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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Le cardinal Martino et la liberté religieuse

Martino
En ouverture  d’un colloque de trois jours organisé au centre culturel Saint-Louis de France sur le thème "les chemins de la paix", le cardinal Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix a tenu un discours très fort sur la liberté religieuse.
Rappelant le principe chrétien de laïcité, le cardinal a expliqué le concept de "fondamentalisme laïc" ou laïcisme :

"Dans le monde occidental, la valeur publique de la religion semblait
être inhibée par la laïcité de la vie politique, quand ce n’était pas
par le laïcisme ou par le processus de sécularisation qui tendaient à
reléguer la religion à la sphère privée
".

Il a ensuite condamné les fondamentalismes religieux (qui se résout "dans l’occupation directe de l’espace public, sans respecter le principe chrétien de la laïcité") et laïc (qui n’admet "la présence d’aucune religion dans l’espace public, les reléguant au domaine privé") :

"Une condition fondamentale de la paix est que les religions sachent
éviter
avec toujours plus de sagesse les deux extrêmes du
fondamentalisme laïc et du fondamentalisme religieux
(…) La liberté religieuse n’est pas un motif de guerre ; elle est même la
condition pour éviter le fondamentalisme laïc tout comme celui
religieux, les deux formes principales d’intolérance religieuse du
monde d’aujourd’hui".

Le soir même à la télévision, il a prononcé cette phrase qui a donné lieu a un débat public très agité en Italie : "Dans les écoles où il y a des enfants de religion musulmane, je ne vois
pas pourquoi on ne pourrait pas leur enseigner leur religion
".

Il s’en est expliqué hier soir sur Radio Vatican pour éviter "toute interprétation partisane et parfois source d’erreur" :

"La disponibilité que j’ai manifestée à l’insertion de l’enseignement de
la religion musulmane dans l’emploi du temps de l’école en Italie, doit
être considérée avec cette évaluation prudente qui comporte de la part
de la communauté musulmane, le respect et la mise en valeur du
christianisme
et des valeurs qui, inspirés par eux, ont donné une forme
à la culture et à l’identité du monde occidental (…)
Je n’ai pas eu l’intention de minimiser le devoir de la réciprocité :
si la liberté religieuse est un droit humain fondamental, expression
forte de la vérité, et de la doctrine chrétienne, elle doit être
valable aussi dans ces pays où de fait les chrétiens, lorsqu’ils sont
persécutés, sont marginalisés
".

Il fut également amené à repréciser le sens du fondamentalisme :

"Lorsque j’ai parlé du fondamentalisme laïciste et de fondamentalisme
religieux
, j’entendais me référer à deux positions qui nient une
correcte présence de la religion dans l’espace public, parce que le
premier nie cet espace et le second l’occupe
".

Lahire

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4 commentaires

  1. Peut-on connaître votre analyse ou votre opinion de cette déclaration?
    bien amicalement

  2. Cette déclaration s’inscrit dans la ligne droite de l’enseignement de l’Eglise et de la lettre que Jean-Paul II avait adressée aux évêques de France.
    Elle n’a aucune valeur dogmatique et est une réponse ponctuelle à la situation des religions aujourd’hui dans le monde : il paraît évident que le fondamentalisme religieux vise aujourd’hui l’Islam et le fondamentalisme laïc, l’Occident et en particulier la France.
    Evidemment, elle lève de grandes questions qui méritent d’être étudiées par chacun : séparation de l’Eglise et de l’Etat, distinction du temporel et du spirituel, notion de religion d’Etat, culte que doivent rendre les sociétés à Dieu…
    On trouve beaucoup d’élements de réponse dans “Deus Caritas est” et dans la doctrine sociale de l’Eglise.
    Voilà très brièvement (on pourrait écrire des heures!) quelques éléments de réponse.

  3. J’avoue être assez dubitatif quant à la possibilité d’enseigner l’islam à l’école aux petits mahométants

  4. Dans les faits, il s’agit plus d’un enseignement de l’histoire des faits religieux que d’un enseignement religieux.
    Reste néanmoins que la tâche du maître est difficile. Comment rester neutre et tout mettre sur le même plan ? Même un agnostique ne le pourrait pas.

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