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Bioéthique

Les délires de la fécondation en éprouvette

23 Néerlandais nés d'une fécondation in vitro dans une éprouvette (pendant que certains de leurs frères et soeurs doivent encore êtres concernés dans des congélateurs) ont réclamé vendredi devant la justice un test ADN de l'ancien directeur d'une banque de sperme récemment décédé, qui pourrait être leur père biologique à tous.

Parents et enfants accusent ce médecin spécialiste décédé début avril d'avoir lui-même donné son sperme au lieu de celui du donneur choisi à la banque de sperme. Jan Karbaat, ancien directeur de cette clinique aurait affirmé être le père biologique de 60 enfants nés de fécondation in vitro.

L'avocat des familles a déclaré devant le tribunal civil :

"C'est une question d'identité, cela aide quelqu'un à former sa personnalité". "C'est un droit fondamental de savoir d'où l'on vient."

Fermé en 2009 en raison d'irrégularités administratives, le centre médical, suite à de nombreuses plaintes, fait l'objet de deux enquêtes de l'inspection de la santé publique. M. Karbaat aurait truqué les données, dépistages et descriptions des donneurs de sperme et dépassé le nombre maximum convenu de six enfants par donneur…

Environ 1,4 million d’enfants sont nés via une fécondation in vitro en Europe depuis 1997. Mais le recours à cette méthode serait parfois précipité, en raison de la manne financière que représente l’accompagnement des patients souffrant d’infertilité mais aussi une tendance à l’alarmisme en matière de qualité du sperme. Des couples pour qui une alternative existait auraient ainsi été dirigés vers la FIV. C’est ce qu’affirme un groupe de chercheurs européens dans une tribune publiée le 17 avril dernier dans l’European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology.

L'instruction Dignitas personae (2008) indique :

"L’expérience a montré, au contraire, que toutes les techniques de fécondation in vitro se déroulent en réalité comme si l’embryon humain était un simple amas de cellules qui sont utilisées, sélectionnées ou écartées.

Certes, environ le tiers des femmes qui ont recours à la procréation artificielle parviennent à avoir un enfant. Cependant, compte tenu du rapport entre le nombre total d’embryons produits et ceux effectivement nés, le nombre d’embryons sacrifiés reste très élevé. Ces pertes sont acceptées par les spécialistes des techniques de fécondation in vitro comme le prix à payer pour obtenir des résultats concluants. Il est très préoccupant de voir qu’en ce domaine, la recherche ne semble pas porter un réel intérêt au droit à la vie de chaque embryon, mais vise surtout à obtenir de meilleurs résultats en termes de pourcentage d’enfants nés par rapport aux femmes qui initient un traitement. […] 

L’Eglise reconnaît la légitimité du désir d’avoir un enfant, et comprend les souffrances des conjoints éprouvés par des problèmes d’infertilité. Ce désir ne peut cependant passer avant la dignité de la vie humaine, au point de la supplanter. Le désir d’un enfant ne peut justifier sa «production», de même que celui de ne pas en concevoir ne saurait en justifier l’abandon ou la destruction.

En fait, on a l’impression que certains chercheurs, dépourvus de toute référence éthique et conscients du potentiel inhérent au progrès technologique, cèdent à la logique des seuls désirs subjectifs et à la pression financière, particulièrement forte en ce domaine. Face à l’instrumentalisation de l’être humain au stade embryonnaire, il faut réaffirmer que « l'amour de Dieu ne fait pas de différence entre celui qui vient d'être conçu et se trouve encore dans le sein de sa mère, et l'enfant, ou le jeune, ou bien encore l'homme mûr ou âgé. Il ne fait pas de différence, car en chacun d'eux il voit l'empreinte de sa propre image et ressemblance […] C'est pourquoi le Magistère de l'Eglise a constamment proclamé le caractère sacré et inviolable de chaque vie humaine, de sa conception jusqu'à son terme naturel »."

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