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Culture de mort : Euthanasie / France : Société

Lettre ouverte à celui qui a dit que les dépenses pour les “très vieux” étaient “un luxe”

Avant qu'il soit admis qu'il faille tuer les très vieux qui nous coûtent cher, cette femme réagit par une lettre ouverte :

"Monsieur Minc,

Suite à vos derniers propos sur France Info,

au sujet du coût exorbitant des "très vieux" pour notre
sécurité sociale
et vos interrogations quant à leur prise en charge
par le système de santé de notre pays, je souhaiterais vous parler de ce
que l'on nomme pudiquement "le 4eme âge".

'ai maintenant dépassé le milieu de ma vie et par ce que je
qualifierais d' une "chance extraordinaire", j'ai encore auprès de moi
ceux qui me l'ont donnée: mes deux parents, proches de leurs 90 ans.

Alors,
pensez, M. Minc, comme j'ai pu réfléchir à la question !

Mais
bizarement, ma pensée a pris un tout autre chemin que la votre…

Il
est vrai que je ne suis pas une " brillante économiste " et que je
n'alimente pas le "think tank" présidentiel en idées "décoiffantes".

Non,
je suis juste une "vieille petite fille" dont les modestes émoluments
ne pourraient, en effet, couvrir les récentes dépenses de santé de mes
deux parents.

Voyez, en ces temps difficiles, ce sont plutôt eux
qui me donnèrent un solide coup de main lorsque j'ai essuyé un bel avis
de tempête…

Imaginons un seul instant que vos menaces
propositions soient mises à exécution, là, maintenant…

Papy et
Mamie "cracheraient au bassinet" comme on dit, il se trouve qu'ils
pourraient le faire, du moins pendant un certain temps, mais quid de
ceux qui n'ont pas cette "chance-là"?

Avez-vous imaginé, un seul
instant, le sentiment de culpabilité mutuel qui pourrait empoisonner le
climat fait de douceur inquiète qu'est celui des dernières années
partagées ensemble ?

Depuis combien de temps , M. Minc, ne vous
êtes-vous pas penché au chevet de votre père ou auprès de son fauteuil
pour l'écouter égrainer des souvenirs si anciens, si enfouis ou si
ignorés qu'ils vous font monter une boule d'infinie tendresse au fond de
la gorge ?

Je pense qu'en ce qui vous concerne, la dernière fois
que vous avez dû attarder vos yeux sur quelque chose de l'intimité de
votre père , ce n'est pas sur son lit ni sur son vieux voltaire mais
plutôt sur des feuilles bicolores qui traînaient à proximité…

Et
ce qui a irrésistiblement attiré votre regard, ce n'est pas le
vieillard qui pour la énième fois, évoquait des visages ou des noms qui
ne vous disaient rien, ce sont 6 chiffres ronds après le 1 qui vous ont
interpellé.

Alors, M. Minc, non, je n'ai pas votre "fulgurante
pensée" mais voyez, lorsque demain, je me rendrai auprès des miens pour
la traditionnelle visite dominicale, je vous promets de les écouter avec
encore plus d' attention que d'habitude et je me réjouirai, tout
simplement, d'être une "âme simple".

Plutôt que les
traditionnelles salutations d'usage , qui seraient pour le moins
hypocrites, suite à la présente, je vous invite à écouter le "Grand
Jacques" lui, avait tout compris (ne voyez à ce propos aucune allusion
directe à votre taille, j' évoquais davantage l'élévation du cœur)".

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13 commentaires

  1. je ne crois pas qu’il soit seulement nécessaire de répondre à l’indécence de Minc.
    D’un autre côté, tant d’absurdité sont devenues lois: avortement, euthanasie, bébé-médicament…

  2. Lettre ouverte à celui qui a dit que les dépenses pour les “très vieux” étaient “un luxe” et à ceux qui le payent grassement pour l’écouter et qui sont des ânes..
    pourrait-on rajouter!
    Ceci dit Attali, le Jacques avait dit les mêmes c…….! Il était conseiller d’un président qu’il n’a pas eu besoin d’achever!!

  3. Que voilà une réaction émotionnelle….mais si loin des faits, de la réalité et des propos tenus. Mr Minc que je n’admire pas plus que ça au demeurant, n’a jamais déclaré qu’il fallait tuer les vieux…il a simplement déclaré qu’il fallait aborder le problème croissant du financement de la santé des personnes très agées qui est exponentiel dû à leur nombre croissant et à la nature des soins conditionnés par leur grand âge. On est loin d’un discours prônant l’euthanasie. D’autre part, il prend le risque de parler de son propre père, de révéler le cout d’une courte hospitalisation (100 000€) et d’affirmer que ce dernier ou lui même avait la capacité financière d’assumer ce cout. En clair, qu’il n’est pas normal à ses yeux que la société assume cette dépense alors que lui même avait les moyens de l’assumer. Il faut reconnaitre que ces propos ne manquent pas de courage. Maintenant on peut continuer à se masquer la face sur la réalité. A cette vitesse, c’est carrément tout notre système de pensée qui va disparaitre.

  4. je voulais dire bien sûr tout notre système de santé.

  5. Magnifique lettre. Que dire de plus, sinon que nous devons tant à nos “anciens”. Profitons d’eux (je ne parle pas d’argent, bien sûr), pendant que nous pouvons les cotoyer encore.

  6. Il est normal, pour l’idéologie actuelle, que ceux qui ont fait la France, et y croyaient, soient priés de “dégager” le plus tôt possible ; ils pourraient avoir le temps de susciter des doutes dans la tête de leurs petits enfants formatés par ladite “éducation” nationale dans l’optique de la marche conviviale et décontractée vers l’avenir… (catastrophique)!

  7. “En clair, qu’il n’est pas normal à ses yeux que la société assume cette dépense alors que lui même avait les moyens de l’assumer. Il faut reconnaitre que ces propos ne manquent pas de courage. ”
    La question doit être posée, c’est vrai. Mais suivant comment, on va se retrouver avec une situation où les plus démunis continueront d’être couverts (c’est la solidarité, c’est bien), où les plus riches se débrouilleront toujours (il leur a été donné beaucoup, cela les responsabilise) et… où les classes moyennes, nombreuses et taxables à merci, vont se retrouver à raquer parce que le système a été mal calculé.
    C’est pourquoi, sans tirer sur Alain Minc à vue, je reste circonspect.

  8. Je ressens cette déclaration “du fort en thème” Minc comme une incitation à la suppression de nos anciens !

  9. L’Eglise a toujours affirmé qu’il faut éviter l’acharnement thérapeuthique.
    Celui-ci intervient lorsque les moyens mis en oeuvre sont “disproportionnés” en regard de l’espoir de guérison. Le problème, c’est de décider le seuil à partir duquel les moyens sont disproportionnés.
    Dans le cas de Monsieur Minc père, il ne semble pas que les moyens aient été disproportionnés, puisqu’il a pu sortir du service en question.
    Revenons en au problème du financement.
    Faire payer les riches, une fois de plus, serait injuste puisqu’à priori ils ont payé leur assurance maladie pendant toute leur vie. Peut-être pas assez longtemps, certes, et il est certain que l’âge de la retraite doit être revu.
    De plus, les héritiers qui savent que leur héritage peut être pris pour payer les soins de leurs parents pourraient être tentés de limiter ces soins … afin d’empocher un pactole non écorné, et si possible plus tôt. C’est cynique mais quand certains défendent l’euthanasie, il ne faut s’étonner de rien. Donc il aurait un risque de rallumer le conflit entre les générations.
    Une fois de plus, je pense que la solution ne peut venir de l’Etat mais de l’initiative individuelle. Pourquoi M. Minc ne ferait-il pas don de ces 100.000 euros à la Croix Rouge ou à toute autre institution médicale ?

  10. En mettant de côté l’aspect du prix, il faut aussi réfléchir à la pertinence de faire subir à des personnes très âgées des opérations lourdes pour leur corps épuisé. N’est ce pas plus sage, dans certains cas, d’accompagner ces personnes vers la fin de leur vie ?

  11. du point de vue de la Faculté, des soins très onéreux chez des personnes qui ont très peu de chance d’y survivre est aussi un moyen de “pratiquer” ou d’expérimenter.
    Un sexagénaire de ma famille, malade du coeur depuis l’enfance, opéré à coeur ouvert il y a 30 ans, était – point besoin d’être médecin pour le constater – arrivé en bout de course.
    A le voir, tout son organisme était archi-usé.
    Un professeur d’un grand service lui a proposé de l’opérer de nouveau à coeur ouvert. Sans pression ni aucune manipulation. Cette personne espérait. La veille, un médecin du service a dit à sa femme qu’il ne se réveillerait pas. Ce monsieur est parti plein d’espoir, il y avait des mois qu’il ne s’était pas senti si bien.
    Opération très onéreuse… Pour rien ? Le malade s’est endormi dans la paix. La famille sait qu’on aura tout tenté. Et des chirurgiens cardiaques ont pu aussi se former et parfaire leur savoir. Je crois que ce n’était vraiment pas une dépense inutile.

  12. C’est ce qu’un ancien évêque désignait comme une forme de résurgence du nazisme (j’ai lu cela sur le Forum catholique)… Le nazisme n’étant pas uniquement les chambres à gaz mais aussi l’assassinat des personnes âgées, des handicapés et malades mentaux.

  13. je partage tout à fait l’avis de Philippe.Les propos d’Alain Minc ouvrent une question plus large : notre système de solidarité a tout de même, il faut le reconnaitre, totalement déresponsabliser les gens, ne serait il pas grand temps ,non pas de faire chemin inverse mais de trouver un équilibre?

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