Bannière Salon Beige

Partager cet article

France : Politique en France

Les voeux du président ou l’aveu idéologique

"Il faut croire en la France" introduit le développement idéologique des voeux du Président Chirac. Dire ça c’est déjà reconnaître que plus personne n’y croit.
La suite est assez cocace : les lignes qui suivent appellent au "patriotisme" "moderne" et à adhérer à un "projet collectif" qui "n’est pas à inventer", "c’est la République". Le principe est posé : la République supplante une nouvelle fois la France (qui n’est citée que deux fois), et aimer la France c’est adhérer de manière inconditionnelle à la République que le Président tente ensuite de définir. Le patriotisme, amour de la Patrie, terre des Pères, c’est aujourd’hui aimer la mère-République : du déjà vu

La République est présentée comme la seule éducatrice ("L’école, c’est la clé de tout"), comme la seule dispensatrice de gratification ("au cœur de la République, il y a le mérite"), comme basée sur l’humanisme ("il n’y a pas de République sans égalité des chances") et comme seule référence éthique ("Au fondement même de la République il y a le respect de la loi et des règles").

L’Eglise dit que l’éducation des enfants est à la charge des parents, l’Etat n’existant que pour les aider dans cette tâche, que chacun doit agir en fonction des talents reçus et que les catholiques, s’ils doivent se soumettre au pouvoir temporel, ne peuvent obéir à ce qui est contraire aux commandements de Dieu.

Le Président se perd après dans un verbiage imprécis dont le but est évidemment diabolisateur : "soyons intransigeants sur les idéaux de la République. Refus du
communautarisme. Respect dû à chacun. Respect de la laïcité. Lutte
contre les discriminations. Combat contre le racisme et l’antisémitisme.
" Personne ne peut s’opposer aujourd’hui à de tels propos (Laïcité, communautarisme, discriminations…), mais personne ne peut les définir clairement, sauf à dire que la plupart sont nés de la République elle-même. C’est une des bases du terrorisme intellectuel : utiliser des mots sans les définir.

"La République, c’est aussi l’esprit de conquête", on le savait : après la conquêtes révolutionnaires pour imposer l’idéologie républicaine dans le monde, le président propose aujourd’hui de conquérir les marchés grâce à la mondialisation, en misant sur le numérique et l’énergie où "La France sera pionnière". C’est ignorer la réalité américaine ou asiatique…

Le camouflet reçu le 29 mai dernier
n’est pas oublié au grand mépris du peuple qui s’est exprimé : "je prendrai rapidement des initiatives pour relancer la construction de l’Europe politique". A quand le prochain référendum? Pour bientôt sans doute, l’idéologie européenne est toujours présente : "
            L’Europe est essentielle pour notre avenir
".
Ceci dit la France compte deux atouts : la mondialisation ("Faisons de la mondialisation un atout pour notre avenir") et la diversité ("la diversité fait partie de notre histoire : c’est une richesse. C’est un atout pour notre avenir"). Encore deux concepts indéfinis…

Le décor idéologique est planté, les idéaux républicains se proposent de lutter contre les fruits même de la République et les atouts de la France sont volontairement flous afin d’être servis à toutes les sauces pour justifier toutes les actions.

On le savait et le Président nous le confirme : l’année 2006 sera difficile.

Lahire

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

Partager cet article

7 commentaires

  1. On le savait et le Président nous le confirme : l’année 2006 sera difficile…
    … et 2007 sera l’année du changement!

  2. On ne peut guère reprocher au président de la République d’être cohérent dans ses propos avec les grandes thèses philosophiques élaborées par la “secte” au temps des Lumières et appliquées conciencieusement depuis:
    – la fusion entre amour de la patrie, amour de la République, amour de l’égalité est théorisée par Montesquieu et mise en pratique par Robespierre.Cette désincarnation de la patrie est finement analysée par Jean de Viguerie dans son essai:”les deux patries”
    – Le mondialisme rejoint le cosmopolitisme de l’abbé de Saint-Pierre et son “projet de paix perpétuelle” (1713)
    – La République, seule éducatrice: Jules Ferry, père de l’école laïque, deux fois premier ministre et quatre fois ministre de l’Instruction publique (et des cultes) disait qu’il fallait organiser l’humanité sans roi et sans Dieu: le résultat dépasse toutes les espérances…
    François Brigneau dans un ouvrage au vitriol:”Jules l’imposteur”(1981), préfacé par Jean Madiran, met au grand jour la supercherie!
    – le terrorisme intellectuel:la lutte contre le racisme se substitue à la lutte contre le facisme des cinquante dernières années; qui mieux que Jules Monnerot dans “Desintox”a analysé l’impact psychologique des mots et le pouvoir intellectuel de la gauche et ses affidés?
    un essai historique, un pamphlet journalistique, une étude sociologique: trois ouvrages qui ont le mérite immense de nous aider à mieux comprendre les ressorts de la dislocation de notre identité nationale, la vacuité du système politique en place et surtout la réalité de cette lutte implacable contre la religion catholique car là est le véritable enjeu.
    Je laisse à Jean Jaures le soin de conclure ce commentaire un peu long:
    “Voilà la contradiction des deux mondes, voilà la contradiction des deux principes et voilà, par conséquent, quand nous arrivons au problème de l’enseignement la dualité et le conflit. Si les hommes de la Révolution poussent jusqu’au bout le principe révolutionnaire, et si les Chrétiens poussent jusqu’au bout le principe de l’Eglise, c’est dans une socièté unie en apparence, c’est dans une socièté où nous aurons tous la même figure d’hommes, le plus prodigieux conflit qui se puisse imaginer”( JO 21 janvier 1910, p 262)
    Sursum corda

  3. Bonjour FRL,
    merci de ces remarques judicieuses. On peu ajouter que la République s’est construite contre l’Eglise et que historiquement, c’est dans son combat contre cette dernière qu’elle s’est affirmée.
    Aujourd’hui, ce combat est ‘gagné’ de façon concensuelle…. C’est sans doute l’origine de la pauvreté de notre débat ‘démocratique’ , et sans doute, en abscence de toute transcendance, une des causes probable de la fin imminente de la République.
    Au profit de quel paradigme ? A nous de choisir….

  4. En effet, Chirac s’est une fois de plus montré comme l’homme des lobbies sectaires qui distillent leur venin depuis les sinistres Lumières…
    Discriminations et lutte contre le racisme et l’antisémistime, ce gâteux n’a que ces mots à la bouche, alors que le pays est en pleine désindustrialisation, vendu sans pitié (et sans résistance) au commerce mondial, avec au bas mot 3 millions de chômeurs et autant de salariés précaires, en butte à une immgration affolante dont les effets terroristes commencent à se faire sentir dans nos banlieues colonisées.
    mais il est vrai que Chirac vendait l’Humanité à la criée devant son lycée…

  5. Une seule solution: Louis XX!

  6. Oui!
    Vive le Roy!

  7. L’eglise d’aujourd’hui a les ennemis qu’elle mérite et c’est triste.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services

 

Pendant le confinement, le combat ne s'arrête pas.

Le Salon beige a besoin de votre aide pour défendre les principes non négociables!