L’échec de beaucoup de mariages vient de ce que l’on brûle les étapes

Extrait d'un entretien donné par l’abbé Vincent Ribeton, de la Fraternité Saint-Pierre, à Anne Le Pape dans Présent, sur le mariage :

"Monsieur l’abbé, le sacrement de mariage connaît des échecs, malgré une certaine préparation. L’un des remèdes ne réside-t-il pas dans une préparation plus approfondie, comme le suggère notamment le cardinal Burke dans son dernier livre sur La Sainte Eucharistie (Via Romana p. 115) ?

C’est certain. Le Saint-Père insiste d’ailleurs sur ce point. Ne conviendrait-il pas en particulier de redécouvrir le temps des fiançailles ? L’échec de beaucoup de mariages vient de ce que l’on brûle les étapes : on est lié avant même d’être engagé Rien ne se fait pourtant sans l’élément du temps : il faut redécouvrir cela et distinguer nettement le temps de la rencontre, le temps de la promesse (fiançailles) et le temps de la consommation (mariage). Prendre le temps est ce qui permet de s’engager sans superficialité, avec maturité, dans un profond discernement des réalités sacrées du mariage, en portant sur l’autre un regard qui n’est pas aveuglé par les passions mais qui considère le mystère profond de la personne humaine, à travers aussi une mise à l’épreuve : en ne se donnant pas d’emblée tout entier l’un à l’autre, les fiancés font preuve d’exigence et c’est cela qui permet à leur amour de grandir : il s’agit d’aller au-delà des passions, de passer, comme disait Benoît XVI, de l’eros à l’agapè : l’amour qui s’élève jusqu’à l’entier don de soi. […]"

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