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France : Politique en France

Les électeurs s’exprimeront avec plus de violence encore lors de la prochaine élection

Dans Famille chrétienne, le député Jean-Christophe Fromantin déclare :

"[…] Le gros risque du second tour serait de donner un sursis au système. Puisque la droite et la gauche se répartissent les régions, les états-majors peuvent dire : « Circulez y a rien à voir ! » Mais les partis de gouvernement font un mauvais calcul. Ils ne comprennent pas que 40 % des Français vont rester sur une frustration. Résultat, les électeurs s’exprimeront avec plus de violence encore lors de la prochaine élection en 2017 ou, pire, ils utiliseront d’autres canaux pour manifester leur colère.

Les politiques ne sont pas capables d’entendre les Français d’ici la présidentielle ?

À chaque élection, c’est la même rhétorique : « Nous avons compris le message, on va se remettre en cause. » Mais l’histoire récente montre que ça ne dure pas. C’est toujours le refrain entendu depuis les années 1990. Et notamment lors de la présidentielle de 2002 : « On s’en rappellera, nous ne sommes pas passés loin… »

Je fais le pari que les scories politiciennes seront revenues dans quelques semaines. C’est normal d’ailleurs. Pour changer, il faut plus qu’une improvisation de dernière minute au lendemain des régionales.

Est-ce à dire que les partis classiques sont condamnés à terme ?

Exactement. J’accuse les partis d’avoir détourné les élections régionales ! Quand on vole aux Français la capacité de choisir leur cadre de vie et leur avenir, on les prive ni plus ni moins de démocratie. Ces partis sont construits sur des fondements idéologiques qui n’ont plus cours. Leur fondation remonte aux vieilles idéologies du XIXe siècle qui n’opèrent plus : ni le capitalisme protectionniste, ni le marxisme, ni le socialisme ne sont des réponses aux défis actuels.

Ils manquent d’idées, mais pas de pouvoir ?

Les partis sont devenus des systèmes hermétiques qui fonctionnent en vase clos. J’en ai fait l’expérience jusqu’à constater l’absence de courage, d’audace et de liberté qui les caractérise. Le parti favorise votre ascension tant que vous obtempérez à ses désirs. Cela s’appelle du corporatisme : chacun s’entraide à l’intérieur, et plus personne ne vient de l’extérieur renouveler les talents.

Ce mode de fonctionnement est absolument intolérable à l’heure où nous devons réformer la France. Au final, les partis forment une sorte de bulle spéculative. Le système fonctionne par la surenchère. Les politiques perdent le contact avec les territoires et le sens des réalités. Cela ne peut que mal se terminer. […]

Vous venez de quitter l’UDI. Comment renouveler la politique en dehors des partis ?

Je me suis posé la question avant de claquer la porte de l’UDI. J’irai jusqu’à renverser la table s’il le faut. Il va de soi que provoquer les partis politiques m’attire pas mal d’ennuis. Le « système » vit mon départ comme une trahison. Les collègues m’en veulent beaucoup. Ils auraient préféré une discussion à huis clos après le second tour pour savoir comment gérer au mieux la crise.

Mais je me moque de faire perdurer le système ! Je veux rester libre dans mon engagement politique. Je ne dois rien au système, je ne dois des comptes qu’à mes électeurs. La politique ne doit pas devenir un métier comme un autre. C’est pourquoi je grille les étapes pour aller au bout de mon engagement. Mais je suis convaincu que je retrouverai ma vie d’entrepreneur, anonyme, avec beaucoup de plaisir."

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