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Pays : International

L’Orient compliqué: la Chine en Syrie pour se défendre des manigances turques ?

L'analyse d'Alexandre Latsa.

"Beaucoup de journalistes ont soulevé le fait que lors des deux premières semaines de frappes russes en Syrie, un grand nombre de ces frappes se sont concentrées sur la province d’Idlib au sein de laquelle Daech ne serait pas présent.

Les Russes ont néanmoins leurs raisons, qui sont évidentes, de frapper cette zone. Non seulement pour desserrer l'étau djihadiste qui se rapprochait du cœur alaouite côtier, mais aussi car nombre de groupes de cette zone connaissent des concentrations de minorités issues de la zone postsoviétique, telles que par exemple Katibat Al Tawhid Wal Jihad, ou encore Jaish Al Muhajireen Wal Ansar, dont les rangs comptent de nombreux combattants centrasiatiques ou tchétchènes.

Lors des violents combats qui à la fin du printemps dernier ont vu la chute d'Idlib et de la présence loyaliste dans la région, de nombreux observateurs de terrain ont également témoigné de la présence au sein des groupes rebelles de forces spéciales turques ou encore de combattants turcophones tandis que la presse turque dénonçait des livraisons non officielles d'armes et de munitions à divers groupes rebelles, un scandale qui a été du reste parfaitement étouffé au royaume d'Erdogan.

On aurait du reste apprécié que les journalistes français s'y intéressent en profondeur, pour démontrer ce que les journalistes syriens ne cessent de répéter, à savoir que c'est bien la seconde puissance de l'Otan qui alimente de nombreux groupes rebelles radicaux syriens en armes, hommes et soutiens logistiques ou encore médicaux.

Cette prise de contrôle de certaines branches de l'Etat profond turc sur cette zone de la Syrie n'est pas plus un hasard que le fait que le président Erdogan insiste sur la création d'une buffer-zone au nord d'Alep pour disposer d'un corridor d'accès au territoire syrien permettant officiellement de lutter contre Daech. Les objectifs turcs sont en réalité ailleurs et ne se limitent pas seulement à éviter l'installation d'une zone pan-kurde au nord de la Syrie.

Depuis plusieurs mois, Ankara a initié une politique d'immixtion forte en Syrie visant à ôter ces territoires de toute souveraineté du pouvoir politique syrien actuel. La frontière turque, poreuse pour les djihadistes qui viennent combattre en Syrie a par exemple permis à Ankara d'initier un gigantesque mouvement de peuplement de la zone par des colons, dont une grande majorité de combattants asiatiques et notamment des Ouïghours.

Au début du mois de septembre 2015, la chaine d'information MEMRI présentait dans un de ses reportages l'incroyable ouïghourisation de la province d'Idlib puisque ce sont près de 3.500 Ouïghours qui aurait été implantés de Turquie vers la province d'Idlib, devenant meme majoritaires dans certains villages tel que par exemple Zanbaq. Des images de camps d'entrainements pour enfants ont été tournées tandis que les sources de MEMRI affirment que la Turquie aurait soit disant en "réserve" près de 20.000 Ouïghours militants pouvant aller mener le Djihad tant en Syrie qu'en Asie centrale ou… en Chine! Plus récemment c'est une école d'apprentis terroristes issus de pays russophones d'Asie centrale qui a été démantelée sur le territoire Turc.

En plus de la collaboration turco-ouïgoure en Syrie, des révélations par des membres de l'EI arrêtés confirment que des trafics de passeports initiées par Daech auraient permis à quelques 50.000 Ouïghours détenteurs de faux passeports de pays d'Asie de rejoindre la Syrie via la Turquie sans être inquiétés. Peut-on envisager un lien entre ces cellules terroristes et le terrible attentat de Bangkok du 17 août dernier alors que c'est précisément la piste des faux passeports turcs qui semble se dessiner, tout comme du reste lors des attaques en 2014 de la gare de Kunming?

L'équation ouïgoure en Syrie se greffe sur un contentieux complexe entre Ankara et Pékin à ce sujet. La Turquie hébergerait près de 350.000 Ouïghours et le "sultan" Erdogan intègre cette minorité comme une minorité périphérique à défendre comme les Tatars de Crimée ou les minorités musulmanes des Balkans, traduisant en quelque sorte une restauration d'un attentisme néo-ottoman. Alors que les relations entre les deux pays s'étaient considérablement améliorées, la crise en Syrie a refroidi la relation sino-turque.

En janvier 2015, lors de la visite du président Abbas au palais présidentiel d'Erdogan, on pu voir des mannequins représentant les 16 soldats de la garde présidentielle en tenue historique des "provinces" de l'empire turc, comprenant un guerrier en costume ouïghour, en l'espèce le sixième sur la photo.

Au sein d'une certaine presse non alignée, de plus en plus d'analyses laissent maintenant imaginer une plausible immixtion chinoise en Syrie, pourquoi pas sous couvert de l'Organisation de Shanghai, au vu du très grand nombre de djihadistes originaires de l'espace eurasiatique et pouvant menacer l'Eurasie et donc l'aire géographique de l'Organisation de Shanghai.

Et pourtant la Turquie, comme la Syrie et l'Egypte du reste, ont demandé à se rapprocher et à rejoindre l'Organisation de Shanghai. La politique turque pourrait-elle entrainer un certain engagement chinois en Syrie?

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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5 commentaires

  1. Information non dénuée de fondement mais à prendre avec précaution.
    Une information fausse a circulé à propos de la présence de la flotte chinoise au large de la Syrie avec la présence du porte aéronefs chinois Liaonang.
    De même, y a t il vraiment des sous marins chinois en Méditerranée dont un SNLE ?
    Certes, il doit y avoir quelques navires chinois qui font du renseignement dont du renseignement électronique mais pour le moment rien de plus.
    La Chine avec sa politique de l’enfant unique évitera de faire massacrer son armée pour des intérêts mineurs.
    Affaire à suivre donc.

  2. Poutine a reçu le feu vert de la Chine avant de faire le “sale boulot”
    Le bon vieux péril jaune….n’a pas pris sa retraite….

  3. oui il y a une volonté de restaurer l’empire ottoman!

  4. NON à l’ entrée de la Turquie en Europe, c’ est l’ axiome de l’ Europe
    depuis quatorze siècles !
    Quelques rappels des réalités à garder en mémoire :
    1 – un millénaire de luttes sans merci* durant lequel la Turquie s’ est faite contre 1’Europe et 1’Europe s’est soudée afin de résister à 1’invasion turque ;
    2 – un non-sens politique grave : plus de 97 % du territoire turc , sa capitale, ses intérêts vitaux, se trouvent en Asie ;
    3 – une catastrophe démographique et culturelle annoncée : la Turquie compte aujourd’hui 65 millions d’ habitants dont 99 % sont musulmans .
    En 2025 ils seront près de CENT millions : ce pays sera alors le plus vaste Etat membre et le plus peuplé de la communauté, avec 90 députés au Parlement européen ( la France : 72…); ceci sans compter tous les peuples turcophones d’Asie centrale ( Kirghizes, Ouzbeks, Turkmènes, OUIGHOURS …) qu’Ankara enverra en Europe après leur avoir octroyé des passeports…turcs !
    4 – une aggravation de l’ immigration légale : l’ entrée de la Turquie dans l’Union européenne se traduirait par une immigration potentielle de plus de quinze millions de Turcs, dont le taux de natalité, très fort, est sans commune mesure avec le nôtre .
    Notre système d’ allocations en tous genres faisant le reste…
    5 – une explosion du chômage : le PNB par habitant de la Turquie est sept fois inférieur à celui de 1′ Europe. Avec une telle différence, la facture sera très lourde pour tous les Français: explosion de la politique agricole commune et nombreuses délocalisations de nos entreprises.
    6 – une islamisation accrue de l’ Europe : le nouvel homme fort de la Turquie, Tayyip Erdogan a déclaré : ” les minarets sont nos baïonnettes, les mosquées nos casernes, les croyants nos soldats ” .
    Message on ne peut plus clair… mais que notre classe politique – coupée de la. réalité –
    refuse majoritairement d’ écouter !
    La Turquie ne fait pas partie de 1′ Europe.
    Elle n’ en a jamais fait partie.
    Elle ne doit pas en faire partie !

  5. Les discours de la dernière journée de la 12ème édition du Club Valdaï qui se tint à Sotchi du 19 au 22 octobre. Prenait entre autres la parole, le président Poutine, Ali Ardashir Larijani, président du Parlement iranien et Vaclav Klaus, l’ex-président de la République tchèque.
    https://www.youtube.com/watch?v=mo22Fp9AKfQ

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