LR : seuls 2 candidats sont favorables à l’abrogation de la loi Taubira

Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson ont débattu dans Famille chrétienne, notamment de la loi Taubira. Extraits :

F"Hervé Mariton – Quand une loi est mauvaise, il faut être capable de l’abroger. Et la détermination politique ne doit pas s’effriter au seul motif que le temps passe. L’ambiguïté d’un François Fillon et les contradictions d’un Nicolas Sarkozy sont inacceptables. Sans parler des réponses d’autres candidats. L’abrogation est possible, le travail de juristes éminents autour du Pr Drago l’a démontré.

À la place, il faut proposer un projet ambitieux. Mais, sur ce point, nous devons être plus forts que les socialistes : avec la loi Taubira, ils ont imposé une violence à la société ; je ne suis pas favorable à une réponse du berger à la bergère. Dans mon programme, je n’investis pas beaucoup sur le domaine institutionnel, mais, sur ce sujet, je suis favorable à l’idée d’un référendum. Celui-ci comportera plusieurs dimensions : il visera à redonner toute sa force au quotient familial et à la politique des allocations familiales, à refuser le divorce sans juge proposé par M. Urvoas, à rétablir le mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme seule capable d’ouvrir la filiation, à abroger la possibilité d’adopter pour les célibataires, et à limiter la procréation médicalement assistée (PMA) aux seuls gamètes du couple, car toute autre formule instaure un droit à l’enfant que je récuse.

Par ailleurs, je suis favorable à un contrat d’union civile qui soit une reconnaissance publique de couples de même sexe engagés dans la durée, car je pense que, dans la société, l’ambition de durée est plus heureuse que l’absence d’ambition de durée. Ce contrat n’aura aucune conséquence sur la filiation.

Jean-Frédéric Poisson – Je suis d’accord à deux exceptions près. D’abord, le rétablissement de l’universalité des allocations familiales peut se faire par une loi ordinaire. Quant à l’union civile, tant que nous n’aurons pas quitté les institutions européennes judiciaires [la Cour européenne des droits de l’homme, Ndlr], la France prendra le risque de se faire imposer l’adoption homoparentale, la PMA et les mères porteuses, si elle reconnaît de façon institutionnelle la possibilité et la légitimité pour deux personnes de même sexe de sceller une union. Ce risque est très élevé, et je ne vois pas comment nous en départir. Je ne suis donc pas favorable à ce qu’un contrat, quel qu’il soit, se substitue au mariage pour tous.

H. M. – Ce risque juridique n’existe pas. Par ailleurs, je suis favorable à une révision du fonctionnement de la CEDH, et je crois qu’il est tout à fait possible de créer un rapport de force en Europe qui permet de la provoquer.

La question de l’abrogation du mariage pour tous est-elle un non-sujet de la primaire, comme le pense Nicolas Sarkozy, ou, au contraire, en est-elle un des principaux enjeux ?

H. M. – La loi Taubira n’est pas la seule question de la primaire, nous en avons conscience. Mais c’est une question importante qui peut mobiliser des électeurs. Nous savons que le corps électoral est motivé par une vision d’ensemble mais aussi par un certain nombre de causes. Ceux pour lesquels ces sujets comptent ne doivent pas considérer que les débats sont épuisés. Les visées destructrices contre la famille comme cellule de base de la société ne sont manifestement pas éteintes aujourd’hui.

J.-F. P. – Les Français attachés au mariage et à la famille doivent profiter de ces primaires pour le dire avec force. Il n’y a pas de question à se poser. Aujourd’hui, seuls deux candidats s’en préoccupent. Après, le choix des électeurs vers l’un ou vers l’autre se fera sur d’autres critères. Face à l’offensive terrible de destruction de la famille et d’affaiblissement de l’institution matrimoniale, il n’y a pas le choix. Soit les électeurs se déplacent et nous donnent les moyens d’actionner les leviers qui nous permettront d’engager les réformes au moment venu. Soit ils ne se déplacent pas, et il ne nous restera que nos yeux pour pleurer.

Mais choisir entre vous deux, n’est-ce pas diviser les forces sur ce sujet de société ?

J.-F. P. – On verra bien ce qui se passera les 20 et 27 novembre, dates des scrutins de la primaire. Les personnalités politiques Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson représentent, pour qui est attaché à la famille, deux sensibilités proches, mais différentes par certains aspects. C’est bien ainsi. 

In fine, nos positions s’additionneront, d’une manière ou d’une autre. Nos concurrents, qui sont tous rétifs, pour ne pas dire frileux, sur cette question de l’abrogation la loi Taubira, ne regarderont que cette addition au moment de compter les points."

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