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France : Politique en France

L’union de la droite n’aboutira que sur la pression de la base

De Guillaume Bernard sur Atlantico :

"S’il y a recomposition [politique], elle viendra avant tout par la droite de
l’échiquier politique. Le « mouvement dextrogyre » pousse à un
rapprochement de la droite extrême et d’une partie de l’UMP
. Les
principales divisions doctrinales passent non pas entre la droite et la
gauche mais au sein de la droite (acceptation ou non du progressisme
dans les mœurs, du multiculturalisme dans l’identité nationale) et de la
gauche (acceptation ou non de l’économie de marché).
Il n’est pas
impossible, si la situation se tend encore, que l’on assiste, à terme, à
un éclatement des partis modérés de la gauche et de la droite : une
partie du PS s’unissant au Front de gauche, une partie de l’UMP
s’associant avec le FN. Etant donné que le PS tient les manettes
nationales, cette évolution est, pour l’instant, plus vraisemblable à
droite qu’à gauche. Si cette recomposition devait se réaliser, elle
présenterait l’avantage de clarifier les options politiques (et de
ressembler à l’état des forces politiques au niveau européen) : au-delà
d’un centre hypertrophié pouvant pencher tantôt à droite ou tantôt à
gauche (cela donnerait du poids au Modem et à l’UDI qui sont, pour
l’heure, moribonds), les extrêmes seraient effectivement de droite ou de
gauche. La vraie difficulté sera alors de trouver des chefs
charismatiques, des têtes d’affiche crédibles et capables d’assurer
(d’imposer ?) la cohésion, à ces nouvelles organisations. Il est
vraisemblable que l’union des différentes composantes de la droite de la
droite (pour l’essentiel, une part importante de l’UMP, avec ce qu’il
reste du MPF, ainsi que le FN mais aussi nombre de ses dissidents et
certains de ses « purgés ») ne pourra être réalisée qu’à la condition
que les actuels ténors de cette large mouvance acceptent sinon de céder
leur place du moins de la partager avec de nouvelles têtes, voire
d’anciennes, nationales ou locales, actuellement en retrait. Il en va de
la crédibilité de cette union : d’une part, que le lien, le liant, soit
effectivement incarné, d’autre part que toutes les tendances soient
effectivement représentées et implantées. Si tel n’était pas le cas,
cette union ne serait qu’une juxtaposition d’intérêts particuliers et
non une alliance politique d’envergure. Les actuelles organisations n’y
voient sans doute pas leur intérêt. Le FN, par exemple, souhaite des
alliances locales avec l’UMP pour faire voler définitivement en éclat le
« cordon sanitaire » mais, en même temps, les craint pour deux raisons :
d’une part, à cause du risque de voir certains de ses cadres et élus
être, par capillarité, attirés hors de son giron et, d’autre part, parce
qu’il risquerait de perdre sinon son identité du moins sa spécificité
politique qui lui a permis, jusqu’à présent, de rebondir plusieurs fois
après des défaites électorales parfois cuisantes : être à la marge du
système partisan. Si l’union de la droite est inscrite dans le «
mouvement dextrogyre », elle n’aboutira que sur la pression de la base
et peut-être même se réalisera-t-elle d’abord en dehors des partis
politiques, comme avec « La manif pour tous », pour ensuite s’imposer à
eux.

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