative et destructrice d’un André Malraux, encore un produit de l’ouverture à gauche chère aux gaullistes et aux post-gaullistes.
    En 1968, à la différence de beaucoup de “nationaux”, je ne suis pas allé que les Champs-Elysées, car moi en politique j’ai le pardon difficile.

  2. Un des questionnaires actuels sur “Expression Publique”:
    “Donnez votre avis sur Mai 68 et son héritage dans la société actuelle !”
    http://www.expression-publique.com/expression-publique/main.php

  3. En effet, je crois qu’au nombre des périodes-repoussoirs de l’histoire de France, Cyril de Pins oublie la guerre d’Algérie, inépuisable réservoir de références négatives et prétexte à une auto-flagellation continuelle.
    De cette période, les jeunes générations ne savent absolument rien, sauf que s’y sont affrontés de méchants Français et de gentils Algériens, aidés par quelques gentils Français très minoritaires (et d’autant plus glorieux).

  4. Et bien justement: cette génération perverse s’est disinguée entre toutes par sa capacité inégalée à créer une quantité monstrueuse de dettes qu’elle lègue en héritage aux générations suivantes. Incapables de créer de la richesse réelle, sous quelques formes que ce soit, du fait de leur reniement des valeurs nécessaires à la fructification du capital, ils se sont ingéniés à dissimuler leur impéritie par une capacité inégalée à créer de la richesse fictive par le recours massif à l’endettement. Autrement dit, non contents d’avoir bazardé l’héritage amassé par la sueur de leurs parents, ils ont hypothéqué l’avenir de leurs enfants et petits-enfants en tirant des traites sur leurs revenus futurs! Ces gens resteront au regard de l’histoire des pauvres types destinés à être engloutis dans le trou noir où disparaît la civilisation chrétienne occidentale, objet de toute leur haine. Et pour pouvoir alimenter une telle soif de destruction vengeresse, il faut une masse infinie de monnaie. Mais ce n’est de la monnaie de singe pour usuriers producteurs de cacahuètes!

  5. @Coligny
    Excellent : vous avez raison, ce n’est pas Mai 68 qui a fait l’esprit de Mai 68, mais ce qui l’a précédé : cela remonte même à l’avant guerre. A l’esprit subversif de l’après 14-18, au rôle du surréalisme et du marxisme dans une partie des élites,à la main-mise de la gauche sur l’école et de nombreux secteurs culturels d’Etat à partir du Cartel des gauches jusqu’en 36, à l’esprit relativiste démocrate chrétien imposé par Pie XI aux catholiques français, qui a désarmé moralement la droite jusqu’à aujourd’hui. C’est tout ce que le gvt de Vichy tenta d’endiguer en une période impossible.
    De Gaulle remit en selle ces courants subversifs par son alliance avec les communistes durant la guerre et en 44-45, où il installa les collabos de 39-42, et les agents de Staline au coeur des institutions sociales et des entreprises nationalisées, avec l’appui des démocrates chrétiens. En échange de quoi ils le soutinrent en 58 et ensuite : car De Gaulle fit le travail du PC en détruisant l’armée, et la justice, en donnant toute la culture (Ministère de la Culture, CNRS, etc…) au PC. En 68, il eut sa ”récompense” : lorsque le PC fit marche arrière en juin 68, préférant une droite pro soviétique, à une gauche anarchiste ou trotskiste. Edgar Faure leur donna l’Université, et le ministère de l’Education Nationale fut placé sous contrôle syndical.
    Mai 68 est bien une conséquence, mais pas une cause : c’est le phénomène de la chute d’un fruit pourri. La génération des parents des ”enfants de mai 68” étaient déjà des soixante-huitards…..
    De Gaulle a une responsabilité écrasante qui le disqualifie à jamais, contrairement à ce que certains dans la Droite Nationale ont tenté de nous faire croire : son honnêteté financière personnelle indéniable ne peut rattraper son mensonge politique et sa compromission constante avec le communisme. Ce fut bien Charles le Mauvais.

  6. concernant ces évènements ,
    que j’ ai bien comnnus comme étudiant à NANTERRE ( avec GOLLNISCH) puis à ASSAS , je suis surpris de voir des oublis majeurs:
    1/ un dévoiement “culturel” de courte durée de type nietzschéen-anarchiste
    très sensible dans certains théâtres
    2/ une suite cultoro-politique pour VATICAN II ( 1965)
    L’ Eglise de France s’ efforçant de se conformer à ce message libertaire par souci de comprehénsion illimitée de la masse , devenue divine.
    3/ les gens ” de droite” obligés de chercher un sauveur dans le cryto bolchévique de Gaulle.
    Mai 1968 c’est la liquidation définitive de la vraie droite.

  7. A Pascal G.
    Mai 68 fut quand même plus qu’une conséquence, ce fut un rebondissement amplificateur. Le fruit pourri qui s’est écrasé sur le sol, comme dit Pascal G. était malheureusement bourré de graines qui ont germé. Et puis il y a eu, entre temps, la “pilule” qui a permis le vagabondage sexuel sans frein, et l’explosion du féminisme subversif, l’avortement officiel, le déclin du père, de la famille, de l’autorité, etc. Or tout cela n’existait pas dans la première moitié du XXe siècle. Mais j’accorde à Pascal G. que tout cela était en germe, et même programmé depuis belle lurette, comme en témoignent ces citations de “grands” artistes:
    De Marcel DUCHAMP (idéologue) à propos de son tableau “Mariée” (1912) évoquant une machinerie métallique : ” Il ne s’agit […] de ma conception d’une mariée exprimée par la juxtaposition d’éléments mécaniques et de formes viscérales. ” et encore, ” Il faut que : ” l’érotisme remplace, ce que d’autres écoles de littérature appelaient symbolisme, romantisme. ” (tout un programme de réduction de la femme en une collection d'”objets et de viscères” ouvrant la porte à la pornographie.)
    De Tristan TZARA, le “poète” de la déconstruction: ” – … Dada ne signifie rien […] Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir aucun […] Que chaque homme crie: il y a un grand travail destructif, négatif, à accomplir. Balayer, nettoyer […] Abolition de la mémoire: DADA ; […] abolition des prophètes: DADA; abolition du futur: DADA … ” et encore: ” – Je détruis les tiroirs du cerveau et de l’organisation sociale. ” (Manifeste du Dadaïsme, 1918)
    Du sieur ARAGON: ” Nous ruinerons cette civilisation qui vous est chère, où vous êtes moulés comme des fossiles dans le schiste. Monde occidental, tu est condamné à mort ! Nous sommes ceux-là qui donnons toujours la main à l’ennemi… ” (in : La révolution surréaliste , 1925)
    Enfin, du “pape” du Surréalisme, André BRETON : ” Tout est à faire, tous les moyens sont bons pour ruiner les idées de famille, de patrie, de religion “, il faut: ” miner les digues mentales édifiées pendant vingt siècles de civilisation occidentale et chrétienne.”
    Malheureusement pour Breton c’était “à faire”, et pour notre temps, c’est quasiment accompli.

  8. @ Exupéry
    Les graines ont germé après 1968 et ceci dans toutes les couches sociales. Mais les élites étaient déjà atteintes et vivaient déjà un matérialisme absolu,l’avortement, le vagabondage sexuel, etc….au moins dans la gauche et une bonne partie de la droite bourgeoise, ce dont j’ai gardé des exemples précis : la génération 68 n’a pas basculé en deux mois d’une vie réglée selon des principes et une harmonie de valeurs solides, pour adopter brusquement l’exact opposé. Par exemple, les pères de camarades de classe que je cotoyais étaient souvent plus obsédés par la réussite individuelle, l’argent que par leur famille, et bien des couples vivaient dans un mariage maintenu des vies séparées, sans cacher vraiment ce fait à leurs enfants. Ce sont les frères et soeurs aînés de ces familles qui adoptèrent avec enthousiasme l’esprit de Mai 68 auquel l’absence de valeurs morales de leurs parents et le progressisme diffus de leur milieu (particulièrement dans les familles vivant le Concile comme une rupture avec ”le passé”) les avait préparés. Culturellement, au sens gramscien du mot, la révolution de la décadence avait déjà conquis les classes dirigeantes.
    En ce sens De Gaulle ne fit qu’accompagner les tendances de subversion qui l’avaient porté au pouvoir en 45 puis en 58 . C’est d’ailleurs lui qui autorisa la ”pilule”, cédant aux instances du Grand Orient , lui qui employa l’expression tueuse du père ”l’Algérie de Papa est morte”, discréditant dans cette formule tous les pères, nécessairement dépassés : la jugeant aussi ”dépassée” que Papa, il anticipa Mai 68 en la donnant aux marxistes du PC Algérien et du FLN. Ce cynisme là, au sommet de l’Etat, annonçait le cynisme généralisé, le ”Vrai” est le fruit de mon plaisir immédiat ou de mon opinion subjective, qui est devenu la règle comportementale depuis 68, y compris à droite, y compris chez beaucoup de catholiques, même traditionnels.

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