L’UMP chercherait-elle à se libérer de l’emprise idéologique de la gauche ?

A quelques jours des européennes (hasard ?), Valeurs Actuelles publie un papier très intéressant sur la stratégie de l'UMP. Jean- François Copé a confié à Hervé Mariton, député de la Drôme, l’animation d’un groupe de travail sur les questions de société [unions homosexuelles, travail dominical…] de 23 élus, qui ont auditionné de nombreuses personnalités. VA publie des extraits d'un rapport d’étape de cette réflexion de fond. Extraits :

U "Un travail de refondation idéologique effectué au sein de notre famille politique a permis à la droite de reprendre l’offensive sur un certain nombre de sujets [travail, sécurité, fiscalité...] Restent les questions de société. Sur ce point, force est de constater que nous n’avons pas résolu nos ambiguïtés et que nous assumons difficilement nos convictions. Le malaise persiste et la droite ne s’exprime pas sur ses valeurs. […] Exemple sur la question des couples de même sexe : la gauche propose le mariage pour les personnes de même sexe. S’y opposant, le candidat Sarkozy proposait le contrat d’union civile […] Au-delà de l’erreur intellectuelle, c’est une erreur politique : reprendre cette dialectique dans les termes actuels revient à se placer de facto en situation d’infériorité idéologique. […] Trois options se posent alors pour la droite :

  • Soit l’on pousse jusqu’au bout l’alignement pour être aussi “moderne” que la gauche. C’est l’option que choisissent certains de notre famille politique, soit par conviction, soit pour jouer la différenciation interne, soit par esprit de mode. […]
  • Soit on sort de la dialectique “modernité-conservatisme” pour proposer une autre dialectique. C’est par exemple ce que fait Sylviane Agacinski sur le thème des mères porteuses, où elle pose plus ou moins explicitement une dialectique entre “barbarie-civilisation”. […]
  • Soit on retourne la dialectique à notre profit en donnant un autre contenu à la “modernité”, en abordant de front des problèmes tabous et en apportant les réponses sur un terrain choisi. […]

Par exemple sur les questions de famille, le coeur du débat politique porte aujourd’hui souvent sur des questions symboliques qui ne correspondent pas aux attentes majoritaires de l’opinion, ni aux enjeux les plus préoccupants pour notre pays. N’ayons pas peur d’affirmer clairement nos valeurs mais ne nous laissons pas enfermer dans des débats réducteurs. […] Au premier rang de ces problèmes, par exemple :

  • les difficultés dans l’éducation des enfants (quelle que soit la structure familiale) ;
  • l’instabilité des couples qui a un impact fort dans la vie des différentes personnes concernées mais aussi au niveau de la société (taux de pauvreté des familles monoparentales : 19,8% contre 7,1 % sur l’ensemble des Français - taux qui monte à 46,2 % pour une mère inactive avec enfants ; problème de logement…).

Voilà deux sujets sur lesquels notre famille politique peut apporter des réponses […] Ces champs sont très peu explorés par les partis politiques alors qu’ils répondent à une attente prioritaire des Français, qui sont très attachés à la “famille”, quelles que soient ses évolutions récentes. […] la question de la déjudiciarisation du divorce a un moment été évoquée dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques et de la commission Guinchard. […] Cette proposition apparaît a priori comme une mesure “pragmatique” neutre. Pourtant, elle porte en elle une conception du mariage, conçu comme un contrat d’ordre privé, qui peut être rompu entre les deux contractants sans décision de justice. Que les promoteurs de cette mesure en aient conscience ou non, cela marque une rupture par rapport à la conception d’un mariage également considéré comme une institution et comportant une dimension publique. À travers une réforme de procédure, on voit bien que c’est la question du mariage comme institution ou comme simple contrat d’ordre privé qui est en jeu. […]

Pour gagner en cohérence et en force de conviction, notre famille politique doit aujourd’hui faire l’effort de repréciser les valeurs et le projet de société qu’elle défend.”

Pour ce faire, il conviendrait que l'UMP reconnaisse la loi naturelle. C'est indispensable. Mais en aura-t-elle le courage ? Une preuve de ce courage serait de dissoudre GayLib.

16 réflexions au sujet de « L’UMP chercherait-elle à se libérer de l’emprise idéologique de la gauche ? »

  1. alain21

    Peut-on être libéral sur le plan économique sans l’être sur le plan politique et des valeurs ?
    Le libéralisme est une doctrine qui affirme le primat de la liberté individuelle . Cette liberté, posée comme absolue , est-elle être compartimentée?
    Le philosophe de gauche Jean-Claude Michéa (dans son livre”la double pensée” )conclut à une impasse pour son camp ( la gauche anti libérale sur le plan économique ) : elle ne peut pas poser comme fondamentale la liberté individuelle en matière de moeurs (exemple: mon corps m’appartient ) sans reconnaître la prégnance de la liberté “économique”.
    Je crains que la proposition symétrique soit vraie, vu de droite : pas de libéralisme économique sans libéralisme idéologique.
    [Mais l’UMP est-elle libérale sur le plan économique ? Si c’était le cas, le gouvernement n’aurait pas subventionné les banques, aurait supprimé l’ISF et bon nombre de taxes sur les sociétés, etc. MJ]

  2. PK

    Blablalbla…
    C’est toujours un grand moment que les périodes électorales : c’est le moment où l’on pense qu’on est censé appartenir à un courant de pensée et que les électeurs vont peut-être nous juger sur ce courant de pensée…
    Rassurez-vous, brave UMPistes (et autre sous-mariniers associés) : les électeurs sont des veaux… continuez à appliquer scrupuleusement le programme de la Révolution : c’est votre boulot et vous le faîtes bien. Vous toucherez votre récompense en temps et en heure.
    Faîtes-vous un peu mousser en ce moment pour ceux qui ne sont pas encore totalement décérébrés : ils pourront tranquillement et en toute conscience vous donner leur aumône républicaine dans les urnes… avec le sentiment du devoir accompli.
    Pauvre de nous… Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous et pour le salut de la France.

  3. alain21

    @MJ
    Disons que l’UMP n’est pas libéral sticto sensu au plan économique ,mais pragmatique à tendance libérale.
    Pour les exemples cités ,prenons les banques subventionnées , il y a des pays et des gouvernements qui l’ont fait et que l’on ne peut pas soupçonner d’être des apôtres de l’économie dirigée . Les Etats Unis sont même allés jusqu’à la nationalisation de certains instituts financiers.
    Pour la non suppression de l’ISF , cela est dû à un manque de courage politique
    [Justement : la nationalisation n’a rien à voir avec l’économie libérale. Le capitalisme d’Etat, c’est du socialisme. Les mots ont un sens. S’ils ne sont pas les apôtres de l’économie dirigée, ils ne sont pas non plus celui du libéralisme économique. MJ]

  4. Sancenay

    j’ai quelque raison de croire que notre combat sur le net et en particulier sur le Salon beige n’est pas étranger à cette prise de conscience si tardive.
    Ce qui prouve si besoin était que de se rendre pieds et poings liés aux pâles mises en scènes scrutatoires qui nous sont proposées ne sont pas nécessairement les engagements politiques les plus efficents.
    Qouiqu’il en soit, cette tardive remise en cause devrait obligatoirement amener chaque partisan de l’UMP à faire les choix vitaux qui lui éviteront de sombrer dans le grotesque marais de la “com” qui risque fort de rester cependant le lot commun de ceux qui songent davantage à servir quelques officines à peine masquées qu’à servir le bien commun.
    Il est singulier de voir ce parti sans grande foi ni grande loi se réveiller surpris de se voir déborder à droite par la gauche , sur l’objet même du politique:
    la promotion en toute chose publique de l’humanité.
    Oui, Michel Janva votre invitation à passer par la case loi naturelle est tout à fait incontournable. Hors de cela point d’adhésion et de cohésion sociale indispensables pour surmonter “la crise”, point de salut.
    Car la déshérence politique n’a que trop duré et l’agitation ne convaincq plus grand monde.

  5. P G.

    @ Alain 21
    La France n’est pas un pays libéral : c’est même le pays industrialisé riche dans lequel les prélèvements fiscaux et sociaux sont les plus élevés.
    Certains pays nationalisent les banques, comme les USA ou la GB : c’est exact mais c’est une erreur typiquement keynésienne et socialisante, qui pense qu’en contrôlant le crédit et manipulant la monnaie on fait la prospérité économique. Cela a causé la crise des subprime immobilière, et celles qui suivent, comme l’automobile, etc…. et tous les actifs toxiques issus d’un crédit à tout va favorisé par l’émission imprudente de dollars. Ce sont des institutions héritées de Roosevelt, renforcées par Kenedy et Johnson, que Clinton a utilisé pour créer une euphorie artificielle.
    Obama poursuit dans le même sens, plombant les USA d’une dette publique immense, dont les USA ne pourront sortir que par l’écrasement économique de l’Europe par le biais du dollar et la voie militaire en Asie centrale : Afghanistan et Pakistan, interventions qui feront remonter le cours du pétrole à de sniveaux jamais atteints, mais dont eux contrôlent l’essentiel.
    Comme Roosevelt : le socialisme, le jacobinisme avant lui, le nazisme, tous les étatismes impérialistes tentent toujours de résoudre leurs échecs intérieurs par les crises, voire les guerres.
    Le libéralisme économique n’a rien à voir avec la gauche politique et la droite issue du jacobinisme voltairien et bourgeois. Les racines du libéralisme authentique sont médiévales, et traversent notre histoire européenne, au travers de l’école thomiste de Salamanque et au delà au travers des catholiquess sociaux autrichiens. De là sont issus autant HAYEK, MISES que aujourd’hui HOPPE, ”libéral” mais monarchiste et critique de la démocratie.

  6. PK

    @ Sancenay,
    Internet sera sans doute l’élément clé de la contrerévolution. Pour la *première fois*, les catholiques disposent d’un moyen fiable, rapide, peu coûteux pour communiquer et se rassembler.
    Pour la première fois, la Révolution voit se dresser un contre-pouvoir qu’elle ne maîtrise pas.
    Ce n’est pas pour rien que le « grand mètre » tente désespérément d’imposer la loi HADOPI (et autres successeurs). L’excuse des marchands de vide intellectuel comme Universal n’est qu’un rideau de fumée bien pratique…
    Le but in fine est bien de museler ce réveil inévitable des catholiques qui va tout emporter sur son passage… un réseau aux ordres nous compliquerait la tâche…
    Fort heureusement, dans sa bienveillance, le Seigneur va leur compliquer diaboliquement la tache… Internet est extrêmement difficile à mettre au pas (au moins, sans paraître trop tyrannique) et les moyens de contourner les interdictions sont légions.
    La bête a peur et fait feu de tout bois en ce moment… C’est un excellent signe de la Providence…
    Continuons à prier la Vierge afin qu’elle intercède pour nous et pour la France auprès de NSJC…

  7. alain21

    @PG
    D’accord pour la définition du libéralisme économique.
    Mais vous ne répondez pas à ma question : peut on être libéral en matière économique sans l’être aussi sur le plan politique et idéologique ?

  8. bébert

    tout cela est du blabla pré-électoral
    je partage le jugement de Michel Janva, à savoir que l’UMP n’est même pas libéral sur le plan économique, ce qui explique qu’elle doit l’être sur le plan sociétal,pour faire illusion,et parce que (n’en déplaise aux lecteurs du Salon Beige) c’est moins important

  9. jano

    Nous pouvons déjà répondre NON à la question posée dans le titre. Toutes les idées de gauche sont bien ancrées dans l’UMP d’où l’UMPS!
    Quant au libéralisme…toutes les banques privées sont arrosées avec nos impôts ainsi que les grandes entreprises.
    Comme l’écrit PK ci-dessus c’est du BLA-BLA-BLA !!!!

  10. Fabrice D.

    J’ajoute, pour compléter les propos de P.G., que l’existence dans notre pays d’un arsenal juridique anti-discriminations est une grande infraction aux principes du libéralisme que sont la liberté contractuelle et le respect de la propriété privée.

  11. Mingdi

    C’est incontestablement du bla bla bla électoraliste mais consternant par ce qu’il laisse imaginer de ce qui se trame en coulisses. Que le doucereux Copé devienne par défaut le champion du redressement moral dans notre pays laisse bien voir à quel degré d’avilissement nous sommes déjà tombés. Et il y aura des candidats à la dhimmitude pour chanter le laus de la charia!

  12. JM

    Comme disait Coluche, “si les élections changeaient quelque chose, ça ferait longtemps que les élections auraient été supprimées”
    Bref ne vous faites pas d’illusion sur la volonté réelle d’un membre de l’UMP, du PS, ou de n’importe quel politicien du système ou prétendûment opposé au système de travailler pour le bien des gens; ce serait renoncer à ses multiples avantages en nature ou financiers. On l’a d’ailleurs bien vu à ses élections avec ses innombrables listes digne du grand guignol. L’argument “se libérer de l’emprise idéologique de la gauche” (ou se libérer de l’emprise idéologique de la droite pour la gauche) est une imposture de mon point de vue, sachant que les grands médias promeuvent totalement les thèses de l’UMPS.

  13. Sancenay

    à PK
    le relatif libre usage (qui existe pour l’instant sur internet est aussi un moyen de ficher les individus et de repérer les “leaders d’opinion” , on l’a vu ici même par une stupéfiante demande publique d’enquête à l’université, sur les chercheurs, rapportée si je me souviens bien par notre ami “trahoir”.
    Mais peu importe compte tenu de l’enjeu qui est la survie de l’humanité respectée comme telle.
    Tant que nous pouvons écrire et diffuser faisons-le en abondance.
    Ce qui sera semé dans les coeurs et les esprits mûrira tot ou tard ici ou là et les gardiens du cirque n’auront plus assez de jambes pour courir après la vérité ,quelque soit entre temps le sort qui nous aura été fait de notre “insolence” envers ce système devenu fou.
    *cf les soucis de nos amis d’E-deo ou les étrange réponses, ou plus exactement ripostes, que peut faire l’opérateur Orange si vous lui écrivez pour protester, comme ce fut mon cas pour sa propagande aux frais de l’usager, pour l’euthanasie en tarnscrivant texto à la une la propagande de l’ADMD))
    Je ne pense pas par contre que le Seigneur “compliquera” quoique ce soit, et assurément pas “diaboliquement”: il nous a fait libres, et ce en toute circonstance, à toute époque , à nous de l’assumer , en effet pour lui en rendre grâce et le servir en servant l’humanité le plus charitablement possible malgré la rudesse du combat qui nous atteint tous dans toutes les dimensions de notre vie, n’est-ce pas ?
    “Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés”

  14. P G.

    @ Alain 21
    Question centrale en effet, et dont la résolution pratique conditionne la réussite du combat de la droite des valeurs et nationale, valeurs chrétiennes bien entendu.
    Le libéralisme économique n’est pas une doctrine politique au sens strict : ce n’est que le fruit de l’observation de l’économie naturelle, celle qui assure la prospérité des la société au travers de la responsabilité et des libertés civiques que préconise la Doctrine Sociale de l’Eglise.
    Le libéralisme politique est né sur la négation de ces libertés et de cette responsabilité : les ”libéraux” politiques du XIX ème avaient accepté la main mise étatique sur la société : ils niaient les libertés légitimes des personnes et des corps sociaux que défendaient les catholique sociaux. Ces libéraux exprimaient les intérêts de la bourgeoisie d’affaire issue de la révolution et leur libéralisme affiché était un conservatisme égoïste de classe : ils défendaient les privilèges de l’argent contre le reste de la société, comme le font d’ailleurs aujourd’hui les lobbys de la gauche syndicats, associations subventionnées, monde de la culture subventionnée, qui parle de LA liberté en refusant les libertés civiles concrètes hors de l’Etat.
    Notre famille d’idée héritière des catholiques sociaux et des monarchistes s’est définie historiquement comme anti libérale : mais le temps est venu de distinguer l’état et les libertés, la nation et la société civile. C’est la distinction que demande la DSE, qui demande à la politique de laisser leurs responsabilités aux corps sociaux et aux individus.
    L’UMP est héritière elle des la bourgeoisie libérale issue de la révolution : le gaullisme a mêlé dès ses origines l’étatisme technocratique jacobin avec des idées de droite, celles-ci étant constamment gommées depuis 1958 au profit des idées de la gauche étatiste. Sarkozy continue DE GAULLE-Malraux continués par Giscard, puis Chirac.
    Il n’y aucun libéralisme dans ces gens, ni dans leur héritage et leurs idées. La commission MARITON a entendu GAY LIB et non pas l’ALLIANCE pour la Vie, ni même la Fondation de Service Politique, ou la Fondation Lejeune, qui avaient tous cru au retour des valeurs par l’élection de Sarkozy……..

  15. PK

    @ Sancenay,
    Pour le diaboliquement, il s’agit d’une pointe d’humour… le Saint-Esprit est parfois rudement taquin dans sa façon d’opérer…
    Sinon, oui, les cathos non dissimulés seront fichés (et le sont d’ailleurs déjà). Mais il s’agit ni plus ni moins que d’affronter ce qu’ont toujours affronté tous les catholiques depuis la venue du Christ : affirmer haut et fort leur foi de façon à répandre la bonne nouvelle…
    « N’ayez pas peur… »
    Rien de nouveau : seuls les moyens changent…
    Et aujourd’hui, on a la possibilité – sans précédent – d’appuyer sur l’accélérateur.
    Même si la prudence consiste à affronter le malin avec précaution, ce moyen inespéré – il y a encore 30 ans – nous donne un nouvel espoir (même si tout ne repose pas dessus : ne soyons pas naïf en confondant le moyen et le but).
    D’ailleurs, le Saint Père – qui est loin d’être mal conseillé sur la question – nous a clairement demandé d’occuper ce terrain… pour ceux qui ne le faisaient pas déjà 🙂

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