Excellente tribune de notre ami Vivien Hoch :
"L’« Épiphanie » (Ἐπιφάνεια) désigne la délivrance de la manifestation ou de l’apparition du Verbe (φαίνω) ; dans la mythologie grecque, le terme a toujours servi à désigner l’apparition du divin aux hommes, ainsi de Zeus, d’Athéna, d’Aphrodite ou encore d’Apollon. Il s’agit maintenant d’une Épiphanie totale et ultime, par et dans le nourrisson Jésus, dans la crèche. Aussi parle-t-on également de théophanie (θεοφάνια) : manifestation, non du divin ou des divinités, mais de Dieu, en totalité et en « chair et en os ».
C’est l’histoire d’un enfant et d’un jour, qui déchire le rideau de l’ancien monde et fait apparaître le nouveau monde. Saint Grégoire de Naziance note que le moment où les mages, guidés par l’étoile, adorèrent le nouveau roi, le Christ, marqua la fin de l’astrologie, parce que désormais les étoiles tournaient selon l’orbite déterminée par le Christ. (Poèmes dogmatiques V, 53-64: PG 37, 428-429.). Le Ciel n’est pas vide, « La vie n’est pas un simple produit des lois et des causalités de la matière, mais, en tout, et en même temps au-dessus de tout, il y a une volonté personnelle, il y a un Esprit qui, en Jésus, s’est révélé comme Amour », commente Benoit XVI dans une des plus extraordinaires encyclique de ces derniers siècles (Spe Salvi, 2007).
Enfin, ce jour change le sens de l’é-change. Ce jour-là, les Rois mages s’approchent du berceau de Jésus, pour lui faire des offrandes : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Cet or, cet encens et cette myrrhe échappent aux taxes et impôts socialistes d’ici-bas, c’est-à-dire aux voleurs et aux mites de ce monde" (suite).

