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Valeurs chrétiennes : Education

L’Education nationale n’attire plus les professeurs

L’Education nationale n’attire plus les professeurs

Benjamin Briand, professeur de philosophie en Île-de-France, a tweeté :

“Après des jours de réflexion, je pense qu’il est temps de l’assumer : j’ai décidé de quitter l’Éducation nationale à la fin de cette année scolaire. Je ne sais pas où je vais aller ni ce que je vais faire. Mais je sais intuitivement maintenant que c’est la bonne solution”.

Après 5 ans de carrière, il explique sur France 24 :

“J’avais besoin de le dire car cela faisait longtemps que je refoulais cette décision”. “J’en peux plus, j’ai donné tout ce que je pouvais, je n’ai plus la foi. Mes missions de transmettre un savoir et d’accompagner le développement des esprits des élèves sont devenues impossibles à atteindre“.

“Mon métier, je l’aime énormément”. “Enseigner, j’adore ça, il y a des moments extraordinaires comme par exemple, expliquer quelque chose à un élève et voir son regard s’illuminer, son cerveau s’éveiller parce qu’il a compris. Cela vaut tout l’or du monde, mais ce qui me peine c’est que ces moments sont de plus en plus rares”.

Aujourd’hui, Benjamin Briand, qui enseigne dans deux lycées d’Argenteuil, en banlieue parisienne, estime ne plus réussir à préparer ses élèves en vue du cycle supérieur.

“J’ai l’impression de récupérer des blessés de guerre qui sont en manque de savoir et qu’il est aujourd’hui impossible de les aider à aller vers l’avenir. J’ai le sentiment de les envoyer à l’abattoir”.

“Le rapport entre nous et eux est de plus en plus tendu. Avant, les lycéens qui avaient le sentiment que l’école les méprisait prédominaient dans les filières techniques. Aujourd’hui, ce mal-être s’est étendu aux classes générales”.

La première réforme qui a heurté Benjamin Briand est celle du collège, menée en 2015 par Najat Vallaud-Belkacem.

“Dans les faits, elle a considérablement appauvri les enseignements fondamentaux”. “Les bases de français ne sont pas acquises. Tout comme en mathématiques, où les élèves accusent d’énormes lacunes”. “Comment voulez-vous construire un nouvel étage d’apprentissage si les niveaux inférieurs de l’édifice ne sont pas solides ?” “Le retard est souvent trop important pour être résorbé. Et nous, on n’a pas assez de temps pour y remédier”.

En 2017, l’arrivée d’un ancien recteur d’académie rue de Grenelle a suscité une vague d’espoir.

“Jean-Michel Blanquer remplaçait la très politique Najat Vallaud-Belkacem, qui était hors des réalités. On a cru qu’il allait réparer les erreurs passées”.

Mais rien n’a changé.

“Il en a rajouté une couche”. “En clair, dès la seconde, les élèves devaient avoir une idée des options à prendre pour la première et la terminale. Sauf que leur demander de choisir plus tôt que d’habitude avec moins de savoir, cela donne un cocktail explosif de tensions et de pressions”.

“Je suis trop jeune pour me sentir visé par les retraites mais cette question affecte beaucoup de mes collègues qui, entre la perte de sens du métier et le salaire qui n’est pas mirobolant, nous accable et nous décourage encore plus. Avec un avenir si sombre, je ne peux pas rester. J’ai l’impression de sortir d’un grand théâtre dans lequel tout le monde joue la comédie”.

Le nombre de candidats au CAPES 2020 est en recul de près de 8% et chute à 30 883. Soit le chiffre le plus faible depuis 2013.

Interrogée sur Breizh-info, Marion Maréchal indique :

La France poursuit sa chute depuis des années dans ce classement [PISA] sans que cela n’éveille manifestement les consciences politiques. Les décideurs publics continuent de se rassurer en expliquant que « si les élèves ont baissé dans telle ou telle matière, ils ont acquis d’autres compétences ». Tout le monde sait aujourd’hui que baccalauréat ne vaut plus rien, que des consignes sont données pour rehausser artificiellement les notes des élèves qui n’ont pas le niveau requis, mais personne n’a le courage de renoncer à l’artifice des « plus 80 % d’une classe d’âge diplômée » et qu’importe que la première année d’université serve de tri massif a posteriori. Même les enseignants aujourd’hui sont recrutés à 5 ou 6 de moyenne au concours dans certaines matières tant le nombre de candidats est faible… Comment imaginer former correctement les élèves quand les professeurs eux-mêmes n’ont pour la plupart pas le niveau ?

Ce déni est payé et sera payé très cher par les Français, car l’éducation est un investissement d’avenir. Dans un monde globalisé où les puissances émergentes rattrapent leur retard à vitesse grand v, l’excellence éducative est un enjeu de compétitivité. Même avec des moyens financiers réduits, cette supériorité éducative a longtemps fait de la France un acteur majeur dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse par exemple de la médecine ou des mathématiques. Aujourd’hui non seulement la Chine, les États-Unis, l’Inde, pour ne citer qu’eux, mettent des moyens bien supérieurs aux nôtres dans la recherche, mais leurs nationaux sont souvent aussi bien formés que les nôtres voire mieux dans certains domaines. En renonçant à réformer de fond en comble son système éducatif, la France se condamne à passer de sujet à objet de l’Histoire, à la merci des autres Nations.

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