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France : Politique en France

Les candidats et la souveraineté nationale

Analyse d'Antoine Ciney dans Monde & Vie :

U"Comme les communistes, qui le soutiennent, Jean-Luc Mélenchon est hostile à l’Europe au nom d’un curieux mélange de patriotisme jacobin et d’universalisme marxiste. Non moins à gauche, les candidats trotskistes Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Artaud (Lutte Ouvrière) sont évidemment internationalistes, mais très hostiles à l’OTAN, et vouent aux gémonies l’atlantisme au nom de la lutte contre l’impérialisme américain.

Concernant François Hollande, le Parti socialiste est historiquement très européen, et cela depuis la Libération. S’il souhaite une Europe plus « sociale », les positions de son candidat ne diffèrent guère de celles de Nicolas Sarkozy sur la question. […] Il doit néanmoins composer avec une aile gauche eurosceptique qui a voté « Non » au référendum de 2005. […] Du côté des Verts (souvent d’anciens gauchistes) et d’Eva Joly, on est très hostile aux nations, aux frontières et favorable à l’Europe fédérale. Récemment, le compagnon de la dirigeante verte Cécile Duflot avouait ne pas se sentir plus Français que Sénégalais… Il n’a pourtant pas une goutte de sang africain. L’autre candidate écologiste, l’ancienne ministre Corinne Lepage, est député européen et très favorable à la supranationalité.

Faut-il ranger l’ancien premier ministre Dominique de Villepin à « droite » ? Il reste en tout cas chaudement partisan de l’Union européenne. Sa défense de l’indépendance nationale face à l’hégémonie américaine, illustrée par son fameux discours à l’ONU, relève de la posture schizophrénique et des réflexes propres à la vieille garde du quai d’Orsay. Se présentent aussi, outre Marine Le Pen [qui fait l'objet d'un article à part, NDMJ], deux candidats souverainistes et patriotes, à condition qu’ils disposent des 500 signatures fatidiques le 16 mars au soir… Nicolas Dupont-Aignan, le médiatique député-maire d’Yerres, est partisan de l’indépendance nationale au nom du gaullisme. Ses positions sur la question se rapprochent fortement de celles de la candidate du Front national. Toujours candidat à l’heure qu’il est, le président du CNIP, Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet, est quant à lui un eurosceptique, tout comme son premier vice-président, l’ancien député européen villiériste Stéphane Buffetaut. […]"

Quant à François Bayrou, il ne parle pas d'Europe pour ne pas froisser les eurosceptiques :

"Nul trace d’Europe, donc, sur le site du candidat Bayrou, ni dans ses allocutions publiques. […] Dans le camp de Bayrou, on souhaite par exemple donner plus de pouvoir au Parlement européen, qui n’en a guère aujourd’hui. […] S’il évite, comme on l’a dit, d’aborder la question durant cette campagne, on ne saurait avoir de doutes sur la position de François Bayrou qui est incontestablement le plus européiste des candidats à la magistrature suprême."

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10 commentaires

  1. “Le plus européiste …” ne veut pas dire grand chose, puisqu’on peut organiser l’Europe de plusieurs façons, et d’abord modifier grandement l’organisation actuelle. Quant à la formule inverse “le moins européiste”, c’est la même chose, c’est du vague tant qu’on n’a pas un peu détaillé.

  2. Le candidat du CNIP, finalement, il semble pas mal, au vu de leur plate forme programmatique.
    Mais aura-t-il les 500 parrainages, et les finances ?
    Je le souhaite !

  3. François Bayrou en parle et même plus que les autres.
    http://www.bayrou.fr/article/120306-francois-bayrou-en-meeting-a-strasbourg

  4. “le Parti socialiste est historiquement très européen, et cela depuis la Libération.”
    J’en doute :
    Sans Mitterrand, les socialistes auraient voté « Non » à Maastricht

  5. la souveraineté nationale, c’est la souveraineté des élites françaises

  6. Qu’est-ce que vous appelez “élites” ? La caste ? l’oligarchie internationale ?
    C’est une faute de vocabulaire énorme dans le contexte. Si ce mot est employé avec un humour sous-jacent, alors il faut un signe, un cookie, quelque chose pour le faire remarquer.
    Car les “élites françaises” cela ne désigne pas un ramassis de haineux de la France.

  7. Surprenant que “monde et vie ” ne mentionne pas la candidature de carl LANG !

  8. @ Jean Theis
    “les élites”, ce sont ceux qui ont le pouvoir, culturel, d’information, éducatif, économique, éthique, et enfin politique. Il s’agit d’un marais au bord mal défini, et qui à chaque fois comprend ceux qui soit sont majoritaires, soit minoritaires mais en position de contrôle sur les autres.
    Ce sont donc eux qui ont fait voter la loi sur l’avortement contre la volonté du peuple français, puis le PACS, qui font entrer une immigration à outrance pour faire plaisir au patronat en baissant les salaires des métiers peu qualifiés (voir les déclarations de Laurence parisot), ce qui arrange également l’extrême gauche en détruisant cette identité française qu’ils détestent, ceux qui ont souhaité la ratification de la constitution européenne par le Parlement quand le peuple avait voté contre, ceux qui feront rentrer la Turquie en Europe contre la volonté de la population française dans sa majorité, ceux qui forcent les Français à manger halal, qui mentent sur l’islam ou le christianisme… La souveraineté est un concept de théorie politique. En France, elle n’a jamais existé, même sous le général De Gaulle qui était un champion des accords secrets, et qui méprisait dans beaucoup de domaines la volonté populaire. Le concept a plus de signification en suisse, et encore, beaucoup de décisions du pouvoir politique ont été prises contre l’opinion générale (sur l’immigration par exemple, ou en politique étrangère à propos de décisions de la gauche). Mais la Suisse est un petit pays, comme les peuples scandinaves, qui eux aussi ont été manipulés par leurs élites. Pendant longtemps, pour ne pas choquer les fidèles chrétiens et leur faire croire après la réforme protestante que rien n’avait changé, les rites catholiques furent conservés alors qu’ils étaient contradictoires avec la théologie protestante choisie par les élites.
    La théologie révolutionnaire française, c’est le concept de l’avant-garde repris par le marxisme: une élite possédant la connaissance guide vers des lendemains radieux, si nécessaire contre son gré, un peuple qui demeure dans l’obscurité et qu’il va falloir éduquer de force à l’égalité et la liberté.
    Le concept de souveraineté pourrait tout aussi bien s’appliquer aux régions, c’est une question de points de vue.
    Et l’Europe, c’est ce que les gouvernements d’Europe en font. Y compris la France et son gouvernement élu.

  9. le premier problème de la France, aujourd’hui, ce n’est pas l’Europe, mais la France elle-même et son système d’élite complètement verrouillée, à commencer par les médias. Les Français ne savent ni ce qui se passe dans leur pays, ni à l’étranger. Même avec l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, un bon gouvernement en France pourrait faire de ce pays un pays de cocagne y comprise avec les règles européennes les plus stupides, même si en réalité il y a beaucoup de règles européennes positives qui jouent le rôle que joua l’unification de la France d’un point de vue technique et administratif par les révolutionnaires, qui ne firent qu’accomplir les souhaits de la monarchie. Attaquer l’Europe ou le CAC 40, c’ est dédouaner la classe politique française.
    Mais il est vrai que le libéralisme de beaucoup de pays européens gêne les Français, puisque le libéralisme ne fait pas partie de nos traditions. Pourtant, faciliter les échanges en Europe est une bonne chose pour tout le monde, de même que le commerce international. Dans l’histoire, toutes les périodes de prospérité ont vu d’importants échanges internationaux, y compris l’Antiquité. Ce qui ne veut pas dire que les gouvernements français doivent tout accepter: ils doivent faire leur travail de représentants des Français.
    On dit que un peu plus de 80 % des décisions du Parlement sont des décisions de l’Europe. Mais d’une part, des Français ont pris part dans ces décisions, d’autre part, il s’agit pour la quasi-totalité des cas de décisions techniques de type Normes qui n’ont pas d’implication sur la démocratie. Ensuite, on peut perfectionner l’Europe, ce que ne fit pas malheureusement le traité de Lisbonne.

  10. M. Carl Lang a aussi un très bon programme, en espérant qu’il ai lui aussi ses 500 signatures.

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