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France : L'Islam en France / France : Laïcité à la française

“L’islam n’est pas soluble dans la laïcité”

La 24e Université d’été de Renaissance Catholique aura lieu du samedi 11 au mardi 14 juillet au Carrousel de Baronville (28) sur le thème « La France au risque de l’islam ». Son président, Jean-Pierre Maugendre, a bien voulu répondre au R&N. Extraits :

"Parmi vos invités, on note la présence de François-Xavier Bellamy [adjoint au maire de Versailles, non encarté] et du député européen (FN) Aymeric Chauprade. Cela signifie-t-il qu’au-delà des étiquettes partisanes, il est possible pour des hommes de droite de se réunir afin de délibérer, d’échanger, et ce en vue du Bien commun ?

Jean-Pierre Maugendre : Tous deux sont déjà venus à de précédentes universités – certes, pas en même temps – et leur présence n’est donc pas une surprise. Léon XIII, à la fin du XIXè s dans son encyclique sur le Ralliement, évoquait : « la politique qui divise et la religion unit ».
En outre le livre de Jacques Heers, Chute et mort de Constantinople, nous livre un certain nombre de leçons pour notre temps. Le 29 mai 1453, contrairement à ce qu’on dit souvent, les Byzantins ne sont pas en train de discuter du sexe des anges. En revanche, la ville est violemment divisée entre adversaires et partisans de la réconciliation avec le Saint-Siège conclue quelques années auparavant. La division des Byzantins entre eux est une réalité, d’autant plus qu’à l’époque, les grandes puissances occidentales de la région (Gênes et Venise) refusent d’intervenir pour sauver la ville afin de préserver leurs intérêts économiques avec les pays musulmans. Il y a beaucoup de leçons à retirer de cette chute de Constantinople, qui est morte, en partie, des divisions qui l’ont minée.
Maurras nous donne aussi à réfléchir : « Quand Syracuse est prise, Archimède est égorgé et tant pis pour le théorème ». Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes dans cette situation : au service du bien commun et de la pérennité de notre pays et de notre civilisation, certaines attaches partisanes doivent, en fin de compte, s’effacer. N’est-il pas malheureusement dans la nature d’un parti d’avoir du mal à prendre en compte le bien commun ?
L’heure est aujourd’hui au dépassement de certains clivages qui, souvent, plongent leurs racines dans une histoire douloureuse qui n’évoque plus rien pour les jeunes générations.

Quelles différences apporterez-vous avec le traitement réservé à l’Islam dans la grande presse par exemple, qui traite souvent de la question islamique, ne serait-ce que par les couvertures de grands hebdomadaires ?

La première différence, de taille, est que nous chercherons àregarder la réalité telle qu’elle est, loin des lunettes déformantes de la Pensée unique. La seconde est que nous passerons la laïcité au crible de l’histoire, de la philosophie et de la théologie afin de discerner si elle est vraiment « l’arme fatale » susceptible de résoudre toutes les difficultés que pose l’Islam en France. Or l’enseignement de l’histoire est implacable. Il n’a jamais existé, à l’exception de la Tunisie qui est un pays de taille modeste, de pays musulmans durablement laïcisés. Toutes les tentatives de laïcisation de pays musulmans, menées depuis le XXè siècle en Turquie (avec Ataturk), en Irak ou en Syrie (avec le Parti Baas), en Iran (avec le shah) ou en Egypte (avec Nasser) ont échoué. Ces populations, superficiellement laïcisées par la force, se sont, à l’issue d’une période plus ou moins longue ralliées à un islam fondamentaliste. L’islam n’est pas soluble dans la laïcité. C’est un fait. S’il existe des contre-exemples significatifs, je suis disposé à les connaître, mais aujourd’hui, cela n’existe pas. On voit mal comment ce qui a échoué depuis maintenant 150 ans réussirait dans les vingt années qui viennent. Cela d’autant plus que ce phénomène de laïcisation a échoué alors que l’Occident dominait le monde musulman. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. L’Islam est en position dominante, d’abord pour des raisons financières – les pétromonarchies du Golfe disposent de moyens financiers considérables– ensuite pour des raisons démographiques."

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