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L'Eglise : Vie de l'Eglise

L’unité dans l’Eglise n’est pas compatible avec les querelles de “sensibilité”

Les deux formes du même rite ne peuvent cohabiter que dans l'harmonie et la sérénité, reflet de l'unité et de la paix de l'Église. Les textes de l'Église sont assez clairs pour aider à trancher dans la charité et la patience les conflits, inévitables sans doute, mais préjudiciables à l'Église quand ils se déroulent sur la place publique.
Lu ici :

"En cette Année Sacerdotale, célébrée entre 2009 et 2010, d'autres anniversaires méritent d'être évoqués, car ils sont intimement liés au caractère eucharistique de la dignité sacerdotale.

En 1969, le pape Paul VI promulguait, avec la Constitution apostolique Missale Romanum, le nouveau missel romain établi après le Concile Vatican II. En cette année 2009, nous célébrons donc le 40e anniversaire de cette promulgation.

L'année prochaine 2010, nous fêterons deux autres anniversaires, eux aussi directement liés à la célébration de l'Eucharistie.

Le premier coïncide avec le 40e anniversaire (1970-2010) de la promulgation de l'editio typica définitive (la première) de l'Institutio Generalis Missalis Romani.

Le second coïncide avec le 440e anniversaire de la promulgation du missel actuellement dénommé Vetus Ordo ou Usus antiquior, promulgué par saint Pie V avec la Constitution apostolique Quo primum, du 14 juillet 1570. Cette Constitution est évoquée, en même temps que le missel de saint Pie V, dès les premiers mots de ladite Constitution apostolique Missale Romanum de Paul VI, le nouveau missel romain de Paul VI [5].

Les deux missels, unis également dans la célébration de leurs anniversaires respectifs, sont deux formes de l'unique lex orandi (« loi de la prière ») de l'Église de rite latin.

 Le Saint-Père Benoît XVI s'est exprimé à ce sujet, enseignant, à propos du missel de Paul VI, que « Le missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même lex orandi de l'Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique des deux expressions de la lex orandi de l'Église n'induisent aucune division de la lex credendi (« loi de la foi ») de l'Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l'unique rite romain. Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la messe suivant l'édition type du missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l'Église » [6].

La possibilité d'une coexistence sereine et harmonieuse des deux formes de l'unique rite romain a été enfin indirectement affirmée par la présence simultanée des Ordines Missae (bienheureux Jean XXIII et Paul VI) au sein du Compendium Eucharisticum, qui vient d'être publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements[7]".

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16 commentaires

  1. une petite note vouée à la censure :
    pendant 20 siècles le rite romain était obligatoire
    puis ,il est venu une période de 40 ans où on se damnait si on le suivait;
    des prêtres ont été réduits à la misère pour cela;
    maintenant on ne se damne plus , mais il est anormal , extraordinaire. Iil y a quelque chose de pas catholique dans cette affaire
    peut-être faut-il que je me fasse examiner par un psy pour comprendre ?
    [Non, pas la peine… La messe tridentine n’a pas 2000 ans, mais seulement 450 ans environ. Mais là n’est même pas la question puisque la “messe tridentine” a été modifiée par tous les papes jusqu’à… Jean XXIII (XX° siècle !) : la forme extraordinaire date de 1962 et l’ordinaire de 1969… 7 petites années les séparent.
    Ensuite le rite romain n’est rentré dans les diocèse de France qu’au début du … XX° siècle!
    C’est pour cela que les arguments comme “la messe de toujours” pour parler de celle de 1962 ont du mal à tenir devant les faits, qui eux, sont ténus et qui permettent de traiter la question au bon niveau. Lahire]

  2. Le problème n’est pas posé par les rites traditionnels (romain, dominicain, de st Jean Chrysostome, de saint Basile) mais par le novus ordo de Paul VI. Certains disent, preuves à l’appui, que ce rite favorise l’hérésie (au plan de la bonté de l’acte) et d’autres qu’il est invalide (au plan de la validité sacramentelle de l’acte). L’un n’excluant d’ailleurs pas l’autre. N’y aurait-il personne au Salon beige à avoir étudié cette question ? Depuis 40 ans ?
    [Certains disent que les indulgences n’existent pas, d’autres disent que, d’autres encore que, etc…. seul compte le Magistère. Le premier à avoir démenti tout cela et travaillé à la Vérité de l’unité magistérielle est le très prochain bienheureux Jean-Paul II. Autant se fier à lui qu’à ceux qui apportent des preuves à des idées qui nuisent à l’unité de l’Eglise. Lahire]

  3. En effet l’expression de” la messe de toujours ne tient pas”, ce qui doit tenir par contre c’est l’obéissance au Saint-Père qui estime que le caractère sacré de la liturgie doit être restauré et qu’à ce titre il n’est pas inutile, c’est une litote bien entendu- de célébrer selon le rite “extraordinaire”.
    [Et après ça, vous allez dire que nous faisons de la mauvaise foi. “Le caractère sacré de la liturgie doit être restauré” : Le Pape n’a jamais dit ça. Il a dit que la forme extraordinaire aiderait à retrouver le sens du sacré à ceux qui l’ont perdu. La nuance existe. Lahire]
    C’est bien en cela que les personnes braves de Paix liturgiques doivent être accueillis et présentés autrement que comme des excités, y compris ici , sauf erreur de ma part.
    [Oui, comme vous le savez, on laisse passer tous les commentaires tant qu’ils apportent quelque chose au sujet et sont empreints de charité. Lahire]
    Car lorsqu’ils estiment que deux “autorisations “sur Paris ce n’est ni charitable,ni fidèle, on ne saurait leur donner tort, de quelque “sensibilité” qu’on se réclame.
    [Tout à fait… chacun “estime” ce qu’il veut, c’est du domaine de l’affectif, du passionnel. Le rationnel est dans la lettre du Motu Proprio et dans l’esprit de charité qu’il comporte. “La lettre sans l’esprit”, vous connaissez la suite… Lahire

  4. Si c’était juste une affaire de “sensibilité” pourquoi un tel acharnement à interdire ce rite de la part de la hiérarchie catholique d’une part et à le maintenir, au prix de sacrifices considérables, chez les catholiques traditionalistes d’autre part? Comme il a été dit, des prêtres ont été traités de façon scandaleuse et certains en sont morts de détresse sans parler de la brutale désertion des églises. Ce sont là des faits objectifs qu’il faut connaitre et analyser si on veut aller à la racine du pb.
    Affirmer que c’est une affaire de sensibilité revient à dire que 2 et 2 font cinq…On peut le répéter 100 fois ça ne sera pas vrai pour autant!
    [Désolé, mais c’est une grosse contradiction : vous citez des faits, pas des idées, vous le dites vous-mêmes. Ces faits que vous citez touchent à juste titre au sensible! Ils font réellement souffrir, mais il n’apportent rien de rationnel dans la discussion. On est bien dans la sensibilité à 100% comme 2 et 2 font 4. Lahire]
    Construire l’avenir dans la patience et la charité passe par une exigence de vérité qui sans complaisance, analyse les raisons qui ont procédé à la mise en place du nouveau rite dont un cardinal a pu dire qu’ “il s’éloignait dans l’ensemble comme dans le détail de la foi catholique”.
    Je n’ignore pas que les temps ont changé et que beaucoup de jeunes prêtres célèbrent la “messe de Paul VI” avec tout le respect du au St Sacrifice et un grand désir de renouer avec la tradition de l’Eglise. C’est certainement une grande espérance qui ne saurait cependant occulter le pb de fond. enfin, on peut estimer raisonnablement qu’il n’y aurait pas de discussions doctrinales avec une communauté “dissidente” uniquement pour des questions de sensibilité.
    [Oui, vous l’avez dit et je vous rejoins parfaitement : ces discussions ont lieu à Rome à huis clos et ne donnent pas lieu à des déchirements sur la place publique. Elles se déroulent entre personnes autorisées. Notre rôle est bien de se demander : qu’est-ce que ma préférence pour tel ou tel rite peut apporter à l’unité de l’Église et sous quelle forme charitable dois-je le faire, quelle que soient ma souffrance et ma sensibilité à fleur de peau ou pas? Lahire]
    Merci au SB pour aborder ces questions passionnantes
    [De rien, même si je savais avant d’écrire ce post que j’allais passer le plus clair de mon temps à répondre aux commentaires et aux mails en essuyant injures et horions. Ce qui explique sans doute des pointes un peu dures dans mes réponses. Sachez qu’elles sont involontaires, mais dans un tel déversement de mails et de commentaires, on ne peut pas concilier à la fois la mise en ligne rapide et un doigté diplomatique permanent. Lahire]

  5. [Hors sujet : l’objet de ce post n’est pas de ressasser les raisons des divisions entre catholiques, mais bien de prôner l’unité au-delà de ces questions sensibles aux deux sens du terme. Les préférences pour tel ou tel rite doivent converger vers la paix des âmes et ne pas échauffer les esprits. Ce n’est qu’à cette condition qu’elle trouvent leur légitimité dans l’Église et donc aussi toute leur place ici. Lahire]

  6. La coïncidence a voulu que j’arrive sur cet article du salon beige juste en venant de regarder la “messe complète” sur gloria tv où j’invite les autres lecteurs à se rendre.Il s’y trouve en effet la messe basse, célébrée à Rome (pas plus de détails) par un jeune prêtre à l’accent italien.C’est une splendeur, un trésor de recueillement et de sens parfait du sacré, c’est, en un mot, le Saint Sacrifice de la Messe (codifiée pour toujours avec défense par le pape Saint Pie V d’y rajouter ou retrancher quoi que ce soit) que détestent les Luthériens, les Calvinistes et autres “séparés”, sans parler des “religions” non chrétiennes.Et dire que c’est LA Messe à laquelle j’assistais, enfant (années 60) dans le choeur, revêtu de l’aube ! Certes, d’autres vidéos se trouvent sur internet, provenant notamment de la Fraternité St Pie X mais dans celle dont je vous parle, le prêtre revêtu d’ornements rouges prononce en détachant les syllabes toutes les paroles sacrées avec cet accent qui semble se rapprocher du latin.Toutes les paroles doivent être pensées, bien entendues, sauf lorsqu’il prie à voix basse.Or, songeons que le latin est la langue de l’Eglise, est une des langues que parla Notre Seigneur Jésus-Christ ! On pense ici au film “La passion” de M.Gibson où le Saint Sacrifice institué et vécu par le Christ pour la rémission de nos péchés, est montré dans tous ses détails avec le corps meurtri et le sang répandu.Or, quand on assiste à la messe “extraordinaire”, c’est au renouvèlement du Sacrifice de la croix qu’on assiste, si on en croit le catéchisme.Et non seulement on doit le croire mais quand on s’associe au prêtre lors de la Messe, on a bel et bien la sensation de “voir” le Seigneur venir habiter réellement l’hostie et le calice.Puissiez-vous le ressentir en regardant cette vidéo actuellement en ligne ! Et vous vous direz alors uq’il n’-y-a bien qu’une seule et unique Messe dans l’Eglise catholique, apostolique et Romaine qui est celle du Fils de Dieu.

  7. Que la forme dite “extraordinaire” ait été modifiée jusqu’au milieu des années 60 ne permet en aucune façon de dire que 7 années les séparent.
    De même, la forme extraordinaire ne date pas de 1962. Le Saint Père a autorisé les prêtres à célébrer la messe en utilisant l’ordo de 1962 et a nommé cette forme “extraordinaire” en 2007.
    La forme “extraordinaire” n’est donc pas “née” en 1962 mais il y a bien 439 ans qu’elle a été formalisée, même si elle a été ajustée (à la marge) par la suite.
    [A la marge? Avec autant de missels différents que de diocèses? hum, hum… Lahire]
    En revanche, l’ordo de 69 a plus été l’autorisation “de fait” de faire n’importe quoi.
    [Vous n’avez pas du le feuilleter dans sa version originale écrite en latin… Lahire]
    Bref, votre remarque cher Lahire, est un tantinet inappropriée.
    [Bien sûr… combien d’ordo en France en 1900? Autant que de diocèses : 99! Le missel romain (avec les martyrs de Rome dans le Canon) est utilisé en France depuis 1905… Alors, remarque inappropriée? non. Lahire]

  8. Lahire,
    me permettrez-vous de vous apporter une précision, la sainte messe n’a pas 450 ans, son corpus était essentiellement défini au IV° siècle et la fixtion du rite par Quo Primum Tempore visait à éviter à l’avenir toute altération, tout retrait.
    Cordialement
    [Certes et sur quoi très précisément porte Quo Primum Tempore? Lahire]

  9. Vous avez tort de me censurer: lorsque je dis qu’il est faux de dire que le rite de St Pie V date de 450 ans, mais qu’il représente une somme de Traditions vieille de plusieurs siècles et formalisée par le Concile de Trente, j’explique pourquoi votre commentaire est erroné, je ne ressasse rien!
    [Combien de missels dans le monde pour ce rite en 1900? Combien par conséquent de canons (cœur de la Sainte Messe) différents? Lahire]
    Cette censure n’est pas digne du Salon beige, votre “sensibilité” dusse-t-elle en être heurtée.
    [Ma sensibilité (laquelle?) n’est pas heurtée par votre commentaire que je n’ai pas censuré, mais que j’ai simplement décidé de ne pas mettre en ligne (il existe toujours), vu qu’il comporte des propos qui auraient pu blesser inutilement d’autres personnes et qui surtout n’apportaient rien à la question réelle de ce post.
    Il ne s’agit pas en s’arrêtant au titre, de se lancer dans une bataille contre les “tradis” ou les “progros”, mais bien de discerner la manière par laquelle les deux formes d’un même rite doivent convaincre les fidèles à faire converger leur regards vers le même fond dans la charité.
    Comment mon attachement à telle forme peut-elle servir l’unité de l’Église qui ne peut pas faire l’économie nous dit Saint Paul de la charité?
    Les déchirements entre catholiques, les vieilles hâches de guerre ressorties (jusqu’à quand?), les guéguerres des ancêtres ou des has-been desservent celle-là même que nous voulons servir, l’Eglise. Le but n’est pas de faire un procès (comme certains aimeraient nous y contraindre dans l’affaire Mgr Gueneley vs Paix Liturgique) pour savoir qui a tort ou qui a raison : Rome s’en occupe et vous remarquerez que c’est fait par justice et charité à huis clos.
    Notre place de laïc nous contraint à faire le “petit boulot” avec désintéressement et abnégation et sans jouer au grand théologien ou au philosophe grec en nous mettant au service de la cause que le Pape nous impose : l’unité. Qui veut servir commence par s’oublier. Les états d’âmes et les vieilles querelles sans pardon ne font pas avancer l’affaire. Lahire]

  10. Une question naïve ?
    Il arrive aux cathos de gauche ou vaticanesques de faire de célébrations oecumeniques avec des protestants.
    J’y ait plusieurs fois participé et j’en garde un très bon souvenir.
    Arrive-t-il aux catho lefevristes de faire es rencontres avec des protestants très traditionalistes ?
    [Dialectique bien marxiste qui ne sert que la division. Si je jouais votre jeu, je vous demanderais :
    Quelle forme liturgique de la messe suivait Luther avant de virer sa cutie?
    Quelle forme liturgique de la messe utilisait le Pape Alexandre VI devant ses enfants?
    Etc…
    Ne jouez pas ce jeu-là qui divise. Au contraire, demandez-vous comment votre attachement à la forme extraordinaire peut-elle servir l’unité de l’Église dans “une cohabitation sereine et harmonieuse”? C’est le seul objet de ce post. Lahire]

  11. Pouvez vous me dire s’il existe une version française (ou autre d’ailleurs, latine ou anglaise de préférence) du compendium eucharisticum?
    merci
    Abbé Cariot
    [Vous pouvez vous le procurer à la librairie vaticane. Je ne l’ai pas trouvé sur internet.
    http://defend-us-in-battle.blogspot.com/2009/10/manual-for-proper-celebration-of-mass.html
    http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2210095_compendium
    Lahire]

  12. Le corpus de la messe défini au IVème siècle? Juusqu’au VIIIème siècle nous ne savons pas avec exactitude à quoi pouvait ressembler la liturgie romaine. Les documents font défaut.
    La Bulle “Quo primum” voulait fixer le rite. Certes. Mais y est-elle parvenue? En France – pour ce prendre que cet exemple – la liturgie romaine voulue par le missel “de S. Pie V” n’a été célébrée qu’à partir du XIXème siècle, grâce aux travaux de Dom Guéranger; auparavant chaque diocèse avait “son” rite “romain” plus ou moins altéré. Dom Guéranger lui même n’a fait connaissance avec le rite romain qu’en allant célébrer la messe chez des religieuses de Laval, et de retour au Mans il a dû obtenir l’autorisation de son évêque pour utiliser le missel romain en usage à Laval. Au même moment, le diocèse de Langres avait quatre “rites romains” différents.

  13. C’est très juste, nous devons en effet aller au delà de ce qui est du simple ressort d’une sensibilité et ne pas l’imposer à l’autre pour l’unité de l’Eglise.
    Mais la messe est loin d’être du ressort d’une simple sensibilité, c’est une divergence doctrinale. Cela, nul ne peut l’ignorer.
    [Tout à fait, il appartient donc aux seuls gens compétents pour en discuter et ils sont à Rome. La doctrine n’est pas dans l’assiette de monsieur “tout le monde” qui s’autoriserait à penser… Lahire]
    Quand j’ai appris que la nouvelle messe a été définie par une définition hérétique, changée ensuite (sans que la messe ne soit changée), je n’ai trouvé que cela était du ressort de la sensibilité.
    [vous avez trouvé cela dans le Magistère de l’Église, seule référence sur le Salon Beige, où, une fois encore, chez des gens qui, autorisés à penser comme tout le monde, n’ont pas forcément la compétence pour en parler publiquement si tout au moins on respecte la Tradition de l’Église, précise sur ce point? Je n’ai jamais lu dans l’enseignement traditionnel de l’Église de toujours à nos jours, une telle affirmation. A ma décharge, je n’ai pas encore tout lu… Lahire]

  14. @ Lahire
    Je comprends votre affirmation sur la nécessité de ne pas se référer à des sensibilités, mais à l’enseignement et aux décisions de l’Eglise, surtout dans ce domaine très passionnel, particulièrement en France.
    Cependant, l’usage de la sensibilité n’est pas le fait des prêtres et fidèles attachés au rite appelé depuis qq temps ”rite de 62”, par un effet de langage qui vise habilement à montrer qu’il n’est pas si ancien que le disent ceux qui le rejettent : en effet, quel que soit leur statut canonique, ”excommuniés” ou non, ”schismatiques” ou non, tous, prêtres ou laïcs, célèbrent et assistent selon le même rite, même si l’ars celebrandi diffère. Cette unité liturgique est frappante, et la ”sensibilité” que vous condamnez en est quasi universellement absente.
    Par contre, le rite de 1969, effectivement promulgué en latin, effectivement proche du canon romain du Missel de St Pie V-1962, est lui victime directe des ”sensibilités” : outre qu’il en a été autorisé des versions multiples, dés lors que les conférences épiscopales aient été autorisées à le faire, il est évident que quasiment chaque paroisse de France célèbre selon un rite local, depuis l’absence de cierges et de crucifix sur l’autel, en passant par des variantes des textes liturgiques sans fin. Il est impossible de nier ces ”sensibilités” multiples et le plus souvent en rupture avec le texte de 1969 et même ses variantes ”autorisées”
    Enfin votre jeunesse sans doute vous fait ignorer tous les débats théologiques qui suivirent la promulgation du rite de 1969 : la Revue ITINERAIRES de Jean Madiran mais d’autres revues également avec le concours de théologiens et de liturgistes de haut niveau démontrèrent à l’époque les ambiguïtés et manques de ce qu’on appelait alors le ”nouvel ordo”. C’est cela qui motivé le non possumus de Mgr Lefebvre, quoi qu’on pense ensuite de l’évolution de ses rapports ”disciplinaires” et canoniques avec Rome. Les constats établis par les plus grands spécialistes de l’époque demeurent valables aujourd’hui, et le cardinal Ratzinger dans plusieurs de ses livres mais aussi conférences les a repris ; cela explique son programme d’une ”réforme de la réforme”, et le fait qu’il ait promulgué le Motu Proprio récent, après avoir inspiré celui de J-P II, malheureusement peu appliqué.
    Il est rapide de renvoyer dos à dos toutes les ”sensibilités” en affectant de penser que certains arguments fondés et démontrés sont de l’ordre du subjectif, et ceci dans le seul but de la réconciliation : ce n’est pas la démarche de Rome actuellement, puisque des discussions sur le fond ont lieu entre le ”noyau dur” du courant attaché à l’ancien rite, afin de trancher sur la question de l’herméneutique conciliaire à la lumière de la Tradition, ce qui reprend implicitement la démarche proposée initialement par Mgr Lefebvre.
    On ne peut relativiser le rite ancien en disant qu’il était peu observé, ce qui revient à reconnaître le bien fondé de sensibilités locales, même anciennes, pour faciliter aujourd’hui la coexistence des deux rites.
    En effet, contrairement à ce que dit un des commentaires, Denis Crouan, je crois, le canon romain de l’église latine était fixé dans ses éléments essentiels dès le Vème siècle et les éléments ne manquent pas qui le prouvent, sur lesquels s’appuya déjà la réforme grégorienne. Et si une multitude de rites officialisés et fixés dès le Moyen Age, malheureusement abandonnés, a subsisté jusqu’au XIX ème, ils n’affectaient que très peu l’essentiel de l’Offertoire et du Canon. C’est en cela que PIE V, par le Missel issu du Concile de Trente, a promulgué un texte qui n’était pas une nouveauté mais un texte médian, un tronc commun déjà en vigueur, et cela ne choqua pas, au contraire.
    Qu’au XIX ème Don Guéranger ait découvert tardivement le rite de St Pie V authentique n’a rien de surprenant : avec la décadence ecclésiale du XVIIIème, le gallicanisme, puis la Révolution, tout avait disparu, y compris le grégorien qu’il a ressuscité, selon des modalités musicologiquement contestées depuis.
    Nous devons éviter d’être des tradis talmudiques, mais il ne faut pas non plus relativiser les faits et la succession des faits qui ont bâti notre tradition liturgique : qu’il faille par ailleurs admettre le nouvel ordo, pourquoi pas, par catholicisme romain au bon sens du terme, sans cela ne peut faire disparaître toutes les critiques formulées sur cet ordo, et admises par le Cardinal Ratzinger et nombre de ses amis ou proches, dans les ouvrages qu’ils ont publiés depuis 20 ans.
    A la limite, l’idée que suggéra il y a plus de vingt ans l’Abbé Houghton, anglican converti au catholicisme puis ordonné prêtre ensuite, et demeuré fidèle à l’ancien rite de St Pie V, d’une fusion des deux rites, est plus conforme à la logique catholique : ne conserver que ce qui qui est authentiquement fidèle à la Tradition liturgique latine, pour étonnante qu’elle soit, quoiqu’imprégnée d’un pragmatisme très britannique, cette proposition est bien préférable à l’idée que l’extinction des ”sensibilités”.
    l’évocation des ”sensibilités”.
    Car dans ce sujet de la liturgie, rien n’est de l’ordre de la sensibilité, mais du rapport entre la Foi et son expression sensible, ce qui est très différent de la sensibilité.
    [Merci pour ce commentaire aussi intéressant que sainement motivé. Il aide égalemnt à départir ce que je ne faisais pas correctement jusque là : il y a des questions de l’ordre de la Foi qui concernent Rome et les spécialistes sur lesquelles les discussions se déroulent de façon dépassionnée sans doute, mais surtout à huis clos. Les raisons des divisions ne sont pas à mettre sur la place publique. Par ailleurs, il y a la question de la sensibilité de TOUS les défenseurs de tel ou tel missel : cette sensibilité doit être mise au service de l’Eglise et de son unité et non être l’occasion de divisions supplémentaires et de querelles incessantes qui devront bien cesser ne serait-ce que par fidélité à Rome et à Notre Sainte Mère l’Eglise.
    Enfin, pour apporter un élément supplémentaire à cette riche contribution sur les rites : force est de constater que le missel était dans les mains de chaque évêque jusqu’à 1905 et qu’il en existait autant que de diocèse, l’évêque étant l’autorité liturgique par excellence. Cela suffit à questionner chacun sur l’unicité du missel avant 1905… mais là n’est pas mon propos : on assiste avec le motu proprio à la perte de cette unité de missel, donc d’ordo liturgique (prérogative de l’évêque) pour les prêtres relevant de cette juridiction. Cette nouveauté n’est pas en soi critiquable puisqu’elle vient du Saint-Père, mais elle ajoute un élément perturbateur à la cohabitation et repousse d’autant les cathos à d’autant d’incompréhension provocatrice d’exacerbation de la sensibilité…
    Lahire]

  15. à Lahire,
    je comprends que si vous imaginez qu’au Vatican “les débats sont dépassionnés” , vous ayez l’impression que l’on laverait son linge sale en public à mauvais escient en disant , ne serait-ce que la vérité sur ce qui se passe en France où l’Église tarde à se libérer de l’emprise qu’avait objectivement établie en son temps la tutelle révolutionnaire, quelle soit d’obédience “libérale” , ce qui n’est pas d’Église , ou communiste, pas davantage.
    Dès lors je ne saurais que trop vous recommander de vous renseigner sur la réalité des débats au Vatican qui font plus que justifier si besoin était que notre bon Sant-Père appelle au secours ses fidèles à la prière pour échapper aux dents des “loups” .
    [Je n’ai pas l’habitude d’une curiosité malsaine qui consiterait à aller chercher à savoir ce que le Pape décide de faire à huis clos. Et quand bien même, je saurais quelque chose 😉 , je ne m’en vanterais, ni le ferais savoir sur la place publique. Lahire]
    Bien loin du sujet seraient les malheureux bien intentionnés qui n’appréhendraient pas lucidement et courageusement cet aspect de la dure réalité, qui , je le répète ne sera pas un chemin de rose pour les catholiques , sauf à connaître la Grâce de l’assumer pleinement, comme le disait récemment en termes encore plus crus, son Excellence le Cardinal George.
    [Totalement d’accord! Lahire]

  16. à Lahire,
    je ne pense pas que cela relève d’une “curiosité malsaine” que de partager le fardeau de ceux qu’on aime avec lucidité et courage et Espérance.
    [Primo : je n’ai jamais écrit cela. La polémique que vous entretenez par une incompréhension tellement persistante que je vais finir par la croire volontaire commence à me faire perdre beaucoup trop de temps. Il est malsain de chercher à savoir ce qu’il se passe à huis clos sur décision du Pape. Point barre. Lahire]
    n’oublions pas le précepte particulièrement utile en ces temps d’obscurité : “la Vérité vous rendra libre” .Il ne me semble pas écrit dans la Vie du Christ que cette Vérité devrait être ici bas un chemin de roses…
    [Secundo : une fois encore, vous interprétez. Votre manière d’entretenir cette discussion montre qu’effectivement on peut avoir du mal à comprendre la Vérité. Je vais vous dire les choses plus crûment : la dispute entre Paix liturgique et Mgr Gueneley ne nous intéresse pas. On s’en f… royalement par liberté et aussi par charité et par souci de ne pas chercher de jouissance orgueilleuse dans ce type de mesquineries dont je sais que certains raffolent. Le sujet est clos. Inutile d’insister, je ne vous répondrais plus ici. En revanche, vous avez mon adresse mail comme tous les lecteurs. Bon WE, à la semaine prochaine si vous le souhaitez. Lahire]

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