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L'Eglise : L'Eglise en France / Liberté d'expression

Lettre ouverte de Guillaume de Thieulloy à l’abbé Gréa

Sur Riposte catholique. Extraits :

V3"Si j’en crois Le Progrès, vous regrettez que Riposte Catholique n’ait pas été « dénoncé officiellement par les évêques de France », au motif que « de tels sites sont dangereux, […] favorisent l’intégrisme et la haine identitaire ». Rien de moins ! Et le journaliste qui vous cite ajoute, sans doute ironiquement, que vous souhaitez à tous d’être des « artisans de paix ».

Vous, en tout cas, avez une curieuse conception de la paix. C’est la paix dans l’uniformité, la paix qu’obtient dans les rangs le caporal serre-file. Selon Le Progrès, vous êtes un prêtre dynamique et érudit, délégué diocésain à l’œcuménisme. N’ayant pas l’honneur de vous connaître, j’ignore si le portrait ainsi brossé de vous est fidèle ou non, mais, s’il l’est, j’avoue être un peu dubitatif sur ce que peut donner cette conception un tantinet caporaliste du dialogue en matière de relations œcuméniques. À moins, bien sûr, que vous ne réserviez vos aménités aux non catholiques et que vous estimiez que les catholiques ne partageant toutes vos vues ne méritent que le mépris et la condamnation. […]

Mais votre réclamation de notre condamnation, sans que vous ayez jamais jugé utile de prendre contact avec nous pour savoir si nous correspondions, si peu que ce soit, au portrait au vitriol que vous peignez de nous, met le comble à la mesure.

Quand nous défendions votre archevêque, attaqué par les mêmes médias anticatholiques, pour avoir mis, un peu sommairement, en parallèle la loi Taubira et l’interdit de l’inceste, où étiez-vous ? Vous n’étiez peut-être pas mécontent, alors, de trouver des laïcs capables “d’aller au charbon”, sans trop se soucier de leur image de marque. Nous nous contentions, à l’époque, de demander aux nouveaux censeurs de faire l’effort de lire sérieusement la déclaration du cardinal Barbarin, sans réagir hâtivement, en tentant de comprendre.

Était-ce trop vous demander d’en faire autant pour votre confrère ? Et, si vous avez lu sérieusement la tribune de l’abbé Benoît, que contestez-vous réellement : le fait qu’il croie à l’existence du diable ? Le fait qu’il dénonce le nihilisme de notre actuelle « culture de mort » ? Le fait qu’il refuse le « choc des civilisations » qui voudrait un affrontement islam-Occident sans la moindre nuance ? À moins que ce ne soit, tout simplement, son style littéraire trop véhément ? Dans ce dernier cas, j’ignorais qu’une divergence de style emportait nécessairement une condamnation officielle et canonique dans la moderne et supposément “dialoguante” Église de France. Notre tort a peut-être été de croire que les déclarations de Vatican II, sur la responsabilité des fidèles laïcs, valaient aussi en France. Vous nous avertissez publiquement qu’il n’en est rien et qu’une seule vision est autorisée chez nous. Puis-je alors vous demander respectueusement de bien vouloir me renseigner sur les contours exacts de cette vision ? […]

Rassurez-vous, Monsieur l’abbé, la condamnation, que vous appelez de vos vœux, de Riposte Catholique va bientôt venir. Si elle était la première, elle ne serait assurément pas la dernière… Elle ne viendra pas de l’épiscopat français (sauf si celui-ci se dépêche), mais des officines de la police politique qui, dans leur zèle “pamalgamiste” pourchassent avec plus de hargne les supposés « ultra-catholiques » – hélas, plût à Dieu que nous soyons effectivement « ultra-catholiques », nous nous inquièterions moins de notre salut éternel !– que les islamistes radicaux.

Mais prenez-y garde, Monsieur l’abbé, vous aurez certes été un secours précieux pour ces officines, mais cela ne vous sauvera pas : ce que ces officines détestent, c’est le catholicisme lui-même, et non telle ou telle nuance sous laquelle il se présente. Leur apporter notre tête sur un plateau, comme la charmante Salomé le réclama pour saint Jean-Baptiste, ne servira qu’à accélérer le processus actuellement en cours, certainement pas à le freiner. Ignorer à ce point les leçons de l’histoire ne laisse pas de m’interroger. […]"

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