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Institutions internationales

L’OTAN, outil de contrôle politique des Etats-Unis

Lu ici :

Nto "Les Etats-Unis ont annoncé la fin de la guerre en Afghanistan pour 2014 : que l’on y croie ou non, il fallait bien, une fois cette annonce faite, justifier la perpétuation de l’organisation. C’est pourquoi a été rendu officielle et approuvée par tous les membres la mise en place d’un bouclier anti-missiles stratégique, dont on sait combien il est mal ressenti par la Russie.

Mais tout cela n’est qu’apparence car, par-delà les ronds de jambe des diplomates ou le déploiement d’uniformes de généraux de toutes couleurs, l’OTAN est aujourd’hui, moins une alliance militaire qu’un moyen de contrôle politique par les Etats-Unis de leurs « alliés».
La présence de contingents autres qu’américains en Afghanistan, où les Américains font l’essentiel du travail, est d’abord une caution politique apportée à leur action.
Et comment en serait-il autrement puisque les pays d’Europe occidentale ne consacreront bientôt qu’à peine plus de 1 % de leur PIB à la défense, pour 4,6 % aux  Etats-Unis – soit 43 % des dépenses militaires mondiales.
Les Etats-Unis ont beau se plaindre de l’effondrement progressif de l’autre pilier de l’Alliance sur lequel, au moins en théorie, ils aimeraient compter, ce fait est déjà pris en compte par leurs théoriciens : pour le néo conservateur Robert Kagan, ( La puissance et la faiblesse, 2003 ), il est acquis, que les Etats-Unis sont une puissance « martienne », vouée à la guerre et pleinement acteur de l’histoire contemporaine, tandis que les Européens ne sont plus que des « vénusiens », adonnés à l’amour et aux bons sentiments et oublieux du tragique de l'histoire, trop heureux d’abandonner le soin de leur défense à leur grand allié.

Et n’est-ce d’ailleurs pas ce qu’ils ont voulu ? Les folles spéculations de Z.Brzeszinski (Le grand échiquier, 1997) partent de l’idée que le seul moyen que l’Europe reste pour les Etats-Unis un allié sûr, qu’elle ne bascule pas dans un bloc eurasiatique hostile, était de la « castrer », d’anesthésier sa volonté, au travers d’un contrôle étroit de la politique des pays d’Europe occidentale (dont le dernier film de Polanski, The ghost-writer donne sans doute une idée) et d’organismes comme l’OTAN.
Que l’assujettissement entraine la baisse de l’effort de défense, c’est ce que le général de Gaulle avait prévu dans une incise, passée alors inaperçue, de sa célèbre conférence de presse du 23 février 1967 où il annonçait le retrait de la France de l’organisation intégrée de l’OTAN.
« La volonté qu’a la France de disposer d’elle-même, volonté sans laquelle elle cesserait bientôt de croire en son propre rôle et de pouvoir être utile aux autres, est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée. »
Autrement dit, de Gaulle posait le théorème suivant, que la suite des événements devait valider : la propension d’un pays à payer pour sa défense – et donc à demeurer un allié sûr – est proportionnelle à son indépendance. Pas d’indépendance, pas de défense".  

Ca mérite réflexion pour le bien commun à court terme de notre propre pays.

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5 commentaires

  1. LSB devient soudain gaulliste ? LSB préférerait que la France – ou plutôt ce qu’il en reste – s’allie à la Chine et au Monde musulman ? C’est déjà, un peu, le cas, remarquez… Sans rancune,
    Michel Garroté
    Rédacteur en chef
    http://drzz.info/
    [Ca veuut dire quoi “gaulliste”? Citer une phrase de De Gaulle? Ca veut dire quoi “non gaulliste”? Ne pas citer de phrase de De Gaulle? Je ne connais pas cette césure intellectuelle. Je me situe en dehors d’elle. Sans doute, une question d’époque…
    Bien marxiste la dialectique : si ce n’est pas blanc, c’est noir. vous noterez au sujet de la Chine que j’ai cité cet article jusqu’au mot “indépendance”… Tout un programme pas gaulliste ni anti-gaulliste. Français, tout simplement.
    Lahire]

  2. Interessant. Mais pas un mot sur l’islamisation de l’Europe. La France devenant une des premières nations musulmanes dotées du plus gros arsenal atomique… qu’est ce que cela inspire à la diplomatie américaine ?

  3. Cher Lahire, le souverainisme et l’indépendance absolue de la France sont une idée notamment gaulliste, et tous les souverainistes se réfèrent à de Gaulle. Cela dit, lorsque de Gaulle quitte l’OTAN, son argumentation est un mensonge, à savoir qu’il n’y a plus de menace sur l’Europe, alors que après la chute du mur de Berlin, les archives soviétiques révéleront que des plans pour envahir l’Europe ont existé jusqu’à la fin. D’ailleurs, Giscard fera rentrer à nouveau la France dans l’OTAN sans le dire, et sans baisser les crédits, Mitterrand continuera cette politique, Jacques Chirac fera encore progresser l’adhésion de la France à l’OTAN, et enfin Sarkozy signera les deux derniers chapitres sur la vingtaine de chapitres d’adhésion que compte le traité de l’Atlantique Nord. C’est dire à quel point la défense de la France était depuis longtemps imbriquée dans celle de l’OTAN.
    Sans revenir sur la personnalité de Brzeszinski (démocrate, ancien conseiller de Jimmy carter, puis un temps de Bush, aujourd’hui d’Obama, cynique, ferme opposant de l’URSS mais pas de la Chine, fondateur de la trilatérale, critique de la guerre en Tchétchénie mais soutien de la guerre contre la Serbie, qui refuse de croire à l’islamisme mondial et au durcissement général de l’islam dans le monde, et critique de la puissance américaine en général sans apporter de solution réelle) e(Le grand échiquier, 1997), son “idée que le seul moyen que l’Europe reste pour les Etats-Unis un allié sûr, qu’elle ne bascule pas dans un bloc eurasiatique hostile, était de la « castrer », d’anesthésier sa volonté, au travers d’un contrôle étroit de la politique des pays d’Europe occidentale (dont le dernier film de Polanski, The ghost-writer donne sans doute une idée) et d’organismes comme l’OTAN.” ne repose sur aucun fait concret mais sur de la pure spéculation. Bill Clinton et George Bush ont sévèrement critiqué les politiques de défense européenne, et ont commencé à désengager les États-Unis de l’Europe. Si Nicolas Sarkozy baisse les dépenses de défense, c’est pour pouvoir continuer une politique sociale démagogique, et le financement d’une administration pléthorique qui menace régulièrement de bloquer le pays. Et le social, cela coûte cher. Par contre, il ne touche pas au budget de la culture.
    Je pense donc exactement l’inverse : nous rentrons dans l’OTAN parce que nous n’avons cessé de baisser nos dépenses de défense.
    De Gaulle, ayant une vision près deuxième guerre mondiale, voulait maintenir “l’influence de la France” qui ayant perdu ses colonies passait de grande puissance à moyenne puissance, en jouant une politique de non-alignés (ce que Jacques Chirac essaiera de faire), à cheval entre le totalitarisme communiste russe et chinois, et le monde arabe d’un côté, et de l’autre côté les États-Unis, pensant promouvoir le commerce avec les dictatures communistes et musulmanes, au nom des “intérêts de la France” (mais pas de la démocratie ni des droits de l’homme), politique dont on ne peut pas affirmer qu’elle fut un grand succès…
    Les intérêts de la France ont souvent été les intérêts de l’oligarchie française plus que l’intérêt du peuple français. C’est mon point de vue en tout cas. Doubler ou tripler le budget de la défense française serait une bonne chose, augmentant notre poids dans l’OTAN, et accessoirement notre capacité à nous défendre. N’oublions pas quand même notre camp : le monde libre. Et jusqu’à aujourd’hui, les États-Unis en font partie. Notre destin est lié au reste du monde, et ce depuis très longtemps. La victoire des Polonais et des Autrichiens à Vienne a garanti notre liberté, notre prospérité, et notre adhésion au catholicisme. Les alliances tordues contre nature n’ont jamais rien donné de positif. Enfin, notre adhésion à l’OTAN nous laisse en réalité une liberté totale. Comme le dit l’article, notre présence en Afghanistan est avant tout symbolique : un millier d’hommes sur le terrain. Et nous pouvons en partir quand nous voulons.
    Enfin, n’oublions pas les accords secrets de De Gaulle avec l’OTAN, la France étant la grande spécialiste du double langage, ce qui n’est pas vraiment démocratique.

  4. @ LAHIRE
    Avec qq ironie, je vous dirais que ce qui est gaulliste, n’est pas de citer DE GAULLE, mais de croire que la France seule, sans armée digne de ce nom, avec des budgets militaires en effondrement constant, une industrie militaire nationale qui ne dépend que des achats étrangers (et encore !)puisque nos forces armées en sont chichement dotées soit encore capable d’exister militairement seule. En ce sens serait gaulliste la posture du coq jugé sur son tabouret face à des pit bull. Tant que ceux ci n’attaquent pas, le coq se pense invincible et souverain, et la basse-cour applaudit à la grandeur du coq gaulois : elle se croit protégée par le bruit du cocorico.
    ”Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts”, avait dit le président LEBRUN en 1940……
    Que les USA soient des alliés difficiles, et parfois inconséquents, est une chose ; qu’il faille en inférer que la France seule, ayant bradé les ressources énergétiques et stratégiques de ses ex colonies, puisse encore jouer au super grand, cela est, j’allais dire prétentieux, je dirais gaulliste, grandiloquent et théâtral, oui, totalement gaulliste.
    ”Car si les missiles sont à l’Est”, comme le dit MITTERRAND devant le Bundestag, à l’Ouest, il y avait les forces stratégiques américaines et de l’OTAN : les les détruire eut entrainé une riposte américaine contre les Russes, alors que détruire les forces françaises n’eut entrainé aucune réaction. La France est trop petite pour supporter un tir nucléaire même de semonce.
    Au lieu de gaspiller cet argent dans nos bombes nucléaires, le mieux eut été de maintenir la présence militaire de la France, avec des forces armées capables d’intervenir sur les points névralgiques du globe, et de maintenir également la présence culturelle de la France dans un réseau d’universités, d’écoles etc… comme l’ont fait les USA au Liban, au Maroc et dans tant de lieux ex ”français” et francophones où ils s’imposent parce que nous n’avons plus un kopeck pour rester.
    Le gaullisme, n’est-ce pas cette illusion qu’on est fort parce qu’on a un grand uniforme et qu’on parle de grandeur après en avoir refusé les servitudes militaires et morales ?

  5. De Gaulle ?
    Vous parlez bien de celui qui voulait vendre la France aux anglais avec les accords de Concarneau ??
    Belle référence, en effet!

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