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Lire ou relire Philippe Darantière : pour agir en politique

Le deuxième ouvrage de Philippe Darantière, " le techno-nihilisme", a déjà été introduit sur ce site (ici et ). Après l’avoir lu, nous y revenons dans le détail, en le remettant dans la perspective de la première publication de cet intellectuel et homme d’action catholique.

Philippe Darantière a publié en 2006 « pour une action politique catholique ». Cet ouvrage ramassé (200 pages), promeut un renouvellement des modes d’action des laïcs catholiques, pour porter le message et le projet politique et social que sous-tend la doctrine sociale de l’Eglise. I-Moyenne-3700-pour-une-action-politique-catholique-selon-la-doctrine-sociale-de-benoit-xvi.net

Il fait d’abord le bilan de deux cents ans d’échecs dans le combat des catholiques contre la Révolution et ses manifestations successives. Ensuite,  s’appuyant sur les Evangiles et notamment sur la parabole de l’aveugle-né, il pose les fondements d’une contestation systématique des autorités politiques ayant perdu toute légitimité dans leur lutte acharnée à nier le droit naturel et ses implications concrètes dans la vie des hommes. Dans cette perspective, il développe des modes d’action offensifs applicables à tous les champs de confrontation (politique, sociétaux, culturels) où notre état de laïcs catholiques nous fait un devoir d’intervenir. Concrètement, il tire tout le parti possible d’Internet, en terme d’accès à et de partage de l’information, en terme de mobilisation, et combine en les recyclant pour le Bien commun un éventail de techniques, de mobilisation, d’agit-prop et d’actions jusqu’ici l’apanage des mouvements subversifs de l’ordre naturel.

Manifestement, les mouvements de 2013 contre la loi Taubira, et singulièrement le Printemps Français, ont dû puiser plus ou moins explicitement une partie de leur inspiration dans cette ouvrage qui renouvelle définitivement la forme de l’action des laïcs catholiques. Il resterait maintenant à inscrire de telles pratiques dans la continuité, spatiale et temporelle. Dans une certaine mesure, le retour de chacun des mobilisés de 2013 à ses activités personnelles, ou à des modalités d’action dont l’efficacité reste à prouver, n’est pas sans rappeler, de façon imagée, l’échec de l’insurrection vendéenne dû notamment au fait que les paysans vendéens, entre deux mobilisations, retournaient à leur champ, privant ainsi le mouvement de la continuité stratégique nécessaire au succès.

Venons-en au « techno-nihilisme ». Cet ouvrage bref (140 pages), de très haute tenue intellectuelle, traduit à la fois l’érudition de l’auteur sur les questions abordées, et le sens de la synthèse de l’homme d’action qui ramasse la pensée (la sienne et celle du lecteur) autour des éléments-clés des phénomènes qu’il décrit. I-Moyenne-21923-le-techno-nihilisme-edition-2016.net

Appliquant l’approche usitée dans son premier livre, il commence en parcourant l’histoire des idées politiques (théorie et pratique) de l’Occident anciennement chrétien, de la France singulièrement, depuis Rome jusqu’à nos jours. Son fil conducteur est de montrer la dialectique de dénaturation des pouvoirs politique, spirituel et stratégique qui caractérise la Révolution depuis ses prodromes au XVIè Siècle jusqu’à la synthèse libérale-libertaire, à la fois ultra-individualiste et ultra-collectiviste qui caractérise la phase techno-nihiliste que nous vivons.

La seconde partie de l’ouvrage décrit « les mécanismes de l’idéologie au pouvoir », mobilisant dans une passionnante approche interdisciplinaire les théories et observations pratiques de sciences variées et convergentes quant à leurs conclusions : sociologie et psychologie sociale, communication, cybernétique, guerre de l’information, pour souligner à quel point nous nous trouvons englués dans, plutôt que confrontés à un système subtilement totalitaire.

La conclusion resitue dans l’urgence du moment, rendue plus pressante par les nouveaux projets démiurgiques tels la GPA, l’euthanasie et l’homme « augmenté », la nécessité de recourir aux modes d’action développés dans « pour une action politique catholique » en les inscrivant dans la continuité d’une dissidence assumée, dont l’objectif n’est ni plus ni moins que l’instauration (ou plutôt la restauration) d’un système métapolitique fondé sur le droit naturel.

Nous recommandons avec beaucoup d’enthousiasme la lecture des deux ouvrages. A l’heure d’une certaine effervescence des milieux de vraie droite, qui atteints eux aussi par le prurit démocratique, s’enthousiasment ou se désolent d'un jour sur l'autre pour des listes de propositions, des mesurettes ou les tweets de l’un ou l’autre, ils présentent l’immense avantage de présenter de façon à la fois savante, accessible et très synthétique les idées et les faits qui nous ont menés jusqu’ici, et de proposer une stratégie d’action globale pour nous mobiliser tous sans attendre le très hypothétique et potentiellement manipulatoire « homme providentiel », qui nous dispenserait commodément d’accomplir notre devoir d’état, hic et nunc.

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2 commentaires

  1. “Concrètement, il tire tout le parti possible d’Internet”
    Oui, mais le Révolution connaît les avantages d’internet pour ses buts pervers, mais aussi ses dangers. Et internet est déjà surveillé et sera muselé quand ils voudront. Il faudra alors surtout conter sur les relations de proximité, les amitiés, les réseaux quand les moyens collectifs seront neutralisés par nos ennemis. Ne l’oublions pas, ce sont eux qui ont le pouvoir et ils en abuseront. Nous ne pourrons que faire de la guérilla, mais cela leur fait peur, car elle engendre le martyre et la sympathie des populations. Ils vont donc continuer la chasse aux mal-pensants, les provocations et la neutralisation jusqu’au dernier des possibles opposants. Et si cela ne marche pas, à déclencher des troubles économiques ou la guerre civile, dans les pays “réfractaires” au nouvel ordre mondial. Satan n’a que faire de la vie humaine.
    Raison de plus pour cesser nos stupides divisions et voir la réalité en face comme P. Darantière nous y aide.

  2. Agir en catholique selon la doctrine sociale de Benoit XVI, me paraît un peu court. Il faut avoir le courage de dire que la doctrine sociale de l’Église est obsolète au XXIème siècle. Par contre la loi naturelle et surnaturelle sont toujours d’actualité. L’homme providentiel n’existe pas, ce qui manque ce sont des évêques et des papes vraiment catholiques.

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