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France : Politique en France

Les salles de shoot dépassent les clivages politiques

Profitant de la sortie d'une étude télécommandée, des élus locaux de droite, de gauche et centristes ont demandé, lors d'une conférence de presse commune à la mairie de Paris, que l'Etat adopte les mesures juridiques permettant l'ouverture, "au moins à titre expérimental", de salles de consommation de drogue en France. Patrick Padovani, médecin et adjoint UMP au sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, Bertrand Delanoë, font partie des élus favorables à cette dépénalisation masquée.

77 députés et sénateurs UMP ont rendu publique une "Charte des élus contre les drogues", estimant que

"les débats sur la dépénalisation et la mise en place de centres d'injection nuisent à la lisibilité du message de prévention".

Dans un communiqué, Christine Boutin explique :

"Ces salles d’injection encouragent l'augmentation de la consommation par la présence rassurante de personnel médical et accompagnent la dépendance au lieu de l’arrêter. Elles légitiment tacitement l’usage de substances pourtant illégales et envoient des signaux contraires à la politique de prévention qui est celle de la France depuis de nombreuses années !

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8 commentaires

  1. Là encore on désignera du personnel de santé sans tenir compte d’une éventuelle objection de conscience.C’est pourtant une complicité objective à un acte mortifère,malgré les utopies de prévention du sida etc,etc Ce personnel manque cruellemnt dans des activités vraiment curatives.Les vrais patients ,les enfants ,les vieillards devront être encore plus patients aux urgences…

  2. Les expériences menées à l’étranger ne corroborent pas les faits décrits par Mme Boutin bien au contraire. Il me semble qu’elle n’a pas disposé d’une information claire et objective.
    Je parle d’un sujet que je connais bien et au delà des réactions émotionnelles sucitées par ce projet pas toujours bien présenté ni argumenté il me semble qu’il convient d’adopter une attitude rationnelle:
    Un toxicomane se procurera de la drogue par tous les moyens quoi que l’on fasse, y compris illégalement en volant et en mettant à mal sa famille et la société. De plus il se mettra lui même en danger en se procurant des produits trafiqués ou en utilisant du matériel souillé. Bien pensées et bien organisées les salles d’injections permettent aux toxicomanes d’établir un contact avec un soignant (ce qui est tout de même autre chose que de se trouver seul face à une substance) et de s’engager dans une filière de soins (sevrage ou traitements substitutifs)
    On ne peut aider les gens les soigner, et les faire progresser sans les accepter d’abord tels qu’ils sont (ce qui n’est en aucun cas aprouver leur comportement).
    Je constate qu’on entendait les mêmes oppositions il y a quelques années face aux traitements substitutifs qui ont pourtant permis à des milliers de toxicomanes de conserver une insertion sociale et pour certains d’entre eux de s’acheminer vers un processus de sevrage.
    Autre effet collatéral souvent oublié des salles d’injection constaté dans les pays où elles ont été instituées: la diminution réelle du traffic et de l’exposition des plus jeunes aux substances dangereuses.
    les faits sont avérés je suis prêt à en débattre.
    On oublie trop souvent qu’un sevrage réussi c’est à dire aboutit et définitif demande souvent plusieurs années avec de nombreuses rechutes. C’est un processus lent difficile et douloureux qui demande un accompagnement sur une longue période. Combien de toxicomanes vivent actuellement assez longtemps pour s’en sortir? Ne peut-on leur laisser cette chance?
    [Donc pour soigner les violés, on ouvre des salles pour violeurs ? C’est cela ? J’ai bon ? Sans blague.
    MJ]

  3. Bientôt dans notre beau pays de France nous aurons l’obligation de mettre de la drogue directement dans les biberons des nouveaux nés !
    Ceci afin d’éviter aux voisins insomniaques de mettre des boules Quiès pour ne pas perturber leur sommeil !
    Décidément l’on marche sur la tête.
    Reviens Seigneur, ils sont devenus fous!
    Merci !
    JFL

  4. Vous m’excuserez de ne pas bien comprendre le sens de votre remarque, sans doute ironique, mais la question des agresseurs sexuels est un autre problème sur laquelle il y aurait bien des choses à dire mais qui me parait ici hors sujet.
    Des études fort sérieuses ont été réalisées à propos des salles d’injection notamment en Suisse. Je regrette que personne n’en fasse mention ne serait-ce que pour en faire une critique objective. La proposition d’une expérimentation en France n’est pas sortie de l’imagination débridée d’un quelconque professeur Nimbus! Elle s’appuie sur des constats réels réalisés à l’étranger et qu’il me semble un peu facile de rejeter d’un revers de main sans une argumentation solide.
    Je comprend fort bien que le débat sur ce sujet puisse être passionné mais vos arguments me semblent s’appuyer davantage sur des présupposés idéologiques (ce qui n’est pas dans vos habitudes) que sur des fait avérés.
    Je pense tout de même que nous pourrons nous rejoindre sur un point les toxicomanes doivent être soignés et accompagnés vers un sevrage définitif. Comme je le faisait remarquer c’est un processus lent et difficile et je pense pouvoir me prévaloir d’une certaine expérience professionnelle dans ce domaine.
    Reste ensuite la question morale qui me semble être ici le noeud du problème. Je serais, pour ma part tenté de voir là un rapprochement avec de domaine des soins palliatifs. Il est en effet admis que l’on soit autorisé à prescrire une substance dans le but de soulager une souffrance intolérable même si on sait que cette prescription risque d’abrèger la vie du patient. Sans être spécialiste en théologie morale (et dans ce domaine je vous concède bien volontiers l’avantage)il me semble que l’on reconnait ici la prééminence de l’intention (soulager une souffrance) sur le moyen utilisé (administration d’une substance potentiellement léthale)?
    Il se peut que je sois dans l’erreur(?)Si c’est le cas je vous demande humblement et fraternellement la bonté de m’en corriger.
    [Oui c’était ironique. Mais vos arguments sont bien connus : ce sont les mêmes que ceux employés lors de la légalisation de l’avortement. C’est un faux moindre mal. C’est dire que votre rapprochement avec les soins palliatifs est totalement hors-sujet.
    Je vous invite à sortir de vos études et à lire ce témoignage d’un ancien drogué (qui s’en est sorti sans salle de shoot, et pour cause), publié ici il y a un mois :
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/08/salles-de-shoot-lavis-dans-un-ancien-toxicomane.html
    MJ]

  5. Merci pour ce beau témoignage auquel je puis facilement souscrire.
    Je n’envisageais pas la question sous cet angle ni ne considérais les salles d’injection comme un moindre mal mais plutôt comme un moyen pour les toxicomanes de pouvoir acceder à un dialogue et des soins nécessaires, disons une première étape. Tout le monde hélas n’est pas touché par la grâce…
    Merci en tout cas pour cet échange qui m’a aidé à approfondir ma réflexion.

  6. A l’attention de Vincent ROUYER:
    “On ne peut aider les gens les soigner, et les faire progresser sans les accepter d’abord tels qu’ils sont (ce qui n’est en aucun cas approuver leur comportement).”
    C’est exactement l’argumentation (ainsi que tout votre paragraphe précédent) qui a été utilisée pour dépénaliser, expérimenter l’avortement. Ensuite, cette exception a été revendiquée comme un droit.
    On fait pleurer Margot sur quelques cas émouvants, et au lieu de régler (éventuellement illégalement) ces quelques cas au coup par coup, on généralise et on établit une nouvelle règle pour tenir compte de l’évolution de … (des mentalités, des conditions de vie, …).
    Un proverbe dit: pour dîner avec le diable, il faut se munir d’une cuillère à long manche.
    La politique (et ici il s’agit bien de politique, de “vivre ensemble citoyen”) ne se fait pas avec de bons sentiments.

  7. interessant reportage avec âpre discussion sue le sujet sur France culture samedi soir.Vaut le détour…EX :Propos d’une directrice de collège suisse. “”J’ai “admiré”au début la fidélité de certains “pères” à venir chercher leurs enfants le soir…Mais renseignements pris j’ai découvert(avec horreur) qu’ils s’ agissait en fait de dealers qui venaient proposer de la Drogue dure sous le préau…Jonché de seringues”.MISERE DE MISERE

  8. Cher C.B,
    Vos remarques ne me laissant pas indifférent,je suis allé faire quelques recherches du coté de la théologie morale.
    Il s’avère que le principe du moindre mal a été invoqué dans plusieurs occasions par notre Sainte Mère l’Eglise Elle même (principe de la guerre juste, légitime défense, peine de mort…)On trouve tout ça dans St Thomas d’Aquin. Restriction de taille: ce principe ne peut s’appliquer lorsque l’acte posé est intrinséquement mauvais dans son intention (exemple: on ne peut tuer une personne dans le but d’en sauver plusieurs autres, en revanche en cas de légitime défense il n’y a pas d’intention initiale de donner la mort).
    Est définit comme intrinsèquement mauvais tout acte qui vise à décider de la vie ou de la mort d’autrui ou de soi même (c’est à dire de se prendre pour Dieu).
    Il est donc bien avéré que l’on ne peut invoquer le principe du moindre mal dans le cas de l’avortement ou de l’euthanasie par exemple.
    En revanche l’administration d’une substance ayant des effets psychotropes ne me semble pas entrer directement dans la définition des actes intrinsèquement mauvais (et là je pense que l’on doit tenir compte du contexte pour pouvoir porter un jugement car sans cela mes confrères anesthésistes comettraient tous les jours des actes intrinsèquement mauvais)
    Par ailleurs je ne parle pas de quelques cas rares et isolés que l’on mettrait en exergue pour mobiliser les médias mais de la très grande majorité des patients toxicomanes dont le parcours malheureux(délinquance et prostitution) est fort bien décrit dans le témoignage que m’indique Michel Janva.Ceux qui, touchés par la grâce, évitent ce parcours et s’en sortent dés la première cure de désintoxication sont rares. Croyez bien que je le regrette…
    [Absorber de telles substances est un mal car la drogue détruit l’individu. Absorber des drogues peut être légitime si et seulement si la première finalité recherchée est bonne, comme par exemple administrer de la morphine à un souffrant pour calmer sa douleur. On voit bien que ce n’est pas le cas des salles de shoot. Ce qu’il faut ouvrir, ce sont donc des salles pour accueillir les drogués et les aider, mais pas à se droguer.
    MJ]

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