L'héritage économique de Margaret Tatcher

Philippe Chassaigne, professeur d'histoire contemporaine, spécialiste du Royaume-Uni, à l'Université Bordeaux III, évoque dans Le Figaro la politique de Margaret Tatcher :

"Aussitôt élue, elle a mis en oeuvre son programme en menant tous ces chantiers de front.
Parallèlement à une libéralisation des activités bancaires et
financières, un «big bang» de la City qui sera accéléré lors de son
deuxième mandat, Margaret Thatcher a engagé une vague de privatisations
sans précédent. Résultat, la Grande-Bretagne comptait 10 millions
d'actionnaires en 1993, trois ans après son éviction du pouvoir. Soit
trois fois plus qu'en 1979. Sa politique qui consistait à rayer de la
carte des industries jugées peu rentables, comme le charbonnage, au
profit du développement des services a été vivement critiquée par ses
détracteurs qui craignaient l'émergence d'une «économie casino».

Sur
le front social, Margaret Thatcher a réussi à limiter les pouvoirs des
syndicats avec des procédures plus strictes et un encadrement du droit
de grève. Enfin, pour stimuler la libre entreprise et l'investissement,
elle a décidé de baisser les impôts et les prélèvements obligatoires. Le
taux maximum d'imposition est passé de 83% à 37% pour les citoyens les
plus riches, c'est-à-dire ceux susceptibles d'investir.

Peut-on considérer que cette thérapie de choc a été un succès?

Tout
à fait. Margaret Thatcher a littéralement sauvé la Grande-Bretagne sur
le plan économique
. Sous son pouvoir, le pays a connu une croissance
largement supérieure à celle des autres puissances d'Europe occidentale
.
Entre 1983 et 1990, elle a ainsi atteint environ 4% par an.
L'inflation, qui culminait à 16,3% en 1980 a fondu à 5,3% en 1990
. […] Egalement grâce à cet héritage, le pays a ensuite connu
la plus forte période de prospérité de son histoire entre 1994 et 2008."

13 réflexions au sujet de « L'héritage économique de Margaret Tatcher »

  1. un commentateur

    lisant ce propos d’un universitaire, je ne puis cependant que me poser des questions. est-ce que le taux ou l’indice de croissance économique vaut toutes les explications et tous les justificatifs ?
    je me souviens d’avoir croisé une personne anglaise d’un certain âge qui elle avait trouvé que l’époque où cette dame était au pouvoir avait été très dure.
    à l’heure où en France des industries et des établissements sont vendus à l’étranger, il ferait bon de se souvenir que dans l’Angleterre ou tous les royaumes unis contemporains, il y a des enfants qui ne vont pas à l’école du fait de la misère économique.
    non, le libéralisme économique n’est pas tout. ce qu’il faut c’est le bien des gens, le bien matériel pour permettre la vie spirituelle, se tourner vers Dieu.
    l’Angleterre fut sauvée ? non je regrette, le respect du repos dominical est inexistant, le respect de la vie privée gravement offensé(des caméras partout).

  2. Epaulard

    Tout cela au prix du saccage de son industrie pour une économie basée sur la finance ce qui l’a rendu encore plus vulnérable à la crise économique de 2008. Si entre 2000 et 2008 la Grande Bretagne a fait plus de croissance que l’UE c’est qu’elle n’avait pas l’euro, grâce à Tatcher il est vrai.
    Cela dit, Margaret Tatcher n’est en rien un modèle pour nous aujourd’hui, ni au point de vue de ses idées “conservatrices” sur les sujets sociétaux (en fait très peu conservatrice dans ce domaine), ni sur sa vision ultra-libérale de l’économie dont il faut à tout prix sortir aujourd’hui !

  3. Nicolas

    Il me semble qu’il faut garder en mémoire la désespérance complète de bien des britanniques avant l’arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir, la situation économique apocalyptique du pays. Le Royaume-Uni était alors soumis à un plan d’aide du FMI, toute vie sociale quasi-bloquée, certains possédaient des rentes de situation ahurissantes en exigeaient de l’Etat qu’il serve uniquement à voler l’argent des autres pour le leur donner à eux (toute ressemblance…)
    Sans doute tout n’a pas été rose, mais l’Angleterre est allée mieux, et c’était inespéré au regard de la situation qui prévalait auparavant. D’ailleurs les élections de 1983 restent un exemple historique d’adhésion populaire.
    Certaines positions de Maggie restent tout à fait d’actualité, surtout sur la question européenne. Son “discours-testament” de La Haye sur l’Europe, fait en 1992, mérite d’être relu.
    http://www.scribd.com/doc/6493818/Discours-de-La-Haye-Margaret-Thatcher

  4. Cosaque

    Comme pour tout, pas de manichéisme.
    Elle a effectivement mené une politique de droite salutaire ds plusieurs domaines : rare inflexibilité face aux syndicats, rare baisse des taux d’impositions !, baisse des taxes d’entreprises… En cela, c’est une révolutionnaire comme on les aime !
    Par contre, le “big bang” de la City était-il annonciateur du “big crunch” fincancier actuel ? L’anarchie libérale mondialiste, non-merci.

  5. Guillaume

    Thatcher, c’est la financiarisation à outrance de l’économie britannique et donc sa désindustrialisation dont la GB paye les frais aujourd’hui.
    C’est aussi une immigration totalement incontrôlée comme l’aime les ultra-libéraux.
    Pas de quoi lui tresser des lauriers…

  6. Marc L

    On aurait bien besoin d’hommes politiques de cette trempe en France. Voici quelques propos de cette grande dame :
    “Nous n’avons pas, avec succès, repoussé les frontières de l’Etat en Grande-Bretagne pour les voir réimposées au niveau européen avec un super-Etat européen exerçant une nouvelle domination depuis Bruxelles.” Discours de Margaret Thatcher sur l’Europe, à Bruges, en septembre 1988.”
    “Si quelqu’un suggère que j’aille devant le Parlement demander l’abolition de la livre sterling, c’est non !” Au 10 Downing street, elle a fortement mis en avant son euroscepticisme.
    Ferme sur l’immigration :
    Face à l’exode des boat people fuyant le Vietnam, Margaret Thatcher ne cache plus ses réflexes. Pratique, elle appelle son homologue australien pour le convaincre, en vain, de parquer ces malheureux sur une île du Pacifique. «Ne peut-on pas les transférer d’un entrepôt de Hongkong à un autre en Grande-Bretagne?» interroge-t-elle, toujours à la recherche d’une formule pour ne pas les accueillir sur le sol britannique. Elle finit par fixer une ligne départageant les «réfugiés», des «immigrants». Seuls les premiers, en petit nombre, pourraient se voir accorder l’asile, à condition que le nombre global n’augmente pas. Et la Dame de fer insiste, avouant avoir «beaucoup moins de réticences vis-à-vis des Rhodésiens, Polonais ou Hongrois, qui peuvent bien mieux s’intégrer à la société britannique», que vis-à-vis des Vietnamiens. Ses concitoyens, eux, ont de plus en plus de compassion pour ces réfugiés auxquels nombre de sujets britanniques veulent tendre la main. Réaction vipérine de Margaret Thatcher: «Je les invite tous à en accueillir un chez eux!» Puis à ses collaborateurs, elle assène son analyse: «On ne peut accorder des HLM à des immigrants, alors qu’on les refuse à des citoyens blancs. Il y aurait des révoltes si le gouvernement le faisait.»
    C’est quand même triste que même ici il y ait des gauchistes qui dénigrent Madame Thatcher.

  7. Fucius

    Margaret Thatcher a été un modèle d’homme d’État et ses réformes ont prouvé que le libéralisme fonctionne. Les mots d’ordre en sont chrétiens: Responsabilité, individu, société civile, subsidiarité…
    La dureté de l’époque n’était pas due aux réformes libérales, mais aux destructions opérées auparavant par le socialisme.
    Exactement comme nous allons traverser une période très dure à cause des 40 ans d’incurie qui l’ont précédée.
    La financiarisation n’a aucun rapport, elle résulte de la manipulation des monnaies-fiat, donc du socialisme, qui n’a jamais assez de ressources pour mener ses politiques soi-disant “sociales”. Or la création monétaire est plus sournoise que les impôts et rapporte plus ! Mais elle détruit la monnaie et cause les bulles.
    Ce sont les politiciens qui causent la création monétaire, pas les banquiers !
    Croyez-vous qu’on puisse avoir le socialisme en matière économique et non sociale ?
    Évidemment non ! Si vous spoliez le talentueux au motif que les plus pauvres que lui sont moins chanceux; de même vous marierez les homosexuels, car ce n’est pas leur faute si leur goût les pousse vers ces unions stériles.

  8. Cosaque

    Fucius,
    Vous pointez du doigt le noeud gordien : la création monétaire qui est aujourd’hui un véritable scandale et une dette inique. La faute aux banque centrales privées dont nos politiques sont complices.
    @Marc :
    La gauche n’a pas le monopole de l’anti-mondialisme et de l’anarchie libérale. 😉 Ouf.
    Rappelons que la mondialisation est aussi perverse et suit exactement les finalités du communisme… cf Marx qui n’est pas du tt mon pote… De quoi nous entendre. 😉

  9. un commentateur

    individu n’est pas un mot chrétien, les pierres, les plantes et les chiens sont des individus, nous, nous sommes des hommes: des personnes.
    le libéralisme fonctionne, le virus ebola aussi, l’efficacité n’est parfois que la garanti du pire, ce que vous dites n’est pas un argument. cela est si vrai que cette réduction de la personne à l’individu est un dénominateur commun entre le socialisme que vous dénoncez et ce libéralisme qui n’a rien avoir avec la chrétienté.
    il y a un juste-prix pour tout service et tout objet manufacturé, il implique la juste rétribution d’un travail et un juste-profit pour pouvoir vivre dans une certaine aisance, mais au delà, et même en deçà, ce n’est plus du profit, c’est du vol.
    une personne qui est rabaissée, niée, qui n’a accès qu’à un travail harassant et sans juste prix donc, telles qu’il y en a parmi ces pays libéraux si prospères, ne sont pas un détail, à moins de considérer qu’il y a plusieurs sortes d’humanité.
    ne spéculez pas avec les évangiles comme on spécule sur les profits boursiers. lisez le, et soyez instruit, un jour votre or sera rouillé, l’âme des personnes elle est éternelle, y compris la vôtre.

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