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L’Évaluation nationale sur l’attaque chimique : une “fake news” de Macron ?

Minute décrypte le document de 8 pages diffusé le 14 avril par les autorités françaises sur l'attaque chimique en Syrie, qui a justifié le bombardement. Extraits :

Capture d’écran 2018-04-17 à 22.07.40"[…] Et le moins qu’on puisse dire est qu’une certaine imprécision, tout à fait regrettable dans un contexte aussi sensible sur le plan international, a présidé à sa rédaction. Aurait-elle été précipitée ? Cette « évaluation » des accusations portées contre l’Etat syrien est en effet datée du 14 avril alors que les frappes américano-anglo-françaises ont eu lieu dans la nuit du 13 au 14. Autrement dit elle a été rédigée a posteriori- dans la nuit, en même temps que les missiles atteignaient leurs cibles ? –, pour justifier auprès d’une opinion publique française dubitative l’opération qui venait d’avoir lieu, et non pas avant qu’elle soit menée. Ce n’est en tout cas pas sur cette base que Paris a pu se décider à agir.

A supposer qu’il constitue une synthèse des rapports de renseignement dont l’Elysée et les ministères de la Défense et des Affaires étrangères disposaient, ce document […] se caractérise par des approximations qui laissent pantois. Ainsi est-il question, dès les premières lignes, d’attaques menées tantôt sur« le quartier de Douma », tantôt sur « la ville de Douma ». Quartier ou ville ? […]

Le parti pris anti-Assad apparaît également dans le vocabulaire employé. Tout au long de cette note – officielle, rappelons-le –, il n’est question que du « régime syrien », formule habituellement employée par la presse, certes, mais qui exprime la volonté de discréditer l’Etat syrien ramené à la connotation négative de son « régime ». […]

Le ton faussement objectif pourrait être justifié par la possession, et la production, de preuves accablantes pour le « régime » syrien. Or il n’en est rien. Deux affirmations dans ce document : « plusieurs attaques chimiques létales » ont été conduites le 7 avril dernier ; elles furent « le fait du régime syrien ». Vraiment sûr ? Sûr et certain ? Certain ! D’ailleurs, lit-on, « plusieurs dizaines de personnes, au moins quarante selon plusieurs sources, seraient mortes d’une exposition à une substance chimique ». Pardon ? « Seraient mortes » ? Oui,« seraient mortes », au conditionnel ! Peut- être qu’elles sont mortes, peut-être qu’elles ne le sont pas !

Il n’y a donc pas de preuves qu’elles le sont – et, a fortiori, qu’elles ont succombé à une attaque chimique – pour que le rédacteur prenne garde à ne pas être affirmatif ? Non. La France ne dispose, en réalité, que d’« un faisceau de preuves suffisant », autrement dit que de présomptions, mais d’aucune preuve en soi ! Comme c’est la règle dans une cour d’assises, l’intime conviction suffit ! […]

L’argument principal développé par cette « évaluation nationale », dont on comprend vite qu’il lui faut conclure à la véracité des faits et la culpabilité du « régime syrien », tient en un mot : l’évidence. Il est évident qu’un tel crime s’inscrit dans la stratégie du « régime ». Il est évident qu’il lui profite. Il est évident qu’il a été commis et que lui seul a pu le commettre. Il est surtout évident, après avoir lu ce document supposé convaincre les foules, que la France ne sait absolument rien de ce qui a bien pu se passer !

Les « services français » […] ne s’appuient en fait principalement, si ce n’est exclusivement, que sur « l’analyse des témoignages, photos et vidéos » des victimes présumées qui sont « apparus spontanément(sic) sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque » ! Le mode de propagation des « fake news », pourtant d’actualité, ne leur a donc pas été enseigné ? Or « l’examen des vidéos et images » permet de conclure « avec un haut degré deconfiance » (re-sic) que, accrochez-vous à ce que vous allez lire, « la grande majorité […] ne relève pas d’une fabrication » ! Il y aurait donc eu des faux ? C’est clairement ce que l’on comprend, sans que le moindre détail ne nous soit fourni à cet égard, ni sur leur nature, ni sur leurs auteurs – qui ne doivent pas appartenir au « régime syrien », sans quoi on nous le dirait.

Le ministère des Affaires étrangères poursuit avec cet élément qui se veut imparable :« La nature spontanée [décidément, Ndlr] de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées. Enfin une partie des entités ayant publié des informations est reconnue comme habituellement fiable. »

Bref, si « une partie » des « entités » – des associations, qui se dotent du titre ronflant d’organisation non gouvernementales, et ne représentent parfois qu’une poignée de militants, quand ce n’est pas un seul – est « habituellement » fiable, c’est qu’une autre partie, tout aussi habituellement, ne l’est pas. Dommage, là encore, que la note française ne nous indique pas qui l’est et qui ne l’est pas. Dommage, également, qu’on ne sache pas qui décerne les brevets de « fiabilité ». Les opposants au « régime syrien » ?

Certains passages sont encore plus gaguesques. Voulant à tout prix établir que « des agents suffocants » ont été utilisés mais n’en ayant décidément pas la preuve, le rapport estime que « l’hypothèse » – pour une fois, le mot juste est employé – en est renforcée par« l’utilisation supposée [!] de bronchodilatateurs par les services médicaux observée dans les vidéos » ! On voit un gars à l’écran, en blouse blanche, qui fait inhaler un truc à quelqu’un, on en déduit que c’est forcément à la suite d’une attaque chimique ! A noter qu’il n’est nulle part fait mention, en revanche, des aspersions au jet d’eau qui ont été diffusées par toutes les télés occidentales et dont la Russie prétend qu’elles relèvent d’une mise en scène.

Malgré cette absence d’éléments probants, le rapport continue à parler de « l’attaque majeure du 7 avril 2018 ». Aussi « majeure » que celles recensées depuis le 4 avril 2017 ? Entre ces deux dates, apprend-on, « les services français ont recensé 44 allégations de recours à des armes chimiques et substances toxiques en Syrie ». Presque une par semaine donc. Et vous savez quoi ? Sur ces « 44 allégations », et après avoir là pris le temps de les étudier avec le plus de précision possible – ce qui ne peut pas être matériellement le cas pour celle du 7 avril 2018 –, « les services français estiment, est-il écrit, que les éléments rassemblés au sujet de 11 attaques permettent de présumer de leur nature chimique ». Onze sur quarante-quatre – sans d’ailleurs qu’elles soient précisément attribuées à l’un des belligérants – cela fait donc 75 % de purs bobards ! […]"

 

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6 commentaires

  1. Les politiciens catholiques feraient bien de s’inspirer de cette formule en disant : “le régime républicain” voir “le régime inique” ou encore pour les plus courageux/mystiques “le regime maçonnique/satanique/des lumières” etc pour parler de “notre” système.

  2. Bref, on frappe d’abord, on réfléchit ensuite. Avec un tel dirigeant, tout est possible.

  3. Dès le début, le jour même de “l’attaque chimique” donc, on subodorait déjà une opération de désinformation. Il est curieux de constater, et ceci avec effarement, combien ils est désormais difficile de continuer à faire confiance à nos dirigeants. En fait c’est impossible, oui, il est désormais impossible de faire confiance à ces gens là. Triste constat.

  4. Le dichlore est incapacitant mais pas léthal. Il sent fort et est facile à détecter à l’odorat. Il est facile à trouver sur le marché. Pas besoin d’avoir ses propres cuves à électrolyse. Un fabricant de soude comme Solvay, par exemple, pourra vous le fournir en bidons ou conteneurs résistant à la pression et le livrer FOB ou CIF à Lattaquié, à Beyrouth ou ailleurs. Comme il sent et qu’il est plus lourd que l’air, c’est le gaz idéal pour déloger des djoundi qui s’incrustent dans des catacombes. Cela dit, qui a fait le coup, si coup il y a eu? N’importe quel moudjahiddin ou haschichin de quelque faction qu’il soit est capable d’ouvrir le robinet d’échappement moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. La démocratie n’a rien à voir là-dedans. Macron est un tout petit agent du mondialisme.

  5. “Onze sur quarante-quatre – sans d’ailleurs qu’elles soient précisément attribuées à l’un des belligérants – cela fait donc 75 % de purs bobards !”
    Mensonge et manipulation. 11 sur 44, ça veut dire que pour 11 on a les preuves, et que pour le reste on ne les a pas. Ca ne veut pas dire que les autres ne sont pas des attaques chimiques.
    Ca veut dire que les Français, et les Occidentaux en général, sont honnêtes, contrairement aux Russes qui, eux, mentent à jet continu. Dans le monde libre, à l’Ouest, dans les pays libéraux, donc, quand on a des doutes, on ne condamne pas.
    En Russie, et chez Minute aussi, apparemment, on accuse les autres des crimes qu’on a commis soi-même. Exactement comme chez les communistes. Rien n’a changé. Rouge, brun, même combat.

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