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Pays : Chine

L’espionnage chinois en France

L’espionnage chinois en France

Lors d’une audition à huis clos à l’Assemblée nationale, le 13 juillet, Stéphane Bouillon, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, ne s’est pas trop attardé sur les actions de la Russie en France, si ce n’est qu’il n’a manqué de souligner les « fortes attaques » [infomationnelles, ndlr] de cette dernière « contre la présence française en Afrique ».

En revanche, M. Bouillon a été plus bavard – et aussi plus direct – à l’égard des menées chinoises en France.

« De nombreux Chinois s’intéressent à nos intérêts en pratiquant l’infiltration et l’espionnage. […] Des chinois espionnent à tire-larigot et s’en donnent à cœur joie en matière d’entrisme, de pénétration et de tentatives de captations ».

« à chaque arrivée dans les universités de stagiaires ressortissants de certains pays -– nous sommes attentifs à la Chine et à l’Iran qui s’intéressent à la physique et à la chimie, et à quelques autres États – nous faisons systématiquement réaliser une enquête par les services de renseignement et, le cas échéant, refusons un droit d’accueil de tel ou tel, voire mettons fin à son séjour ».

« Nous surveillons aussi les centres de type Confucius ou Léo Lagrange et autres, et leur système de fondation ».

« nous faisons en sorte que certaines entreprises, en particulier chinoises, ne puissent pas accroître à l’excès leur importance en France ».

« nous leur leur avons interdit l’accès, en matière de téléphonie, à certaines zones considérées comme sensibles ».

La loi n° 2019-810 du 1er août 2019 « vise à préserver les intérêts de la défense et de la sécurité nationale de la France dans le cadre de l’exploitation des réseaux radioélectriques mobiles ». Surnommée « loi anti-Huaweï », celle-ci permet de limiter l’implication de l’équipementier chinois dans l’installation du réseau 5G en France. Et, selon M. Bouillon, les députés auront « probablement à retravailler » ce texte prochainement. « C’est un des points sur lesquels nous pourrons intervenir ».

L’une des menaces que M. Bouillon a qualifiée « d’hybride » concerne la sécurité économique. « Cela va du stagiaire qui traîne après la fermeture des bureaux pour copier des dossiers, à la visite d’une délégation étrangère qui oublie des petits objets sous la table ou prend des photos ». Sur ce point,

« si les Si les très grandes entreprises y sont sensibilisées, en revanche, les petites et moyennes, qui sont parfois des pépites sans le savoir, sont d’une grande vulnérabilité ».

En outre, ce genre de menace couvre également

« la prédation par la captation de matière grise, les attaques réputationnelles et les attaques en Bourse ».

« Tous les jours, je lis des notes d’information m’informant qu’une université ou un laboratoire a accepté de prendre tel ou tel. Lorsque j’étais en poste à Strasbourg, j’avais connu un prix Nobel de Chimie dont le laboratoire était plus ouvert que le bistrot du coin. Tout le monde y traînait, dont quelques stagiaires à l’origine indéterminée. Il m’avait dit : ‘La science n’a pas de frontières’. Je lui avais répondu qu’il s’était réjoui de voir son prix Nobel lui être attribué à lui et non à un de ses collègues étrangers ».

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2 commentaires

  1. Vu l’état de la France, je ne vois pas ce que les Chinois peuvent y trouver à espionner ?

  2. La bêtise profonde n’a pas de limites. Le délire antichinois n’a d’égal que le délire antirusse. C’est bien vu, et à peu de frais (intellectuels).
    Je travaillais dans un service dont la mission était la modélisation des accidents nucléaires graves, prenant en compte tous les phénomènes physiques et chimiques depuis l’évènement initiateur jusqu’au relâchement éventuel de radioactivité dans l’environnement. Nous appelons accident grave un accident qui conduit à une fusion, même très partielle, du cœur nucléaire.
    Nous avons appris que, suite à des échanges décidés en haut lieu, deux chinois devaient venir passer deux mois dans notre service.
    Les chefs nous ont rassemblés: interdiction d’avoir le moindre échange avec eux sur le plan professionnel. Ils ont été parqués dans un bureau, sans moyens informatiques, à l’isolement Bonjour, bonsoir, et basta!
    Que venaient-ils donc espionner? A cette époque, ils étaient déjà très en avance sur nous. Il y avait un numéro spécial de “Nuclear Science and engineering” consacré à la revue de tous les types de réacteurs du futur, toutes les filières possibles. Tous les auteurs étaient Chinois.
    Alors? Parce que nous étions moins intelligents? Non! Parce que la politique politicienne écolo pesait drastiquement sur la recherche et la mettait sur la pente descendante. En Italie, c’est pire. L’Italie a été le berceau de l’énergie nucléaire (l’équipe de Enrico Fermi). En Italie, maintenant, toute recherche sur l’énergie nucléaire est interdite. La bêtise profonde!
    Donc, ces deux pauvres bougres se sont trouvés complètement isolés et ostracisés.
    J’ai eu tellement honte que, la veille de leur départ, je les ai invités au restaurant en compagnie de mon fils. Nous avons passé une soirée amicale. Ils ne m’ont posé aucune question sur mon travail.
    En agissant ainsi, je pense que j’ai rendu un service à la France. Ces deux individus sont certainement devenus des grands pontes dans leur pays, en passe de devenir la première puissance mondiale. Ils se souviendront qu’il y a des Français moins bornés et stupides que la moyenne.
    Vous dites surveiller de près les étudiants étrangers qui s’intéressent aux matières scientifiques. Ce n’est pas la peine d’aller si loin! En France, pays de l’ignorance et de la bêtise, tout individu qui a une vraie vocation scientifique (pas celle des “comités de défense” et autres) est naturellement suspect.
    Votre propos illustre parfaitement ce qu’est devenue la France. Autrefois pays de la création et de l’innovation, c’est devenu le pays de la surveillance.

    J’aborde le caractère universel de la Science. C’est quelque chose que vous ne pouvez pas comprendre, donc vous pouvez sauter.

    La médaille Fields de mathématiques, l’équivalent du prix Nobel, fut attribuée à l l’Iranienne Maryam Mirzakhani, qui nous a quittés trop jeune. Elle était professeur à l’université de Stanford mais avait fait ses études secondaires en Iran. Les Américains sont moins tarés que certains Français.

    Le prix Nobel de Physique pour l’unification du champ électrofaible fut attribué à Stephen Weinberg, Américain, et Abdul Salam, Pakistanais. Le professeur Salam (décédé) a été pendant des années directeur du centre de recherches de l’Euratom à Trieste et il a laissé un excellent souvenir. Il avait fait ses études supérieures à Cambridge.
    Pour nous, scientifiques, c’est enthousiasmant.

    Ceci n’exclut en rien la protection des données relevant du secret défense.

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