Bannière Salon Beige

Partager cet article

L'Eglise : Vie de l'Eglise

“L’extrême embarras” des catholiques face au pro-avortement Obama

L'affaire fait grand bruit aux États-Unis et elle ne trouvait jusqu'à ce jour qu'un écho limité en France. De quoi s'agit-il?
L’annonce de la mise à l'honneur de Barack Obama  dans une université catholique provoque un tollé aux États-Unis : l'université catholique
Notre-Dame (Indiana) appartenant à la congrégation de Sainte-Croix, a invité le 17 mai prochain à sa
cérémonie de remise des diplômes, le Président Obama, comme elle l’avait fait pour plusieurs de ses
prédécesseurs. Il doit y
prononcer un discours et y recevoir un doctorat honoris causa.
Mais voilà, cette décision est incompatible avec la mission des évêques américains décrite dans un document édité en 2004 par la conférence épiscopale :

"La communauté catholique et les institutions catholiques ne doivent pas
honorer ceux qui agissent au mépris de nos principes moraux
fondamentaux. Il ne doit pas leur être donné de récompenses, d’honneurs
ou de tribunes qui suggéreraient un soutien de leurs actions".

En ces termes, le président Obama n'aura jamais du être invité et honoré dans cette université.

Liberté Politique met en ligne une courte synthèse de l'imbroglio dans lequel se trouvent les catholiques et en particulier les évêques américains, entre soutien (54% des catholiques ont voté pour Obama) et boycott (pétition de  300 000 noms, opposition publique de 47 évêques américains).
Daniel Hamiche suit cette affaire sur son blog depuis son début et propose un suivi régulier, précis et quasi-quotidien de cette poudrière américaine.

Fondamentalement se pose la question de l'attitude que les catholiques doivent adopter vis-à-vis des hommes politiques. Benoît XVI nous a aidés à y répondre en fixant des points non-négociables, sur lesquels les catholiques devraient faire bloc, non pour imposer une puissance politique, mais parce qu'ils constituent le socle nécessaire et incontournable à la construction de toute société. Le respect de la vie en fait partie. Cette douloureuse affaire qui déchire les catholiques américains aurait pu être évitée ou limitée si ces paroles de Benoît XVI avaient été mieux appliquées :

"La
conscience chrétienne bien formée ne permet à
personne de favoriser, par son vote, la mise en acte d'une loi ou
d'un programme politique dans lequel les contenus fondamentaux de
la foi et de la morale sont détruits par la présence de
propositions alternatives ou opposées
".

Facile à dire me direz-vous. Mais le but n'est pas de juger les catholiques américains, mais bien de mettre à profit cet événement pour réfléchir sur l'attitude qui doit être celle des catholiques quant aux points non-négociables, unique et sans compromis. Et là se situe notre niveau de réflexion :

"Si la thèse de l’impraticabilité politique des “principes non
négociables” était vraie, il en découlerait deux conséquences absurdes
pour le catholique.
La première serait que le Magistère, qui ne cesse
de proposer aux catholiques le critère des principes non-négociables,
ou se tromperait ou bien ne donnerait volontairement que des
indications abstraites, idéales, laissant à la seule conscience des
laïcs la tâche de trouver un compromis. Mais il ne peut en être ainsi,
parce que le Magistère n'a jamais soutenu et ne peut pas soutenir que l’on peut faire ce qui est intrinsèquement erroné.

La deuxième conséquence serait que le rôle des laïcs dans la vie
politique serait diminué. Les chrétiens seraient condamnés au
compromis, alors que leur devoir de laïcs est "d’ordonner l’ordre
temporel à Dieu". Un tel affaiblissement de la vision du rôle des laïcs contrasterait avec la théologie catholique du laïcat. […]
il incombe aux laïcs engagés dans la vie politique d'œuvrer en vue du respect pratique des principes non négociables, et de se libérer du fatalisme du compromis.

Si les “principes non-négociables” n'existent pas, le bien commun est
impossible parce que rien ne saurait s'opposer à la discrimination de
l'homme par l'homme. […] Le bien commun n'est pas le moindre mal commun".

Lahire

Partager cet article

7 commentaires

  1. les évêques de France, via infocatho, trouvent que, franchement, il n’y a pas de quoi faire des histoires pour l’invitation d’un personnage si “remarquable”…

  2. Comme souvent, ces braves américains mélangent tout …
    Une chose est de ne pas accorder d’honneurs à une personne qui promeut l’avortement. Une autre chose est de refuser les honneurs dus à l’autorité publique.
    Prenons le cas de l’enfant : il doit honneur et respect à ses parents (quelques pécheurs ou payens qu’ils soient). L’enfant ne peut pas dire : «je suis catholique, mon père est un gros payen ivrogne et débauché, je suis donc délié du respect que je lui dois».
    Dans le cas d’une autorité publique, les honneurs et le respects sont dus, quelque soient les opinions, même mauvaise, du gouvernant, et tant qu’il n’a pas démérité. En conséquence, les honneurs sont dus, ès qualités, par tout catholique au préfet, au maire, au président de la république etc. Idem outre-atlantique.
    Ce qui est en cause, dans le cas d’espèce, c’est que l’université catholique invite Obama, alors qu’elle n’y est pas tenue. Cela est-il condamnable, au regard de la morale ? Pas sûr. Car s’il est d’usage qu’une université invite le président des EU, alors l’opinion propre d’Obama (ou son action politique) ne rend pas immorale son invitation par ladite université. Si le maire du village est généralement invité à la remise des prix de l’école primaire catholique, celle-ci peut continuer à inviter ledit maire même s’il est un franc-maçon divorcé et pacsé avec un mec.
    Il ne faut pas tout confondre.

  3. “il ne faut pas tout confondre”. C’est exactement ce qu’on dit les prêtres jureurs et la partie du clergé orthodoxe collabo du KGB.
    Et s’il ne faut pas tout confondre, pourquoi laisserait on les autorités civiles au nom de ‘l’honneur qui leur est dû’ confondre cet ‘honneur’ avec sa manipulation étatique au profit de l’anti-bien commun minimum pour une société qu’est la culture de mort ? S’il ne faut pas tout confondre, pourquoi Obama a t il fait retirer de l’Université catholique les symboles chrétiens qui ornent ses murs car cela ne lui convient pas ? Par respect d’une distinction d’intellectuel scolastique (version XV°s si vous voyez ce que je veux dire) il faut donc que ce soient les gens normalement constitués selon le sens commun et le principe de non contradiction qui s’écrasent devant les manipulateurs cyniques … pour les honorer qui pis est ? Puisqu’il ne faut pas tout confondre, eh bien, ne confondons pas le respect du à l’autorité légitime pour autant qu’elle respecte ses devoirs propres, et l’avachissement reptilien devant ceux qui squattent l’autorité légitime pour, sous son couvert, mener une société entière à la catastrophe.
    C’est très bien la philo au bureau, c’est quand même mieux de regarder la réalité.

  4. Ni pro, ni anti avortement (désolé…), mais choqué à ce que le débat soit clos en France (comme si l’avortement était un acte anodin ne soulevant aucune question), et viscéralement attaché à ce que les gens, et à plus forte raison les catholiques, aient le droit d’avoir une opinion propre dans ce domaine, je comprends “l’extrême embarras” des catholiques américains.
    Mais, même si j’ai vomis l’obamania, cet homme n’en reste pas moins leurs présidents.
    Par ailleurs avant de prétendre faire le ménage chez les politiques, les établissements catholiques devraient regarder leurs enseignants et élèves (non parce que du prof coco et de l’élève muslim j’en ai bouffé tout mon cursus).

  5. Si l’université Notre-Dame ne commettait que ce genre de faux pas…
    Cette université possède un magnifique fac-simile de la grotte de Lourdes, mais ce n’est hélas pas une garantie de catholicité, à tel point que le Président de la “Cardinal Newman Society” affirme que l’université Notre-Dame a le statut : « de la plus éminente université Catholique [aux USA], mais pas celui le plus consistant en ce qui concerne son identité catholique ».
    Le Révérend JENKINS qui dirige cette université, en effet, la veut “dans le vent” du progressisme, et – par exemple – malgré l’avis de l’évêque du lieu (Mgr. John d’ARCY) et celle des anciens élèves choqués, il a maintenu (pour la 8e année!) la représentation sur le campus de la pièce “Les monologues du vagin” (comprenant des épisodes carrément antinomiques de la morale chrétienne, comme les approches d’une lesbienne entreprenant de séduire une jeune fille…). Le révérend tient aussi beaucoup à son festival du film “gay”…
    Reste à prier…

  6. Que faisons nous NOUS en France?
    Que font et disent nos Évêques?
    Surtout lorsque des cérémonies tel que l’enterrement de Mr BRUGES au Invalides réunies pour une messe une multitude de gens dont notre cher Président son prédécesseur et celui d avant(l autre)?
    Qui accompagné de quelques ministres font devant les média, ceux qui sont choisi et trié, les autres restants a la tribune, font des simagrées avec Mme veil….
    Ou encore quelque jours avant lors de l enterrement d un académicien tjrs au même endroit avec plus ou moins le même cinéma?
    Quel est la crédibilité en ces lieux de Mgr DI FALCO ou de l autre en costard cravate qui se faisant refouler par les force de l ordre assure être le célébrant de la cérémonie?????

  7. On a pas à abjurer sa foi sous pretexte d’honorer un Président parcequ’il représente l’élu.Car c’est bien abjurer sa foi si on transgresse ce qui l’etablit; car ces régles font parties intégrantes de notre croyance.
    Que dire des prophétes qui se sont élevés contre l’autorité qui ne respectait pas les lois de Dieu;que dire de St Jean-Baptiste ; des apotres; des premiers chrétiens; et enfin du Christ lui meme!

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services