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France : Société

L’Etat-providence contre la charité et la responsabilité

De Dominique Morin dans Présent :

"[L]a charité n’est pas dans les attributions de l’Etat et la solidarité naturelle fait mieux, et bien moins cher, que sa gigantesque machine à appauvrir les citoyens. Vivant en banlieue rouge depuis plus de quarante ans, j’ai vu l’assistanat déresponsabiliser trop de gens et créer des habitudes de mendiant ingrat chez beaucoup. Mais loin du maillage social (et socialiste) des grandes villes, des artisans, paysans, salariés apparemment à l’aise, retraités, handicapés, souffrent en silence sans les apparences de la misère parfois organisée avec soin. On ne se souvient d’eux que pour les imposer toujours plus ou les traiter de racistes et d’égoïstes, quand ils osent protester.

On ne parviendra jamais à étancher les besoins de la misère du monde entier, surtout en l’entretenant par l’immigration massive et l’accès illimité aux aides sociales. Des progrès médicaux, des traitements sont mis en échec par la tiers-mondisation de nos hôpitaux. Notre système de santé est en faillite, de plus en plus de soins ne sont plus ou peu remboursés, les spécialistes médicaux contournent l’aide sociale, car l’AME et la CMU ne leur permettent pas de gagner leur vie, les hôpitaux sont débordés et les abus prolifèrent toujours plus. Demander des aides exceptionnelles entretient une coûteuse machine administrative, mais ne suffit plus pour se soigner correctement, c’est mon expérience et celle du corps médical que je rencontre.

Pour parvenir à prendre soin de nos personnes âgées, familles pauvres ou étudiants, il est chrétiennement légitime et simplement raisonnable de les faire passer en priorité, n’en déplaise à ces pasteurs qui confondent charité et responsabilité d’une société. La nôtre a cultivé l’individualisme et fait exploser les solidarités naturelles, prétendant s’y substituer, et son cuisant échec frappe avant tout les Français souvent seuls face à la misère, sans recours ni pays de rechange.

L’Etat, se détournant toujours plus de sa mission, demande maintenant aux familles, à notre peuple, de s’appauvrir encore plus pour ne pas renoncer à son utopie. Face à une catastrophe sanitaire et humaine qui s’annonce, c’est donc à nous de retrouver le chemin du foyer familial et du prochain, celui que Dieu nous a confié à travers notre devoir d’état."

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20 commentaires

  1. Comme je vous remercie,pour votre analyse! Merci d’avoir pris la peine de la diffuser: beaucoup la liront; puisse-t-elle, avec le secours de votre ange,atteindre la conscience de personnes responsables !

  2. C’est bien beau cet article, mais il oublie que cet état-providence n’est à l’origine que la mise en commun et l’organisation par l’Etat de cette charité. Doit-on vous rappeler que les allocations familiales sont d’origine catholique ? Qu’il en est de même pour l’assistance publique ?
    Soyons sérieux, le problème n’est pas que l’Etat s’occupe de charité, le problème est bien plus que l’Etat a perdu de vue les éléments constitutifs de la charité (vue comme manifestation de l’amour de Dieu) pour y substituer une vague solidarité redistributive.
    Le problème n’est pas que l’Etat se détourne de ses missions, mais de ses valeurs.

  3. Avant la création de toutes ces associations soit-disant caritatives les familles plus ou moins aisées, qui en avaient les moyens et d’autres sans beaucoup de fortune par d’autres biais, pratiquaient naturellement la charité. Elles faisaient le choix d’aider une ou plusieurs familles dans le besoin en tricotant des chaussettes, des pulls pour les enfants, en préparant de paniers pour Noël, en visitant les personnes esseulées âgées ou malades, faisant leurs courses, les accompagnant pour diverses démarches.
    Depuis que l’état providence a tout pris en main, on a déresponsabilisé les individus. L’abaissement des valeurs chrétiennes, l’individualisme, l’hédonisme et la surconsommation de choses inutiles ont renforcé cette détestable attitude d’aveuglement à la misère.
    Les gens se donnent bonne conscience en envoyant des chèques sans se soucier de savoir à quoi et à qui ils profitent réellement.

  4. Que dit la Bible?
    ” Tu honoreras ton père et ta mère ” = art. 371 du code civil
    ” Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle.” (1ère épître à Timothée ch.5-v.8) = art. 205 et 206 du code civil
    ” Si une veuve a des enfants ou des petits enfants, qu’ils apprennent avant tout à exercer la piété envers leur propre famille, et à rendre à leurs parents ce qu’ils ont reçu d’eux; car cela est agréable à Dieu.” (1ère épître à Timothée ch.5 v.4)
    La Bible rejoint donc le code civil pour imposer aux enfants le soutien aux parents.
    Les régimes de retraite ont adopté cette loi hors de sens: les enfants devront soutenir d’abord les chômeurs et les grasses retraites des autres au détriment de leurs parents qui sont dans le besoin et auxquels on demandera d’épuiser leur épargne et de vendre leur maison.
    Il s’agit donc d’un vol organisé des retraites des parents de famille nombreuse.

  5. Tout à fait d’accord avec Eljojo ! Il suffit de relire la lumineuse encyclique “Deus caritas est” de Benoît XVI pour bien voir que l’Etat ne peut se substituer aux chrétiens dans la charité. Il peut exercer un travail de providence, mais ce n’est pas lui qui peut faire montre de charité (au sens d'”amour”) tout en présentant le visage de Dieu.
    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html (à partir du point 27)

  6. Oui mais enfin la charité, l’éducation et la santé étaient auparavant assurées par des institutions d’Eglise et financées par l’Impot

  7. Bravo monsieur PIGNARD vous avez raison, il va falloir bientôt faire un choix entre payer les impôts ou aider sa famille, je crois que la dissidence nous attend.

  8. Eljojo,
    Vous dites “C’est bien beau cet article, mais il oublie que cet état-providence n’est à l’origine que la mise en commun et l’organisation par l’Etat de cette charité. Doit-on vous rappeler que les allocations familiales sont d’origine catholique ? Qu’il en est de même pour l’assistance publique ?”
    L’Etat providence est une perversion de la charité qui n’est pas dans les attributions d’un état, j’assume mon propos. Un état doit défendre le bien commun dans le meilleur des cas, l’intérêt général plutôt actuellement, de façon réaliste et raisonnable. Il peut pratiquer la charité, mais ce n’est ni la priorité ni dans ses prérogatives.
    En l’occurrence, ce détournement actuel permet de rendre impossible une bonne gestion des finances et la solidarité nationale dont font partie allocations familiales et sécurité sociale.
    Je ne remet nullement en cause le principe de solidarité et d’aide sociale, j’affirme d’expérience et de retour des médecins que la fraude massive, des abus en tout genre, l’AME et dans une certaine mesure la CMU qui profite aussi à des bénéficiaires légitimes étouffent et ruinent la système et créent des situations d’injustice formidable envers les ressortissants français et tous les bénéficiaires pour lesquels la solidarité sociale a été conçue.
    La charité n’est pas remise en cause, mais elle relève d’un autre ordre. Vider son compte et son frigo pour faire la charité serait un acte irresponsable de la part d’une famille et notre pays est une famille qui doit d’abord son aide aux siens.
    La perversion de l’Etat providence est d’essence collectiviste et mondialiste. Les chrétiens devraient s’en rendre compte et ne plus soutenir la disparitions des solidarités naturelles pour une utopie folle.

  9. Bernard,
    Vous dites “Oui mais enfin la charité, l’éducation et la santé étaient auparavant assurées par des institutions d’Eglise et financées par l’Impot”
    Oui effectivement, mais l’Etat n’empruntait pas sur les marchés avec intérêt pour payer ses fonctionnaires et faisait avec ce qu’ill avait comme moyens.
    Aujourd’hui les redistributeurs de la générosité étatique sont des fonctionnaires dont c’est la chasse gardée, qui coûtent très cher et acceptent de se soumettre à une utopie égalitariste. Regardez autour de vous tous ceux qui ne peuvent plus se soigner, éduquer convenablement leurs enfants et faire des projets alors que la charge fiscale même pour eux est de plus en plus forte dans le but de permettre cette générosité biaisée.
    Il y a comme un messianisme terrestre dans l’idéologie qui prétend apporter à tous sans restriction raisonnable le bonheur sur terre.
    l’Eglise l’a dénoncé.
    Et cet état n’assume pas sa générosité, il endette les générations à venir, crée de formidables frustrations, appauvrit le système de protection sociale et de santé en voulant être généreux au-delà du raisonnable au nom d’une utopie.

  10. Vraiment merci à SB de publier cet article qui nous rappelle la vraie charité au quotidien

  11. Ce débat est passionnant.
    Ce qu’à récemment dit Mgr Centène sur la crise et les réponses de la DSE peut éclairer.
    J’ai tout d’abord été séduit par l’antisocialisme de la critique de l’Etat.
    Mais individuellement je ne vois pas en quoi ce que fait l’Etat m’empêche de faire l’aumone.
    Au niveau de la société, il est difficile de ne pas relever les travers mentionné par DM.
    Mais comment favoriser l’apparition de corps intermédiaires plus légitimes et porteurs de valeurs ?
    L’Etat aujourd’hui ne joue-t-il pas – qu’on s’en réjouisse ou le déplore- ce rôle protecteur ?
    Pour faire court, détruire l’état Providence aujourd’hui serait jeter le bébé avec l’eau du bain – les classes moyennes dans la grande pauvreté.

  12. Ludo,
    D’accord avec vous.
    Je dénonce des excès, une pente mortelle prise depuis longtemps et qui s’accentue encore ces dernières années.
    Je ne prétend pas apporter de recours, mais simplement rappeler que l’Etat empiète sur des domaines, la solidarité naturelle et la charité, qui ne sont pas dans ses attributions et qu’il fait plus mal et en beaucoup plus coûteux.
    La famille, les paroisses ou associations non politisées, ont un avenir si l’Etat providence ne les empêche pas de faire leur travail.
    Mais les caisses sont vides, les bénéficiaires toujours plus nombreux sont devenus dépendants de ce système démagogique ou privés de ce qui leur est du, l’Etat a favorisé une clientèle électorale fidèle, l’avenir paraît sombre. Et refuser de voir cette réalité n’est simplement pas raisonnable.

  13. Vous dites aussi “Mais individuellement je ne vois pas en quoi ce que fait l’Etat m’empêche de faire l’aumône.”
    Si l’Etat prétend redistribuer et vous prélève de plus en plus mais assure ses prérogatives de moins en moins, certes vous restez libre de faire la charité, mais vous risquez d’avoir besoin de cette générosité pour aider vos proches voire assumer vos propres charges. Car au passage, l’Etat a financé ses fonctionnaires, ses copains subventionnés, et à l’arrivée les moyens pour faire la charité ont fondu dans le gaspillage étatique.
    Mais malgré tout, c’est grâce à l’altruisme et la charité personnelle que la situation n’est pas encore pire qu’elle pourrait l’être. Pour autant, l’Etat se mêle de morale personnelle, de conception de la vie pour imposer les siennes et là son “rôle protecteur” excusez-moi, mais il est plus que contestable.

  14. Merci d’avoir répondu et poursuivi la réflexion.
    Je partage donc votre point de vue.

  15. Une précision utile dans ces commentaires parfois rapides à condamner l’Etat.
    En effet, une analyse réaliste et objective des comptes publics conduit à dire que la cause principale du déséquilibre de nos comptes publics se trouve dans le vieillissement de la population : alors que l’âge de départ à la retraite n’a guère augmenté, la durée de vie s’est très largement accrue, et les soins requis pour les personnes âgées ont explosé.
    Alors oui le chômage, la mauvaise gestion, le copinage, la fraude sociale et certains excès de la mondialisation et de l’immigration n’arrangent pas les choses. Mais la réalité est là : ce qui coûte cher, ce sont nos retraités.
    Et que le financement de la dépendance des seniors soit public ou privé, il est toujours aussi élevé.
    Par ailleurs en ce qui concerne le périmètre légitime de l’intervention de l’Etat (uniquement les fonctions régaliennes, ou également sécurité sociale), la doctrine sociale de l’Eglise ne dit rien, sauf à préciser quelques lignes directrices, telles la subsidiarité, l’option préférentielle pour les pauvres et l’importance des liens familiaux. Mais l’Eglise n’interdit nullement une sécurité sociale publique. Chacun a sur ce sujet le droit d’avoir et de défendre son opinion, mais tout le monde conviendra que la santé, le chômage et la retraite sont des problématiques qui relèvent du bien commun, selon le principe qui dit que toute la société est affectée par ce qui touche le plus faible de ses membres.
    [Ne pas mélanger Etat et bien commun. Ce n’est pas parce que la santé relève du bien commun qu’elle relève de l’Etat.
    MJ]

  16. Il n’y a certes pas identité entre bien public (Etat) et bien commun.
    Mais cela n’interdit pas nécessairement à la puissance publique d’agir dans le domaine du bien commun.
    Plus précisément, on peut dire que le périmètre légitime de l’action de l’Etat est celui que le peuple est prêt à lui donner.
    L’Etat, comme disait Thatcher, appartient au peuple. Au peuple de dire ce que doit faire l’Etat !
    [Non, ce n’est pas si simple : le peuple doit aussi être responsable et agir par lui-même selon le principe de subsidiarité, car alors c’est plus efficace.
    Quant à la puissance publique elle est justement limitée par le bien commun. Aussi, lorsqu’elle agit à l’encontre du bien commun, que ce soit avec l’avortement, la dénaturation du mariage, ou l’inefficacité et le coût trop important de l’appareil d’Etat, elle devient illégitime.
    MJ]

  17. @ MJ
    Tout à fait d’accord avec vous, l’état ne doit pas avoir le monopole de la solidarité. Mais l’efficacité n’est pas qu’affaire de subsidiarité, il y a aussi des éléments culturels, politiques, économiques qui entre en ligne de compte.
    Mais sur le coût trop important de l’appareil d’Etat, ce n’est pas si simple. Tous les pays occidentaux sont grosso modo dans la même situation, même si certains plus que d’autres délèguent certaines tâches à l’initiative privée.
    Ce qui importe, c’est le pouvoir d’achat final des contribuables, une fois enlevés les impôts et taxes (qui financent l’Etat en tant que tel), les cotisations d’assurances publiques, les cotisations d’assurances privées.
    Un système où la part publique est plus élevée coûtera plus cher en frais de gestion, mais réduira les inégalités sociales : l’assurance publique rembourse selon les besoins, l’assurance privée selon les moyens. Par ailleurs une compagnie d’assurance privée est guidée par le profit (maximisation du gain des actionnaires), quand l’assurance publique est sensée viser l’intérêt général.
    Alors, oui, en France, tout ça coûte cher. Mais personne n’a à se demander s’il peut payer le traitement pour son cancer ou pour son enfant leucémique. Et vos cotisations à la sécu ne sont pas majorées quand vous avez eu un AVC, par exemple.
    [Sauf que c’est faux : avec le déremboursement d’un certain nombre de médicaments, les contribuables paient leur santé de plus en plus cher tandis que les taxes pour financer la Sécu sont de plus en plus hautes. Et mes lunettes ne sont pas remboursées alors que l’avortement l’est à 100%.
    Autrement dit, l’Etat gère mal l’argent qu’il ponctionne et, à ce titre, il est illégitime que ce soit lui qui s’en occupe.
    Comme ce n’est pas son rôle de “réduire les inégalités sociales”.
    MJ]

  18. @ MJ
    Votre argument tient pour les “petits” soins comme les lunettes ou l’avortement. Mais pour les maladies graves réclamant des traitements lourds, les ressources du patient deviennent directement le facteur discriminant. Les “déremboursements” dont vous parlez ne sont pas anodins, mais c’est sans commune mesure avec un traitement anti-cancer, par exemple.
    Par ailleurs la situation américaine prouve que même avec des assurances privées on peut rendre (hélas) obligatoire le remboursement de l’avortement. Autrement dit le fait que le système soit privé ou public n’y change rien.
    Finalement, la sécu, on la critique tant qu’on n’a pas de gros pépin. Mais quand on a une maladie grave ou orpheline, on est bien content qu’elle soit là. Car aux USA (initiative privée), à moins d’être très riche, on ne sera pas bien soigné ou pas soigné du tout. En France, les cotisations de sécu n’augmentent pas quand on vous diagnostique un diabète…
    La mauvaise gestion de l’argent public n’est pas inévitable. On peut tout à fait imposer des standards de gestion digne du privé au public. Cet argument ne suffit donc pas à disqualifier le choix politique d’une assurance maladie publique. De plus on a récemment fait l’expérience d’erreurs de gestion dans le privé, avec la crise financière.
    En ce qui concerne le rôle de l’Etat, les théories divergent. Je note le n°355 de la DSE qui rappelle le rôle de l’Etat pour garantir la protection sociale et le rôle redistributif de l’impôt, ce qui signifie exactement réduire les inégalités sociales. Et, soit dit en passant, c’est bien parce qu’elle est garantie par l’Etat que la sécu est mal gérée.
    Par ailleurs le n°188 précise qu’en dernier recours l’application de la subsidiarité est soumise au principe du bien commun.
    Bref, notre système coûte cher, il est imparfait, mais il minimise très largement le nombre de personnes laissées sur le carreau.
    [Le déséquilibre flagrant du système de santé ne peut pas venir des seules maladies graves ! Vous n’allez pas me faire croire que l’augmentation de la CSG est due à l’augmentation du cancer du colon.
    En plus ce que vous écrivez est faux : les cotisations de la sécu augmentent, que l’on vous diagnostique ou non un diabète. Elles augmentent même tout le temps et pour tout le monde, alors que tout le système se dégrade depuis des années.
    La sécurité sociale, confisquée par un monopole d’Etat nuit gravement à 2 principes essentiels de la DSE :
    – le principe de subsidiarité
    – le principe de responsabilité auquel est attaché la dignité humaine.
    Autrement dit, j’accepte de cotiser pour le grave malade atteint d’un cancer, mais je refuse de financer, non seulement la culture de mort, mais les soins inutiles. Ce n’est pas pour rien que les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments. Puisque c’est gratuit, les médecins prescrivent à qui mieux mieux. Engraissant d’ailleurs le lobby pharmaceutique.
    Connaître le coût d’un produit, c’est être responsable. Les Français ne connaissent plus le coût de leur santé, car elle leur est remboursée.
    Si le rôle de l’Etat est de garantir une protection sociale, la DSE n’enseigne pas que cet Etat doit avoir le monopole de cette protection et qu’il doit ainsi déresponsabiliser les Français.
    MJ]

  19. @ MJ
    Il y a dans la question de la sécurité sociale plusieurs points distincts.
    – l’augmentation structurelle des coûts, liée à l’augmentation du nombre de retraités, elle-même due largement à l’augmentation de l’espérance de vie, elle-même gagnée par une forte médicalisation. Ceci implique une hausse massive des besoins de financement des retraites d’une part (davantage de retraités) et de l’assurance maladie d’autre part (du fait de la médicalisation : c’est la fameuse question de la dépendance).
    [Il faut parler surtout du déséquilibre démographique, du à une politique anti-familiale, l’avortement et la contraception. MJ]
    – la mauvaise gestion de l’argent public, due à de nombreuses raisons dont l’illusion de gratuité et une confiance exagérée dans la garantie de l’Etat. Ces problèmes peuvent être résolus très facilement en d’une part adressant tous les ans à chaque contribuable un courrier détaillant l’ensemble des soins dont il a bénéficié ainsi qu’en détaillant à chaque acte médical son coût. Et d’autre part en faisant auditer le fonctionnement de la sécu par la Cour des Comptes et par un cabinet d’audit.
    [Grave erreur : vous ajouter encore de l’étatisme pour corriger l’étatisme. Une nouvelle strate qui coûtera de l’argent aux contribuables pour leur envoyer un courrier qui atterrira dans la corbeille.
    Quant aux avis de la Cour des Comptes, le gouvernement s’en moque, c’est également destiné à la poubelle.
    MJ]
    – le choix du système de protection sociale. Il y a de nombreux modèles : la sécurité sociale gérée par l’Etat, la sécurité sociale gérée par des collectivités locales (mais se pose alors la question des déséquilibres entre les régions), la sécurité sociale gérée par des organismes à but non lucratifs (dans l’idéal des syndicats, selon chaque branche), la sécurité sociale gérée par des entreprises spécialisées (les compagnies d’assurance, les fonds de pension), ou toute combinaison de ces possibilités. Aucun de ces systèmes n’obéit pleinement à la DSE. Un monopole d’Etat bat en brèche la subsidiarité (cela peut tout de même être légitime au nom du bien commun), un système totalement privé (les compagnies d’assurance) mettra à l’écart les plus faibles (personnes ayant des facteurs de risque – cancer, diabète… – chômeurs, pauvres en général). Le système public est conçu pour que chacun reçoive selon ses besoins (d’où un fort risque de fraude), tandis que le système privé conduit chacun à recevoir selon ses moyens, selon ses cotisations (d’où des drames pour les familles qui ne peuvent pas financer un traitement nécessaire).
    [Et l’assurance gérée par les entreprises, telles que l’avaient conçu les catholiques sociaux, avant que ces caisses régionales ne soient confisquées par l’Etat en 1945 dans une logique collectiviste et irresponsable, pour engraisser notamment les syndicats.
    Enfin, vous oubliez une assurance majeure, et de fait la plus importante, répondant à la fois aux critères de subsidiarité, de responsabilité et de solidarité : la famille.
    MJ]
    – la question de la solidarité. Selon le principe de subsidiarité, le mieux serait qu’elle soit le fruit de l’initiative privée : librement les plus fortunés donneraient aux moins fortunés. Cependant un tel système doit être professionnalisé pour assurer une régularité dans les flux financiers, afin d’assurer ne serait-ce que la continuité des services. Mais plus encore il se base sur la confiance dans la générosité des personnes, ce qui suppose d’abord l’éveil d’une conscience morale : laissé à lui-même, l’homme est avare. Un tel système suppose donc une forte prégnance des valeurs chrétiennes dans la société, ce qui n’est clairement pas le cas aujourd’hui.
    [C’est totalement faux : laissé à lui-même, l’homme n’est pas avare. Preuve en est : les Français donnent encore beaucoup aux associations caritatives, issues de l’initiative privée, qui font bien plus de bien que si cette solidarité était étatisée.
    C’est un peu comme si vous disiez que les Restos du coeur étaient inefficaces car les gens n’y donnent pas et que ce doit être à l’Etat de prendre la main…
    Par ce propos, vous êtes en contradiction avec ce que la DSE nomme la responsabilité, principe essentiel du bien commun. L’homme est un être libre, doué de raison, capable de se prendre en main. Il faut arrêter de croire que l’homme est un loup pour l’homme et que l’Etat va le soigner contre sa volonté. C’est une idée révolutionnaire qui a montré son echec.
    MJ]
    C’est bien pour ces raisons que l’Etat a pris en charge une part de la solidarité. Cependant on conviendra que les déductions d’impôts sur les dons sont une manière de rendre sa place à l’initiative privée, et donc à la subsidiarité, même en France.
    – Reste la question purement morale liée aux prestations remboursées. Cette question est annexe. En effet, le remboursement de l’avortement n’est qu’une conséquence de sa légalisation. L’avortement est gratuit en France parce que c’est le meilleur moyen d’assurer que ce soit un droit pour toutes les femmes. Autrement dit le problème de la moralité des remboursements n’est qu’une conséquence de celui de la perte des valeurs morales.
    Au passage, et sans vouloir vous vexer, je vous signale que votre argumentation n’est pas très loyale, car vous déformez mon propos avant de le contester.
    – Ainsi vous dites “les cotisations de la sécu augmentent, que l’on vous diagnostique ou non un diabète” Ce que je ne conteste pas. Mon argument ne porte pas sur l’augmentation de la cotisation mais sur sa causalité : le diabète du cotisant n’est pas la cause de l’augmentation de sa cotisation.
    – De même vous dites “Vous n’allez pas me faire croire que l’augmentation de la CSG est due à l’augmentation du cancer du colon.” Alors que je n’ai jamais dit ça. L’augmentation de la CSG est due à l’augmentation des dépenses de la sécu, elle-même due au vieillissement de la population. Même si, soit dit en passant, le nombre de cancers explose depuis quelques décennies, et leur coût avec.
    – Vous omettez de dire que le principe de subsidiarité est soumis au bien commun, et que par conséquent il n’est pas absolu (DSE n°188), ce qui fait que dans certaines situations on peut donc y déroger.
    – Dans le post précédent, vous entretenez la confusion entre mauvaise gestion sur le plan financier et mauvaise gestion sur le plan moral : “Et mes lunettes ne sont pas remboursées alors que l’avortement l’est à 100%. Autrement dit, l’Etat gère mal l’argent qu’il ponctionne”
    Un lecteur rapide vous croira sans doute, mais moralement, je crois fermement que la fin ne justifie pas les moyens. Pour tout vous dire, je suis plutôt déçu de voir cela de la part d’un blogueur catholique aussi réputé que vous l’êtes.
    [Dans toute votre argumentation, vous laissez entendre que le seul problème de la Sécu, ce sont les vieux et la mauvaise gestion, ce qui est proprement incroyable.
    Alors même que la mauvaise gestion est liée à l’étatisme, qui déresponsabilise. Notre sécu est contraire au bien commun, non seulement dans sa gestion, mais dans son principe même. Vous ne pouvez pas écrire que la DSE permet de s’affranchir du principe de subsidiarité au nom du bien commun, puisqu’ici même le bien commun est bafoué. Mais surtout, le principe de subsidiarité commande que l’échelon supérieur prenne la main lorsque l’échelon inférieur ne répond plus au bien commun. Il n’y a donc pas affranchissement du principe de subsidiarité au nom du bien commun, mais application du principe de subsidiarité au nom du bien commun.
    MJ]

  20. @ MJ
    Plusieurs de vos arguments ne tiennent pas :
    – Déséquilibre démographique et vieillissement vont de pair… Ceci étant, la France se situe plutôt près de l’équilibre (2.1 enfants par femme). Le problème, c’est que le système des retraites a été conçu lorsque l’âge moyen de décès était inférieur à celui de départ en retraite. Aujourd’hui, il y a 20 ans d’écart entre les deux. D’où une explosion des coûts.
    [Ce qui signifie que là encore que l’Etat est incompétent sur les retraites et que son intervention nuit au bien commun. On devrait plutôt laisser les personnes décider librement de leur départ en retraite et donc permettre de partir plus tard. MJ]
    – Le fait de faire auditer la gestion d’un organisme est une pratique courante dans le privé, alors qualifier ça d’étatisme (surtout si le cabinet d’audit est privé…) relève de l’humour plus que de l’argument.
    [Non, cela relève des faits : citez moi un rapport de la Cour des comptes ayant donné lieu à une correction de l’administration française… Chaque année c’est le même cinéma avec des rapports dénonçant la gabegie… et chaque fois, l’Etat s’en moque. MJ]
    – L’assurance créée par les catholiques sociaux était pas mal du tout. Mais justement, le problème c’est qu’il n’y a plus beaucoup de catholiques. Et surtout se pose la question du chômage. Un chômage de masse structurel rend complexe un système basé uniquement sur des entreprises. Oui la famille est une assurance. Mais elle ne suffit pas, surtout avec l’explosion des coûts. Soigner un cancer, une leucémie, coûte extrêmement cher, et de nombreuses familles ne pourront pas faire face : c’est le cas aux USA.
    [Où est l’argument ? L’assurance créée par les catholiques sociaux n’est pas, en soi, “catholique”. Elle était conforme au bien commun et c’est un Etat de type collectiviste qui l’a confisquée. MJ]
    – En ce qui concerne l’initiative privée, elle doit évidement être encouragée. La France le fait via les déductions d’IR et d’ISF. C’est de la subsidiarité. Cependant le mode associatif a ses limites. Gérer un hôpital moderne avec tout son personnel et tout son matériel demande une sécurité financière qui n’est possible que dans le cadre de l’entreprise privée ou dans le cadre de prélèvements obligatoires. Le problème du mode associatif est qu’il est bien plus soumis aux aléas de l’opinion publique.
    [Les hôpitaux privés sont bien mieux gérés que les hôpitaux publics, comme quoi, là encore, l’étatisme est contraire au bien commun. Quant à la solidarité, il est hallucinant qu’elle dépende du bon vouloir de l’Etat au travers des déductions d’impôts. C’est tout à fait contraire au principe de responsabilité. L’Etat devrait déjà déduire les dons à 100%, car l’argent ainsi dégagé est bien mieux utilisé que celui qui entre dans les caisses de l’Etat. MJ]
    – Il n’y a pas de relation de causalité entre étatisme et déresponsabilisation. Si à chaque soin on envoie une copie de la facture à l’assuré, et que tous les ans on lui envoie par courrier un récapitulatif de ses cotisations et dépenses, alors on progressera vers la responsabilisation. La causalité n’est donc pas évidente, même s’il est clair qu’un système public rend de telles dérives plus aisées.
    [Cet argument est totalement délirant. Ce n’est pas après l’acte que l’on responsabilise, mais avant. Et je vous signale que vous avez déjà ces “factures” de soin. Preuve que cela ne sert à rien, sinon à faire grossir l’administration en lui faisant gérer de la paperasse. MJ]
    Les raisons du déficit de la sécu sont multiples. De manière structurelle se trouve le vieillissement de la population (retraites plus longues et importants soins médicaux). Et de manière plus conjoncturelle le chômage (qui coûte directement à la sécu via l’assurance chômage et indirectement via une baisse des rentrées des cotisations).
    La fraude et la déresponsabilisation ont certes un rôle, mais il est moindre.
    Autrement dit les principales causes du trou de la sécu sont… indépendantes de la sécu.
    [Il faut arrêter ce délire. Le coût de la non-famille est énorme pour la sécu, car outre le remboursement de la pilule et de l’avortement, c’est tout un tas de dépression, détresses psychologiques pour parents et enfants, conséquences de la politique de la non-famille, qui sont remboursées par la Sécu.
    Je ne parle même pas de l’immigration, avec AME et CMU.
    MJ]
    Quant à l’affranchissement du principe de subsidiarité, il a eu lieu en 1996, quand l’Etat a repris la main sur les syndicats pour gérer la sécu, au nom du bien commun, à savoir la viabilité du système. Sans cette intervention, le déficit serait bien supérieur.
    [Excusez-moi de ne pas rire, mais là c’est vraiment n’importe quoi. Maintenant vous osez expliquer qu’il faudrait remercier l’Etat parce que le trou de la Sécu est moins important que prévu. Non, sans blague, à d’autres. C’est argument n’est pas sérieux. Il est même totalement irresponsable. MJ]
    Il faut bien voir que le bien commun recouvre plusieurs éléments. La viabilité du système en fait partie intégrante, et cet élément du bien commun est respecté. En ce qui concerne la moralité des soins remboursés, le bien commun est certes bafoué. Mais le mal commis ici n’efface pas le bien commis là-bas. Plus encore, la question du remboursement de l’avortement n’est pas directement liée au type de système : l’Obamacare est un système majoritairement privé qui impose de rembourser l’avortement et la contraception.
    En conséquence de quoi, bien qu’on puisse dire que le bien commun est attaqué, “bafoué”, on ne peut pas pour autant dire qu’il soit réduit à néant.
    [Il tire vers le néant, ce que vous ne voulez pas admettre. Alors qu’il est aujourd’hui évident que même en augmentant les cotisations, il n’y aura bientôt plus ni retraite, ni remboursement de soin.
    Toute personne responsable devrait dire : rendez l’argent. MJ]

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